À quarante ans, le photojournaliste Stéphane Haskell est victime d'une maladie fulgurante qui le laisse paralysé, alors que la médecine ne lui promet aucune amélioration. C'est la pratique du yoga qui va peu à peu lui ouvrir un chemin de guérison inattendu, transformant durablement sa relation à son propre corps. Porté par cette expérience personnelle, il entreprend un voyage à travers le monde à la rencontre d'autres personnes qui ont trouvé dans le yoga une voie de reconstruction, des couloirs de la mort aux États-Unis jusqu'aux bidonvilles africains. Ce documentaire intime et universel interroge la capacité du corps et de l'esprit à se relever, quelle que soit la gravité de l'épreuve traversée.
Debout est né dans le prolongement direct de Breathe, un documentaire télévisé réalisé quelques années plus tôt par Stéphane Haskell sur le même sujet, dont le succès l'a poussé à vouloir toucher un public plus large sur grand écran. L'histoire du film est avant tout la sienne : ancien photojournaliste à l'agence Sipa Press puis correspondant à New York, Haskell se retrouve paralysé à quarante ans à la suite d'une maladie soudaine, après une opération du dos censée soigner ses douleurs chroniques. C'est une professeure de yoga américaine de passage à Paris qui lui fait découvrir cette discipline, le convainquant de la rejoindre dans un centre de méditation près de Francfort malgré ses réticences initiales et son ignorance de la pratique. Les techniques de méditation et de yoga finissent par produire un effet inattendu sur sa condition physique, une évolution qui le pousse à vouloir partager son expérience avec d'autres personnes confrontées à l'adversité. Il décide alors d'entreprendre un tour du monde à la rencontre de prisonniers dans les couloirs de la mort américains, de communautés touchées par le sida dans des prisons africaines, ou encore de malades de la sclérose en plaques en Californie, tous ayant trouvé une aide précieuse dans la pratique du yoga. Le film s'inscrit ainsi dans la continuité de son parcours de photojournaliste, mêlant récit personnel et enquête au long cours sur les vertus thérapeutiques de cette discipline.
Le film a bénéficié d'une couverture médiatique modeste mais globalement bienveillante, la presse spécialisée dans le bien-être et le yoga saluant particulièrement la sincérité de la démarche de Stéphane Haskell. Les critiques ont insisté sur le message d'espoir porté par le documentaire, jugé inspirant sans être naïf sur la gravité des situations traversées par les personnes rencontrées au fil du voyage. Certains ont toutefois noté que le film, en restant centré sur l'expérience personnelle du réalisateur, s'adressait avant tout à un public déjà sensible à la pratique du yoga plutôt qu'à un public généraliste.
Du côté du public, l'accueil a été chaleureux, en particulier auprès des pratiquants de yoga Iyengar, discipline à laquelle le film consacre une large place à travers le témoignage du maître indien B.K.S. Iyengar lui-même. Plusieurs spectateurs ont salué le message d'espoir universel du film, jugé porteur y compris pour des personnes ne pratiquant pas le yoga.
Le documentaire n'a pas été identifié comme lauréat de récompenses majeures dans les sources disponibles, sa reconnaissance tenant davantage à sa diffusion continue dans les circuits associatifs et sur les plateformes de streaming après sa sortie en salles en avril 2019.
Stéphane Haskell a mis à profit son expérience de photojournaliste, acquise notamment à l'agence Sipa Press puis comme correspondant à New York, pour filmer lui-même une partie de son tour du monde. L'une des rencontres les plus marquantes du tournage reste celle avec le maître de yoga indien B.K.S. Iyengar, dont l'enseignement est au cœur du film et qui témoigne directement face à la caméra. Le tournage l'a conduit dans des lieux particulièrement difficiles d'accès, comme les couloirs de la mort de prisons américaines ou certains bidonvilles africains, nécessitant des autorisations complexes à obtenir. Il s'est également rendu auprès des Massaïs, au pied du Kilimandjaro, ainsi que dans des écoles franciliennes, illustrant la diversité des contextes dans lesquels il a voulu montrer les effets du yoga. La dimension personnelle du projet, puisque Haskell raconte sa propre histoire de paralysie et de guérison, a nécessité un exercice d'équilibre entre pudeur et sincérité tout au long du montage.
Debout explore avant tout la résilience du corps et de l'esprit face à la maladie et au handicap, à travers le parcours personnel de son réalisateur. Le film aborde aussi la dimension universelle de la souffrance et de la guérison, en mettant en parallèle des situations aussi différentes que la paralysie, l'incarcération dans les couloirs de la mort ou la pauvreté extrême des bidonvilles africains. La spiritualité et la discipline corporelle occupent une place centrale, le yoga étant présenté comme un langage commun capable de relier des existences très éloignées les unes des autres. Enfin, le documentaire interroge la solidarité humaine à travers les rencontres qui jalonnent ce tour du monde.
Le film se conclut sur la conviction, portée par Stéphane Haskell lui-même, que la discipline du yoga constitue un chemin de reconstruction accessible à des personnes aux parcours de vie extrêmement variés, qu'elles soient malades, incarcérées ou vivant dans une grande précarité. Cette conclusion n'est pas présentée comme une guérison miracle, mais comme la démonstration d'une capacité humaine à se relever, même partiellement, face à l'adversité la plus radicale. Le documentaire referme ainsi son voyage sur une note d'espoir mesuré plutôt que sur un message triomphaliste.
Le titre Debout renvoie d'abord très concrètement au parcours physique de Stéphane Haskell, condamné par la médecine à ne plus jamais se relever après sa paralysie, avant que le yoga ne lui permette de retrouver progressivement l'usage de son corps. Il prend aussi un sens plus métaphorique en s'appliquant à l'ensemble des personnes rencontrées au fil du documentaire, toutes engagées dans un processus de reconstruction face à l'adversité. Le titre, court et affirmatif, résume ainsi à lui seul le message d'espoir et de résilience porté par le film.
Sorti dans les salles françaises le 24 avril 2019, Debout a ensuite trouvé une seconde vie sur les plateformes de streaming, notamment Prime Video, où il continue d'être proposé aux spectateurs intéressés par le développement personnel et la pratique du yoga.
Les spectateurs intéressés par ce récit de reconstruction par la discipline et la pratique corporelle pourront se tourner vers Alive Inside, documentaire américain de 2014 qui explore le pouvoir thérapeutique de la musique auprès de personnes atteintes de démence.