À Londres, Leo, jeune homme qui se considère homosexuel, est encouragé par un collègue de travail à rejoindre un groupe de développement personnel New Age. Il y rencontre Brendan, qui se dit hétérosexuel et vit encore avec son ex-compagne Sally, dont il peine à se détacher. Une amitié naît entre les deux hommes, avant que Brendan ne se laisse peu à peu séduire par Leo et ne s'engage avec lui dans une relation amoureuse. Mais lorsque Sally réapparaît dans leur vie, les certitudes de chacun sur son orientation et ses sentiments volent en éclats.
Des chambres et des couloirs est écrit par le scénariste britannique Robert Farrar et confié à la réalisatrice américaine Rose Troche, déjà remarquée pour son premier long métrage indépendant Go Fish, comédie dramatique sur une communauté lesbienne de Chicago sortie en 1994. Pour ce second film, Troche s'installe à Londres et choisit de croiser les trajectoires amoureuses d'un groupe de personnages aux orientations sexuelles variées, homosexuels, hétérosexuels et bisexuels, réunis autour d'un groupe de thérapie New Age. La réalisatrice adopte un ton de comédie sentimentale et légère pour aborder des questions d'identité sexuelle et de fluidité du désir, s'éloignant volontairement du registre plus dramatique de son premier film. Le tournage se déroule intégralement à Londres, offrant un panorama de la scène queer britannique de la fin des années 1990.
La critique a salué une comédie sentimentale brillante et bien ficelée, saluée par le magazine Variety comme ne ressemblant guère à la plupart des productions londoniennes de l'époque, portée par un casting british de qualité mêlant Kevin McKidd, James Purefoy, Jennifer Ehle et Hugo Weaving. Plusieurs critiques ont souligné la légèreté et l'humour du film, capable d'aborder des questions d'identité sexuelle sans jamais sombrer dans le didactisme. Le public s'est montré réceptif à cette ode à la liberté des choix de vie, saluant le ton débridé et culotté du film ainsi que sa manière de dépasser les ghettos et les stéréotypes habituellement associés aux différentes orientations sexuelles. Le film a connu une sortie discrète mais a trouvé au fil des années un public fidèle parmi les amateurs de comédies romantiques britanniques indépendantes.
Rose Troche, réalisatrice américaine déjà reconnue pour son premier long métrage indépendant Go Fish, s'installe à Londres pour ce second film, immergeant sa caméra dans la scène queer britannique de la fin des années 1990. La musique originale du film a été composée par Ian MacPherson et Alfredo D. Troche, ce dernier étant un proche collaborateur régulier de la réalisatrice.
Des chambres et des couloirs explore la fluidité de l'orientation sexuelle et la difficulté à enfermer le désir dans des catégories figées, à travers les trajectoires croisées de personnages homosexuels, hétérosexuels et bisexuels. Le film questionne également la place des groupes de développement personnel et de thérapie collective dans la construction de l'identité amoureuse et sexuelle de ses participants. Il célèbre enfin, sur le ton de la comédie, la liberté des choix de vie face aux ghettos et aux stéréotypes qui enferment chacun dans une case prédéfinie.
Le titre Des chambres et des couloirs, traduction littérale de l'original Bedrooms and Hallways, résume avec malice la thèse du film selon laquelle le sexe se décide dans les chambres, mais se négocie et se joue avant tout dans les couloirs, lieux de passage et de rencontres où se nouent les véritables enjeux amoureux des personnages.
Sorti en France le 3 février 1999, Des chambres et des couloirs a depuis été redécouvert grâce à sa disponibilité sur plusieurs plateformes de VOD spécialisées dans le cinéma LGBTQ+, comme Outplay.
Les amateurs de Des chambres et des couloirs pourront se tourner vers Go Fish, premier long métrage de Rose Troche, ou vers Beautiful Thing de Hettie MacDonald, autre comédie romantique britannique explorant avec légèreté les questions d'identité sexuelle.