Quelques années après les événements new-yorkais du premier film, l'architecte Paul Kersey s'est installé à Los Angeles avec sa nouvelle compagne, Geri, et tente de refaire sa vie. Mais le drame le rattrape lorsque sa fille, toujours traumatisée par son agression passée, est violée puis se suicide après une nouvelle attaque. Rongé par la colère, Kersey abandonne définitivement le costume de citoyen ordinaire pour reprendre les armes et traquer méthodiquement les responsables. Los Angeles devient alors le théâtre d'une vengeance impitoyable menée par un homme qui n'a plus rien à perdre.
Death Wish 2 fait suite à Un justicier dans la ville, sorti en 1974, lui-même adapté du roman de Brian Garfield. Huit ans après le premier volet, la Cannon Group de Menahem Golan et Yoram Globus rachète les droits de la franchise et en fait leur tout premier grand projet hollywoodien, décidant de retrouver Michael Winner à la réalisation et Charles Bronson dans le rôle-titre. Le film délaisse l'ambiguïté morale du premier opus pour assumer pleinement la logique de vengeance, dans un style plus outrancier et plus violent, en phase avec l'esthétique musclée du cinéma d'action du début des années 1980. Cette suite marque durablement l'identité de la Cannon, qui en fera l'un des piliers de son catalogue d'action des années suivantes.
À sa sortie, Death Wish 2 est accueilli très fraîchement par la critique, qui reproche au film sa violence graphique et sa vision jugée simpliste de la justice expéditive, notamment concernant la longue scène d'agression du début. Le public d'action, en revanche, répond présent, séduit par le retour de Charles Bronson dans un rôle qui a fait sa légende et par l'efficacité brute des séquences de vengeance. Malgré son accueil critique mitigé, le film obtient un succès commercial suffisant pour donner naissance à plusieurs autres suites tout au long des années 1980.
Les producteurs Menahem Golan et Yoram Globus souhaitaient initialement confier la bande originale du film au chanteur Isaac Hayes, mais Michael Winner a préféré faire appel à Jimmy Page, guitariste de Led Zeppelin, pour composer une partition rock inédite. Selon la biographie de Michael Winner, le frère alcoolique de Charles Bronson venait régulièrement sur le tournage pour lui emprunter de l'argent, ce qui donne une idée de l'ambiance particulière régnant sur le plateau. Le film comporte une incohérence de continuité relevée par de nombreux spectateurs : bien que l'histoire soit censée se dérouler quelques années après les événements de New York, les décors, coiffures et véhicules affichent clairement l'esthétique du début des années 1980.
Death Wish 2 pousse à son paroxysme le thème de la vengeance personnelle face à l'incapacité perçue du système judiciaire à protéger les citoyens. Le film explore la spirale de violence dans laquelle bascule un homme ordinaire lorsqu'il perd tout espoir de justice institutionnelle, au prix d'une perte progressive de son humanité.
Après avoir éliminé un à un tous les agresseurs de sa fille, Paul Kersey referme ce nouveau chapitre de vengeance sans être inquiété par la police, qui choisit de fermer les yeux sur ses actes. Cette conclusion confirme la position du film : la violence individuelle y est présentée comme la seule réponse efficace face à l'échec de la justice officielle, ouvrant la voie aux suites suivantes de la saga.
Le titre original, Death Wish, renvoie au "désir de mort" qui anime le personnage de Paul Kersey, prêt à risquer sa propre vie dans sa quête de vengeance, tandis que le chiffre 2 signale simplement qu'il s'agit de la suite directe du premier film.
La bande originale du film, entièrement écrite et composée par Jimmy Page, guitariste de Led Zeppelin, apporte une teinte rock inattendue à ce thriller urbain et reste l'un des éléments les plus commentés du film.
La saga Death Wish a connu un remake en 2018 avec Bruce Willis dans le rôle de Paul Kersey, confirmant la postérité durable du personnage créé par Brian Garfield.
Un justicier dans la ville (1974), Le Justicier de New York (1985), Le justicier braque les dealers (1987).