Jean-Pierre, un agent de joueurs de football, a la lourde responsabilité de garder le chien de sa sœur, Didier, un labrador particulièrement turbulent. Mais un concours de circonstances fantastique fait que le chien se transforme en un défenseur de génie, capable de changer le destin de l'équipe de football de Strasbourg. Le problème, c'est que Didier est un chien dans un corps d'humain, et qu'il refuse catégoriquement de se comporter comme tel. Jean-Pierre va devoir composer avec ce joueur pas comme les autres, et tenter de garder le secret tout en menant l'équipe vers la victoire.
L'idée de Didier est venue à Alain Chabat en observant un ami qui avait un chien particulièrement intelligent et dévoué. Il s'est demandé ce qui se passerait si ce chien pouvait soudainement parler et jouer au football. Le scénario, co-écrit avec Jean-Pierre Bacri, s'est construit autour de l'idée que le sport, et en particulier le football, est un langage universel que même un chien pourrait comprendre. Le film puise également son inspiration dans les comédies américaines des années 80 où un phénomène surnaturel bouleversait la vie de gens ordinaires.
À sa sortie, Didier a été encensé par la critique française pour son humour décalé et sa performance d'acteur, notamment celle de Jean-Pierre Bacri. Les critiques ont salué l'intelligence du scénario et la manière dont Alain Chabat réussit à faire un film de sport qui est aussi une comédie de mœurs. L'originalité du concept a été largement soulignée.
Le public a fait de Didier un véritable phénomène populaire, attirant près de 3 millions de spectateurs. Le film est devenu culte, notamment grâce à ses répliques mémorables et à l'interprétation hilarante d'Alain Chabat dans le rôle de Didier. Il reste aujourd'hui une référence de la comédie française des années 90.
Le film a remporté le César du Meilleur Premier Film pour Alain Chabat en 1998, confirmant son talent derrière la caméra. Il a également reçu une nomination dans la catégorie Meilleur Acteur pour Jean-Pierre Bacri. Il reste un classique du cinéma français.
Alain Chabat a voulu que les scènes de football soient les plus réalistes possibles, et a fait appel à de vrais joueurs professionnels pour les cascades et les mouvements de balle. Il s'est entraîné intensivement pour incarner le chien, étudiant les attitudes canines et les reproduisant avec une grande précision. Son jeu de jambes, notamment, a été travaillé avec un chorégraphe.
Le tournage a connu quelques difficultés, notamment à cause de la météo capricieuse en Alsace. Les scènes extérieures ont souvent dû être reprogrammées, ce qui a mis une certaine pression sur l'équipe. La coordination des scènes de foule dans le stade a également été un défi logistique.
L'une des scènes les plus mémorables, où Didier fait pipi sur le terrain, a été tournée dans des conditions particulières. Alain Chabat a tenu à ce que ce geste soit le plus naturel possible, et a demandé à l'équipe technique de filmer avec discrétion pour saisir l'expression de Bacri, qui s'est retrouvé à jouer la scène avec un chien en chair et en os avant l'effet spécial.
Le rôle de Jean-Pierre Bacri a été écrit spécialement pour lui, tout comme celui d'Alain Chabat. Aucun autre acteur n'a été envisagé pour ces rôles, tant l'alchimie entre les deux comédiens était évidente aux yeux des scénaristes.
Le film aborde l'amitié, la loyauté et la différence. Il pose la question de ce qui fait un être humain, à travers le prisme d'un chien qui devient un héros malgré lui. La satire du milieu du football, avec ses agents véreux et ses médias influents, est également très présente. Enfin, le film parle d'acceptation de l'autre, même lorsque celui-ci est complètement hors du commun.
À la fin du film, Didier retrouve sa forme canine après un deuxième orage, laissant derrière lui une équipe de Strasbourg victorieuse et un Jean-Pierre qui a beaucoup appris. Le retour à l'état normal symbolise le cycle de la vie et l'importance de laisser les choses reprendre leur cours. Cependant, le film se termine sur une note d'espoir, laissant entendre que l'aventure a changé Jean-Pierre à jamais. Chabat a toujours dit qu'il voyait cette fin comme une manière de dire que les plus belles histoires sont parfois éphémères.
Le titre Didier est simple et direct, renvoyant au nom du chien. Ce choix renforce l'idée que le film est avant tout un portrait de personnage, et que le chien est le véritable héros de l'histoire. En utilisant un prénom commun, Alain Chabat insiste sur le côté ordinaire et attachant de son personnage, malgré sa situation extraordinaire.
Alain Chabat a souvent évoqué l'idée d'une suite, mais sans jamais concrétiser ce projet. Il reste très attaché à ce film, qui est son premier long-métrage en tant que réalisateur. Une adaptation américaine a été un temps envisagée, mais n'a jamais abouti.
Pour ceux qui aiment les comédies avec un élément fantastique, Le Père Noël est une ordure ou La Cité de la peur peuvent plaire, bien qu'ils soient plus sombres. Plus proche, Les Chevaliers du Fiel ou Astérix et Obélix contre César partagent cet esprit loufoque et déjanté.