Davis, seize ans, est incarcéré pour trafic de stupéfiants, Angel, quinze ans, pour un vol de voiture avec violence, et Butch, dix-sept ans, transféré après avoir agressé un officier de probation. Tous trois se retrouvent dans le même dortoir de la prison pour délinquants juvéniles d'Enola Vale, sous la surveillance de l'agent Goodyear. Confrontés à la loi impitoyable du milieu carcéral et à la brutalité de certains codétenus, ils devront rapidement choisir leur camp, entre victimes et bourreaux. Leur cohabitation forcée va bientôt les mener à un point de rupture inévitable.
Dog Pound naît d'une proposition du producteur Georges Bermann à Kim Chapiron, remarqué pour son précédent film Sheitan, de réaliser une fiction se déroulant dans un centre correctionnel pour mineurs. Le réalisateur accepte à la condition de pouvoir se documenter en profondeur sur cet univers qu'il ne connaît pas, et se voit conseiller de visionner Scum, le film choc d'Alan Clarke sorti en 1979 sur la violence dans une maison de correction britannique. Accompagné de son co-scénariste Jérémie Delon, Kim Chapiron passe une année entière à visiter différents centres de détention pour mineurs du Midwest américain, sans pouvoir prendre ni note écrite ni enregistrement, afin de nourrir son scénario du plus grand réalisme possible. Cette immersion de terrain, menée pendant deux ans d'écriture, façonne des personnages directement inspirés des témoignages recueillis auprès de détenus réels.
À sa sortie, Dog Pound reçoit un accueil critique très favorable, la presse saluant la mise en scène quasi documentaire de Kim Chapiron et la performance saisissante d'Adam Butcher, ainsi que le réalisme brut de cette plongée dans l'univers carcéral pour mineurs. Le public réagit fortement au film, souvent décrit comme éprouvant et marquant, le sujet peu traité de la détention des mineurs suscitant curiosité et malaise chez les spectateurs. Le film remporte le prix du meilleur réalisateur débutant narratif au festival du film de Tribeca à New York en 2010, une reconnaissance internationale qui confirme le talent de mise en scène de Kim Chapiron au-delà de son premier film Sheitan.
Pour accentuer l'authenticité du film, Kim Chapiron a recruté de nombreux seconds rôles de jeunes détenus parmi des acteurs non professionnels directement issus de gangs de rue, afin que la majorité des prisonniers à l'écran soient réellement passés par des milieux délinquants. Le réalisateur et son co-scénariste Jérémie Delon ont passé une année entière à visiter des centres de détention pour mineurs du Midwest américain, sans pouvoir enregistrer ni filmer, glanant un maximum d'informations et d'anecdotes qui ont ensuite nourri l'écriture du scénario. Le scénario du film présente de fortes similitudes avec celui de Scum d'Alan Clarke, ce qui a conduit certains observateurs à considérer Dog Pound comme une forme de remake américain officieux du film britannique, transposé dans un centre fictif du Montana.
Dog Pound dépeint la loi de la jungle qui règne dans un centre de détention pour mineurs, où les rapports de domination et de survie priment sur toute tentative de réinsertion. Le film interroge également la responsabilité du système carcéral face à des adolescents encore en construction, ainsi que la pression exercée sur le personnel encadrant, lui-même pris entre exigences professionnelles et humanité.
Le film se conclut sur une explosion de violence entre détenus, qui vient rappeler que le cycle de brutalité observé tout au long du récit ne trouve aucune issue véritable au sein du système carcéral tel qu'il est dépeint. Cette fin abrupte et sans résolution rédemptrice souligne le principal message du film : au sein d'un tel environnement, la survie prime sur toute possibilité de rédemption individuelle.
Le titre Dog Pound, littéralement la "fourrière pour chiens", renvoie de façon métaphorique et volontairement dégradante à la manière dont les jeunes détenus sont traités et parqués au sein du centre correctionnel, comme des animaux en cage plutôt que comme des adolescents à réinsérer.
Scum (1979), Sheitan (2006), Un prophète (2009).