Le Dobermann est un braqueur de banques ultra-violent, traqué par un flic tout aussi psychopathe que lui. Le film est une course-poursuite frénétique à travers une ville sombre, pleine d'humour noir et de brutalité gratuite. C'est un hommage aux films de gangsters sous cocaïne, avec un montage rapide et des cadrages éclatés. Un concentré d'adrénaline pure sans aucune pause.
Jan Kounen a voulu dynamiter le cinéma policier français en puisant son inspiration dans les clips vidéo et la bande dessinée underground. Il voulait créer un film qui ressemble à un trip sous drogues dures. Le projet est né d'une envie de liberté totale, sans aucune contrainte de réalisme. L'inspiration est venue des films de série B américains des années 70 et 80. Le réalisateur a écrit ce film comme une succession de chocs visuels. Le tournage a été une expérience de guerilla avec une équipe jeune et débridée. La volonté était de choquer et d'amuser en même temps. Le film a été conçu comme une explosion visuelle et sonore. Il est devenu l'emblème du cinéma de genre français des années 90.
La critique française a été globalement très hostile, dénonçant une violence gratuite et une vacuité scénaristique. Beaucoup ont vu dans le film une insulte au cinéma policier français traditionnel. Quelques rares critiques ont salué l'audace formelle et l'énergie débordante du film. Les polémiques ont été nombreuses sur le traitement des personnages féminins et la violence généralisée.
Le public a été divisé, une partie criant au génie du nouveau cinéma d'action français, une autre rejetant la vulgarité apparente. Le film a acquis immédiatement un statut culte parmi les jeunes spectateurs avides d'énergie nouvelle. Il reste aujourd'hui un film marquant, souvent associé à l'émergence d'une nouvelle génération de réalisateurs français. Le succès en vidéo a consolidé sa réputation de film incontournable pour les amateurs de cinéma d'action décomplexé.
La violence, le jeu du chat et de la souris entre flic et voyou, la transgression, et l'humour noir.
La fin voit la victoire du Dobermann après une scène de carnage ultime, soulignant l'anarchie totale du monde présenté. Il n'y a pas de morale, seulement la survie du plus fou. La conclusion est en accord avec le ton frénétique de tout le film, sans aucune résolution sociale.
Le titre fait référence au surnom du protagoniste, un chien de garde impitoyable et prêt à tout.
La bande originale, mélange de techno, de punk et de musiques industrielles, est le cœur battant du film, lui conférant sa signature sonore ultra-nerveuse.
Nikita, Banlieue 13.