Benjamin, un trentenaire passionné de théâtre, est diagnostiqué d'un cancer incurable au stade terminal et n'a plus qu'un an à vivre. Sa mère, Crystal, une femme fusionnelle et désemparée, refuse d'accepter cette terrible réalité et tente par tous les moyens de le sauver. Ensemble, épaulés par un médecin d'une immense humanité et son équipe de soignants, ils vont devoir traverser les quatre saisons de l'année pour apprivoiser la maladie. Ce parcours médical se transforme en un voyage intime indispensable pour accepter l'idée de la fin et de la transmission.
L'idée originelle est venue à Emmanuelle Bercot après sa rencontre marquante avec le docteur Gabriel Sara, un oncologue renommé qui applique une méthode très humaine et spirituelle pour accompagner ses patients en fin de vie. Émerveillée par cette approche, la réalisatrice a eu l'inspiration de construire une fiction dramatique autour de ce long processus d'acceptation de la mort. Ce n'est pas une histoire vraie spécifique, mais le reflet de nombreuses réalités vécues à l'hôpital. Bercot a écrit le rôle du médecin spécialement pour le docteur Sara, qui joue ici son propre rôle à l'écran de manière magistrale.
La critique professionnelle a été profondément bouleversée par le film, louant la pudeur, la dignité et la justesse émotionnelle avec laquelle le sujet du deuil est traité. La performance de Benoît Magimel, physiquement métamorphosé pour le rôle, a été qualifiée de chef-d'œuvre absolu par la presse spécialisée. Le duo qu'il forme avec Catherine Deneuve a également reçu d'immenses éloges pour sa complicité bouleversante. Du côté du public, les spectateurs ont accueilli le film avec une vive émotion, beaucoup soulignant le caractère thérapeutique et lumineux du long-métrage malgré la dureté du thème. Les retours ont encensé la performance globale des acteurs et la beauté du message sur l'importance de dire au revoir à ceux qu'on aime. Le film a connu un grand succès populaire en salles. Benoît Magimel a remporté le César du Meilleur Acteur pour sa prestation inoubliable.
Emmanuelle Bercot s'est beaucoup inspirée des codes du mélodrame classique hollywoodien tout en conservant le réalisme cru du milieu hospitalier français. Le tournage a été marqué par d'immenses difficultés de production, notamment un arrêt cardiaque subi par Catherine Deneuve en plein plateau de tournage, suivi des interruptions liées à la crise sanitaire mondiale. Une anecdote poignante réside dans le fait que les répétitions de chants chorals menées par le vrai médecin avec son équipe soignante à l'écran se déroulaient de la même manière dans la vraie vie de l'établissement. Pour le casting, associer Magimel et Deneuve pour la troisième fois était une évidence pour la cinéaste afin d'exploiter leur lien presque maternel au cinéma.
La fin du film coïncide avec les derniers instants de vie de Benjamin, qui s'éteint paisiblement dans son lit d'hôpital entouré de sa mère et du personnel soignant après avoir fait la paix avec son passé. La scène finale montre la vie qui continue au sein du service hospitalier, symbolisant que la transmission a eu lieu et que l'amour survit à la disparition physique.
Le titre rappelle l'importance cruciale de régler ses affaires, de pardonner et d'aimer de son vivant, plutôt que d'attendre que la maladie ne rende les mots impossibles à prononcer.
Le film est devenu une œuvre de référence projetée dans de nombreux congrès de médecine et d'accompagnement en soins palliatifs en France.
Amour de Michael Haneke, Intouchables de Olivier Nakache et Éric Toledano, Ma meilleure amie de Nick Cassavetes.