Joseph et ses deux fils, Joachim et Ivan, forment une famille fusionnelle mais profondément dysfonctionnelle depuis le départ de la mère. Joseph, le père, décide subitement d'abandonner sa carrière de médecin pour se lancer dans une improbable aventure d'écrivain raté, sombrant dans une douce mélancolie. L'aîné, Joachim, rumine une rupture amoureuse douloureuse au point de mettre en péril ses études universitaires de psychiatrie. Quant au plus jeune, Ivan, un adolescent de treize ans mystique et lucide, il observe avec inquiétude l'effondrement psychologique des deux hommes qu'il admire le plus au monde.
Ce premier long-métrage délicat marque le passage à la réalisation du jeune acteur français Félix Moati, qui a écrit le scénario original. L'idée originelle est née du désir de filmer la fragilité masculine et la pudeur des sentiments au sein d'une cellule familiale composée uniquement d'hommes. L'inspiration est venue en observant comment les rôles peuvent s'inverser, forçant parfois un enfant de treize ans à devenir le tuteur émotionnel de son père et de son grand frère. Moati a construit ses personnages en s'inspirant de sa propre tendresse pour les antihéros magnifiques et maladroits de la vie quotidienne. Le script a été conçu pour entrelacer les trois trajectoires sentimentales avec un sens aigu de la comédie dramatique douce-amère. La production a soutenu ce projet intime en réunissant un casting intergénérationnel d'une grande cohérence émotionnelle. Le film a été pensé comme un hommage vibrant à la solidarité masculine face au deuil affectif.
La presse professionnelle a salué ce premier film avec un enthousiasme chaleureux, soulignant la maturité de la mise en scène et la drôlerie mélancolique du ton. Les critiques ont été unanimes pour saluer la performance de Benoît Poelvoorde, impressionnant de retenue et de vulnérabilité en père à la dérive. De nombreux articles ont également mis en avant la révélation du jeune Mathieu Capella, qui apporte une lumière incroyable au récit. Quelques journalistes ont toutefois regretté des sous-intrigues sentimentales un peu survolées dans la seconde moitié du long-métrage. Du côté des spectateurs, les retours ont souligné la grande délicatesse humaine de l'œuvre et l'absence de cynisme qui fait du bien. Le film a connu un joli succès d'estime dans le réseau des salles de cinéma d'art et d'essai françaises.
Le réalisateur s'est ouvertement inspiré du cinéma indépendant américain de Wes Anderson et des chroniques familiales de François Truffaut pour calibrer le charme visuel de son film. Le tournage s'est déroulé entièrement à Paris, exploitant des appartements encombrés de livres et des vieux cafés pour créer une ambiance chaleureuse et intemporelle. Une anecdote de tournage rapporte que Vincent Lacoste et Benoît Poelvoorde ont développé une véritable complicité filiale hors caméra, ce qui a nourri la vérité de leurs scènes communes. Les difficultés de production étaient minimes, l'équipe technique étant composée de proches du réalisateur travaillant dans un climat de confiance totale. Pour le casting, réunir Poelvoorde et Lacoste permettait de marier deux générations d'acteurs comiques adorés du public français.
Le long-métrage explore les thèmes de la fraternité protectrice, de la dépression paternelle et de la quête de repères spirituels chez l'adolescent. Il traite également de la pudeur des sentiments masculins, du deuil amoureux et de la reconstruction collective après un abandon.
La conclusion du film voit les trois hommes atteindre le paroxysme de leur crise personnelle lors d'une confrontation sincère où les masques de fierté tombent enfin. Joseph accepte ses échecs d'écrivain et choisit de redevenir le père solide dont ses enfants ont besoin, tandis que Joachim commence enfin à faire le deuil de sa séparation. Le dénouement montre Ivan rassuré, abandonnant ses rituels mystiques pour croquer la vie à pleines dents comme un adolescent normal de son âge. La scène finale montre la famille réunie dans les rues de Paris, marchant d'un pas plus léger et unie par un amour indéfectible qui a triomphé des névroses. C'est une fin lumineuse, pleine d'espoir et d'apaisement psychologique pour ce trio magnifique.
Le titre fait référence à la fois aux deux garçons de Joseph, mais suggère aussi poétiquement que le père lui-même est resté un grand enfant irresponsable aux yeux du monde.
Le film a installé Félix Moati comme un cinéaste prometteur à suivre et continue de mener une belle carrière sur les plateformes de vidéo à la demande auprès des cinéphiles.
On peut rapprocher cette chronique familiale d'autres comédies dramatiques françaises centrées sur des dynamiques de clans masculins attachants comme « Mes meilleurs copains » ou « Le Premier Jour du reste de ta vie ».