Le Riviera, casino emblématique de Las Vegas, accueille une gigantesque convention de fans d'Elvis Presley durant laquelle des milliers de participants se déguisent à l'effigie du King. Cinq malfrats, menés par Michael Zane et Thomas Murphy, y voient l'occasion parfaite pour dévaliser les caisses du casino en se fondant incognito parmi la foule de sosies. Mais le braquage tourne rapidement au bain de sang et, au moment de partager le butin, la tension entre les complices dégénère : Murphy, véritable psychopathe, décide de tout garder pour lui en éliminant ses anciens partenaires. Michael, seul survivant, se lance alors dans une traque effrénée à travers le désert du Nevada pour récupérer sa part et sa vie.
Destination: Graceland est né d'un scénario coécrit par Richard Recco et Demian Lichtenstein, ce dernier assurant également la réalisation de ce qui constitue son premier long métrage de fiction, après une carrière de réalisateur de clips musicaux. Le postulat du film, un braquage de casino déguisé perpétré pendant une convention d'imitateurs d'Elvis Presley, permet à Lichtenstein de jouer sur l'esthétique kitsch et rock'n'roll du King tout en livrant un film d'action nerveux inspiré du cinéma de Quentin Tarantino. Le réalisateur choisit de réunir à l'écran deux stars du cinéma d'action des années 1980 et 1990, Kurt Russell et Kevin Costner, dans les rôles de deux braqueurs que tout va opposer. Kurt Russell renfile ainsi le costume d'Elvis vingt ans après avoir déjà interprété le King dans le téléfilm Elvis de John Carpenter en 1979.
Destination: Graceland a reçu des critiques mitigées, la presse spécialisée saluant l'énergie visuelle du film et son style tarantinesque assumé, tout en pointant un scénario généreux en clichés et des dialogues souvent jugés faibles malgré un casting all-star convaincant. Plusieurs critiques ont souligné le plaisir de voir Kurt Russell et Kevin Costner, deux stars alors considérées en fin de course, s'amuser visiblement dans des rôles de braqueurs déguisés en Elvis. Le public s'est montré partagé, certains spectateurs saluant un divertissement complètement fou et déjanté qui ne se prend jamais au sérieux, porté par des scènes d'action spectaculaires et un style visuel très marqué, tandis que d'autres ont regretté un scénario trop convenu et des dialogues parfois génériques. Le film a réalisé un score modeste au box-office, ne rapportant qu'environ 18,7 millions de dollars pour un budget de 62 millions de dollars.
Le tournage s'est déroulé en grande partie sur des décors reconstituant le célèbre casino Riviera de Las Vegas, avec des centaines de figurants déguisés en Elvis Presley pour recréer l'ambiance électrique de la convention au cœur du film. Le futur réalisateur Neill Blomkamp, qui signera bien plus tard le film de science-fiction District 9, a travaillé sur ce tournage en tant qu'animateur principal des effets visuels, une expérience formatrice avant sa propre carrière de réalisateur. Kurt Russell retrouvait vingt ans après le rôle d'Elvis Presley qu'il avait déjà interprété dans le téléfilm biographique réalisé par John Carpenter en 1979.
Destination: Graceland explore la trahison et la cupidité au sein d'un groupe de complices, le partage du butin d'un braquage révélant les véritables natures, loyales ou psychopathes, de chacun des protagonistes. Le film questionne également, sur le mode du pastiche et de l'humour noir, la fascination américaine persistante pour la figure d'Elvis Presley, dont l'imagerie devient à la fois déguisement et symbole culturel omniprésent. Il célèbre enfin, dans la pure tradition du film d'action des années 2000, la course-poursuite et la survie du plus malin face à un adversaire déterminé à tout récupérer.
Le titre original, 3000 Miles to Graceland, renvoie littéralement à la distance parcourue par les personnages fuyant Las Vegas en direction du Tennessee et de Graceland, la propriété historique d'Elvis Presley, tandis que le titre français Destination: Graceland conserve cette référence directe au lieu mythique associé au King.
Sorti en France le 1er août 2001, Destination: Graceland demeure aujourd'hui davantage apprécié comme un divertissement culte pour son duo de stars et son ambiance rock'n'roll décomplexée que comme un succès critique ou commercial marquant de son époque.
Les amateurs de Destination: Graceland pourront se tourner vers Reservoir Dogs de Quentin Tarantino pour son motif similaire de braquage qui dégénère entre complices, ou vers Snatch de Guy Ritchie pour son ton d'action décomplexé et son humour noir.