Dans l'est de la France, Eric, petit voyou sans envergure vivant de trafics et de combines, peine à trouver sa place auprès d'Esteban, son fils d'une dizaine d'années dont il ne s'occupe pas vraiment. Le jour où Esteban est enlevé par deux malfrats, en partie à cause de la négligence de son père, Eric refuse catégoriquement de prévenir la police. Bouleversé par la culpabilité, il décide de sauver seul son fils, déterminé à réunir coûte que coûte la rançon exigée. Sa quête le plonge au cœur des quartiers populaires de Strasbourg, entre débrouille, violence et rédemption.
Dernier Soleil est le second long métrage d'Etienne Constantinesco, réalisateur strasbourgeois déjà connu pour son premier film Coline, les amis de mes amis. Le cinéaste a conçu ce thriller social comme un projet ancré dans le réel, en choisissant de faire jouer son propre rôle à des comédiens non professionnels issus des quartiers populaires de Strasbourg : ouvriers, anciens détenus, personnes en situation de précarité ou de toxicomanie. Cette démarche visait à donner une authenticité rare au film, loin des codes plus lisses du thriller traditionnel. Le tournage s'est déroulé en Alsace en seulement deux semaines, avec une équipe technique très réduite et des moyens financiers extrêmement limités. Etienne Constantinesco a d'abord financé la préparation du film grâce à ses proches avant d'être rejoint par la société de production Pleine Image pour mener le projet à son terme. La crise sanitaire, survenue peu après le tournage, a bouleversé les plans de diffusion initialement prévus en festivals et en salles, poussant la production à privilégier une sortie en vidéo à la demande.
Les critiques ayant découvert Dernier Soleil ont salué l'authenticité rare apportée par le choix de comédiens non professionnels, capables de restituer avec une justesse particulière l'argot et les codes des quartiers populaires strasbourgeois. Plusieurs observateurs ont toutefois estimé que l'intrigue policière restait secondaire face à la dimension davantage sociale et poétique du film, jugeant le scénario parfois trop mince pour porter pleinement le récit. La mise en scène soignée, contrastant avec le très faible budget de la production, a été régulièrement soulignée comme une réussite notable. D'autres critiques se sont montrées plus sévères, regrettant un manque de tension dramatique dans un film pourtant annoncé comme un thriller. Le public s'est montré partagé, certains spectateurs saluant la découverte d'un cinéma tourné hors des circuits habituels et porté par des visages inconnus, d'autres jugeant le film trop confidentiel et modeste dans son ambition narrative. Les spectateurs strasbourgeois ont particulièrement apprécié la reconnaissance de leur ville et de ses quartiers, rarement mis en avant au cinéma sous cet angle. Dernier Soleil n'a pas obtenu de récompense dans les grands festivals nationaux, sa diffusion étant restée largement confidentielle en raison des bouleversements liés à la crise sanitaire.
Etienne Constantinesco a choisi de faire jouer des comédiens non professionnels recrutés directement dans les quartiers populaires de Strasbourg, plusieurs d'entre eux interprétant des personnages proches de leur propre vécu. L'acteur principal, Eric Sobkow, a par exemple expliqué avoir grandi dans un quartier similaire à celui dépeint dans le film, ce qui nourrit l'authenticité de son accent et de son jeu. Le tournage s'est déroulé en seulement deux semaines en Alsace, avec une équipe technique volontairement réduite au minimum et sans autorisation de tournage dans certains lieux publics, ce qui a contraint l'équipe à une grande réactivité sur le terrain. Ces conditions de production précaires ont directement influencé l'esthétique brute et urgente du film.
Dernier Soleil explore la paternité empêchée, celle d'un homme dépassé par ses propres fragilités et incapable, dans un premier temps, d'assumer pleinement son rôle de père. Le film interroge la manière dont la précarité économique et sociale peut pousser des individus vers la petite délinquance, sans jamais les réduire à de simples figures criminelles. La rédemption occupe une place centrale dans le récit, à travers le parcours d'un homme prêt à tout risquer pour réparer ses erreurs passées. Le film aborde également la solidarité informelle des quartiers populaires, où l'entraide se construit en marge des institutions officielles.
Le titre Dernier Soleil évoque à la fois l'urgence dramatique de la course contre la montre menée par Eric pour sauver son fils et une dimension plus symbolique, celle d'une dernière chance offerte à un homme au bord de la rupture pour se racheter avant qu'il ne soit trop tard. Cette formule, à la tonalité presque crépusculaire, annonce d'emblée le climat tendu et incertain du récit.
Dernier Soleil est sorti en vidéo à la demande à l'été 2021 après que la crise sanitaire a compromis ses ambitions initiales de diffusion en salles et en festivals. Etienne Constantinesco a par ailleurs réalisé un court métrage intitulé The Trap, qui prolonge l'univers et les thématiques développées dans Dernier Soleil.
Les Misérables de Ladj Ly, portrait sans concession des quartiers populaires français porté lui aussi par une esthétique proche du réel, partage avec Dernier Soleil ce goût pour l'authenticité sociale. Polisse de Maïwenn, qui mêlait également comédiens professionnels et non professionnels pour raconter des histoires ancrées dans la réalité sociale, offre une parenté de ton avec le film d'Etienne Constantinesco. Bac Nord, autre thriller français ancré dans un contexte de quartiers populaires, propose un éclairage complémentaire sur des thématiques voisines.