Dans un quartier pauvre d'Istanbul, un homme malade qui gère un dépôt de déchets solides prend sous son aile un jeune garçon abandonné. Cette rencontre inattendue va raviver en lui des traumatismes d'enfance profondément enfouis qu'il tentait d'oublier. Ensemble, ils vont naviguer dans les rues difficiles de la ville, tissant un lien filial d'une force inouïe. Le film explore avec une grande sensibilité les thèmes de la solitude urbaine et de la solidarité humaine.
Le scénariste Ercan Mehmet Erdem a puisé l'inspiration de ce drame poignant dans le quotidien des ramasseurs de cartons d'Istanbul, une communauté marginalisée mais essentielle à la vie de la cité. Il souhaitait raconter une histoire de résilience psychologique à travers les yeux de ceux que la société refuse de voir. Le projet a été conçu pour mettre en lumière la détresse des enfants des rues et la beauté des liens d'adoption informels. Le script a été longuement retravaillé pour intégrer une dimension dramatique surprenante.
La critique internationale a été profondément touchée par la charge émotionnelle de l'œuvre et la performance habitée de l'acteur principal Çağatay Ulusoy. La photographie, qui sublime la mélancolie d'Istanbul, a reçu de nombreux éloges. Les critiques ont souligné la justesse avec laquelle le réalisateur évite le misérabilisme grossier. Le public mondial a massivement plébiscité le film lors de sa mise en ligne, saluant les larmes versées devant cette tragédie humaine. Les retours ont encensé l'alchimie bouleversante entre le jeune garçon et son protecteur de fortune. La fin du film a suscité d'innombrables théories et réactions passionnées sur les forums de cinéma.
Le réalisateur s'est inspiré du cinéma humaniste des frères Dardenne pour sa manière de coller au plus près des corps et des visages de ses personnages en souffrance. Pour se préparer à ce rôle physiquement et psychologiquement exigeant, l'acteur Çağatay Ulusoy a passé plusieurs semaines incognito aux côtés des véritables travailleurs de rue d'Istanbul. Le tournage dans les ruelles animées d'Istanbul a nécessité une logistique complexe pour éviter d'attirer les foules de fans de la star masculine principale.
Le long-métrage traite magistralement du traumatisme de l'abandon infantile, de la maladie mentale, de la pauvreté systémique et de la fraternité qui naît dans la misère commune.
Le rebondissement final révèle que l'enfant n'est autre qu'une projection des propres souvenirs d'enfance maltraitée du protagoniste, offrant une explication psychologique poignante sur sa quête désespérée de guérison et de pardon.
Le titre fait référence à ces destins brisés et froissés par la vie, à l'image des papiers et des cartons que les personnages collectent inlassablement chaque jour.
Le film s'est classé parmi les plus gros succès internationaux de l'année pour une production turque, confirmant l'essor de cette cinématographie sur la scène mondiale.
Ce drame bouleversant rappelle par certains aspects le chef-d'œuvre libanais Capharnaüm de Nadine Labaki pour sa description sans concession mais pleine d'amour de l'enfance marginalisée.