Laure a vingt ans et rêve de quitter la petite ville de province où elle se sent à l'étroit. Sa rencontre avec Andréa, jeune homme fasciné par le mode de vie de David et Romain, deux flambeurs niçois évoluant dans le milieu du photo érotique, va bouleverser son existence. Attirés par l'argent facile, Laure et Andréa se laissent peu à peu happer par ce monde de luxe, de sexe et de drogue. Ce qui commence comme un rêve de réussite sociale se transforme rapidement en piège doré dont il devient de plus en plus difficile de s'échapper.
Déjà mort marque le premier long métrage pour le cinéma d'Olivier Dahan, qui en a eu l'idée après avoir appris, lors d'un retour dans sa ville natale de La Ciotat, la mort violente d'un ami d'enfance tué dans un règlement de comptes à seulement vingt et un ans. Ce sentiment étrange d'apprendre la mort d'un jeune adulte tout en ne gardant en mémoire que l'image d'un enfant a constitué le point de départ du film. Le réalisateur souhaitait alors mettre en scène la difficulté de passer à l'âge adulte et le poids du destin sur une jeunesse en perdition. Le scénario, écrit par Olivier Massart, situe cette réflexion dans le milieu glauque de l'industrie pornographique, offrant à de jeunes acteurs alors débutants, Romain Duris et Benoît Magimel en tête, l'un de leurs tout premiers grands rôles.
À sa sortie, Déjà mort reçoit un accueil critique partagé : certains saluent l'énergie de la mise en scène et la fraîcheur d'un casting alors inconnu, tandis que d'autres jugent la réalisation encore hésitante pour un premier film, avec un style parfois heurté. Le public reste très restreint, le film totalisant un peu moins de 47 000 entrées en France, ce qui en fait une sortie confidentielle malgré la présence d'acteurs qui deviendront des stars du cinéma français. Avec le temps, Déjà mort a acquis un statut de curiosité pour les cinéphiles suivant les débuts de Romain Duris, Benoît Magimel et Zoé Félix, ainsi que les premiers pas derrière la caméra d'Olivier Dahan, qui connaîtra plus tard un immense succès avec La Môme.
Le film constitue non seulement le premier long métrage cinéma d'Olivier Dahan, mais aussi celui de l'actrice Zoé Félix, tandis que Romain Duris et Benoît Magimel n'en étaient qu'à l'aube de leur carrière. Olivier Dahan a construit son scénario à partir d'un souvenir personnel très concret, celui de la mort violente d'un ami d'enfance, ce qui a nourri la tonalité fataliste du film dès son écriture. Le tournage s'est déroulé sur les hauteurs de Nice, décor choisi pour incarner à la fois le luxe superficiel et la face sombre du milieu dans lequel s'enfoncent les personnages.
Déjà mort dresse le portrait d'une jeunesse en quête d'ascension sociale rapide, prête à tout pour échapper à une condition qu'elle juge étriquée, quitte à se perdre dans l'argent facile, la drogue et l'exploitation sexuelle. Le film interroge la fatalité et le destin, thème annoncé dès son titre, ainsi que la difficile transition vers l'âge adulte pour une génération sans repères solides.
Comme le laisse pressentir le titre du film, la trajectoire de Laure et Andréa se conclut de façon tragique, les personnages payant au prix fort leur plongée dans un univers dont ils n'ont jamais vraiment maîtrisé les règles. Cette fin funeste illustre le sentiment de fatalité qui a inspiré Olivier Dahan, pour qui certains destins semblent scellés bien avant que les personnages n'en aient conscience.
Le titre Déjà mort résume par avance le destin funeste des personnages principaux, suggérant que leur perte est écrite dès le début de leur plongée dans le milieu qu'ils croyaient pouvoir maîtriser.
Boogie Nights (1997), La Haine (1995), Sombre (1998).