Un mystérieux guitariste, autrefois connu sous le nom d'El Mariachi, parcourt le Mexique pour venger la mort de sa bien-aimée. Portant un étui à guitare rempli d'armes à feu, il traque sans relâche Bucho, le puissant chef d'un cartel de drogue local. Son sillage de violence l'amène à croiser Carolina, la séduisante propriétaire d'une librairie qui décide de l'aider dans sa quête sanglante. Ensemble, ils vont devoir affronter une armée de tueurs à gages lancés à leurs trousses.
Le projet est la suite spirituelle et à gros budget du film indépendant 'El Mariachi', réalisé par Robert Rodriguez avec un budget dérisoire. L'idée originelle était de transposer le concept du héros solitaire mexicain dans un style de film d'action hollywoodien ultra-stylisé et chorégraphié. L'inspiration est venue directement du cinéma d'action de Hong Kong, notamment des œuvres de John Woo, adapté à la culture frontalière mexicano-américaine. Les studios hollywoodiens ont été séduits par l'efficacité visuelle du réalisateur et lui ont offert les moyens de concrétiser sa vision.
La critique de l'époque a salué l'énergie brute de la mise en scène et le sens du spectacle pop de Robert Rodriguez. Les journalistes ont mis en avant l'alchimie torride entre Antonio Banderas et Salma Hayek, propulsant les deux acteurs au rang de stars internationales. Le public amateur de cinéma d'action a plébiscité le film pour ses fusillades inventives et son humour noir ravageur. Bien qu'il n'ait pas été conçu pour les festivals prestigieux, le long-métrage a obtenu un grand succès commercial et un statut de film culte instantané. Il reste une référence incontournable du cinéma d'action des années quatre-vingt-dix.
L'inspiration visuelle du réalisateur utilise des angles de caméra dynamiques et un montage frénétique pour dynamiser chaque affrontement armé. Les difficultés de production étaient liées aux cascades complexes et à la gestion des armes à feu sur un plateau de tournage transfrontalier. Pour la scène particulière de l'ouverture dans le bar, l'apparition de Quentin Tarantino racontant une blague a marqué les esprits des spectateurs. Le casting initialement prévu a vu la consécration de Salma Hayek, choisie par le réalisateur après une apparition remarquée à la télévision mexicaine.
Le film aborde la vengeance obsessionnelle, le deuil impossible et la figure mythologique du justicier solitaire dans l'ouest moderne. Il traite également de la corruption liée aux cartels de drogue et de la rédemption par l'amour et la musique. La violence y est stylisée à l'extrême, devenant presque une forme d'art chorégraphique.
La fin explosive voit El Mariachi affronter enfin Bucho, découvrant au passage un secret familial qui complique sa vengeance. Après un duel final intense, il élimine le chef de cartel et choisit de s'éloigner de ce sillage de sang avec Carolina. La dernière image le montre jetant une arme mais gardant son étui à guitare, symbolisant un retour possible à la musique mais une vigilance constante.
Le titre espagnol signifie 'hors-la-loi' ou 'désespéré', qualifiant parfaitement l'état d'esprit du protagoniste qui n'a plus rien à perdre après ses tragédies passées.
La bande originale rock-latino, menée par le groupe Los Lobos et la chanson emblématique 'Canción del Mariachi' interprétée par Antonio Banderas lui-même, est devenue mythique.
Le film reste une œuvre incontournable de la culture pop, célébrée pour son esthétique visuelle marquante des années 90.
Une nuit en enfer de Robert Rodriguez, El Mariachi, Sin City du même réalisateur.