Thomas, jeune homme évoluant dans le milieu violent de l'immobilier parisien aux côtés de son père peu scrupuleux, porte en lui le souvenir de sa mère pianiste disparue. La rencontre inattendue avec l'ancien imprésario de celle-ci ravive son désir enfoui de devenir pianiste professionnel. Tiraillé entre la brutalité de son quotidien et cette aspiration artistique longtemps refoulée, il s'impose une discipline intense pour préparer une audition décisive. Le film explore la tension entre violence héritée et besoin viscéral de beauté et de transcendance.
Le film est un remake du film américain Fingers de James Toback, dont Jacques Audiard a voulu transposer l'intrigue dans un contexte français contemporain tout en l'enrichissant d'une dimension psychologique plus profonde. Audiard souhaitait explorer la tension entre violence héritée du milieu familial et aspiration artistique sincère, thème central qui l'avait profondément marqué dans le film original. Le réalisateur a voulu ancrer son récit dans le milieu très spécifique de l'immobilier parisien interlope, qu'il avait pu observer et documenter. Romain Duris a accepté un travail intensif de plusieurs mois au piano pour incarner avec crédibilité la dimension musicale du personnage. Le scénario a nécessité d'importantes réécritures par rapport au film original pour l'adapter à la sensibilité française contemporaine. Le tournage s'est déroulé à Paris, dans des décors urbains contrastant la dureté du milieu immobilier et l'intimité des séances de piano.
La critique a unanimement salué la performance habitée de Romain Duris, jugée parmi les plus marquantes de sa carrière. Plusieurs observateurs ont souligné la maîtrise de Jacques Audiard à mêler violence brute et sensibilité musicale sans jamais rompre la cohérence du récit. Le scénario a été apprécié pour sa capacité à renouveler le matériau original tout en lui donnant une identité française forte. Le film a été considéré comme l'une des plus belles réussites du cinéma français du milieu des années 2000. Le public a été marqué par l'intensité du film et par la transformation physique et artistique impressionnante de Romain Duris. Le succès critique a largement dépassé le succès commercial, le film s'inscrivant dans le circuit exigeant du cinéma d'auteur français. De nombreux spectateurs ont salué la tension psychologique constante entretenue par la mise en scène d'Audiard. Le film a confirmé la réputation de Jacques Audiard comme l'un des plus grands réalisateurs français de sa génération. Le film a remporté huit César, notamment ceux du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Romain Duris. Il a également reçu de nombreuses autres récompenses lors de la même cérémonie, dont celle du meilleur scénario. Cette reconnaissance institutionnelle exceptionnelle a confirmé le statut de classique contemporain du film. Il reste l'un des films français les plus récompensés de sa décennie.
Jacques Audiard s'est appuyé sur le film américain Fingers tout en l'enrichissant d'une dimension psychologique propre à sa sensibilité de cinéaste français. Le tournage s'est déroulé à Paris, alternant décors urbains brutaux du milieu immobilier et intimité feutrée des séances de piano. Romain Duris a suivi un entraînement intensif de plusieurs mois au piano pour pouvoir jouer lui-même certains passages musicaux du film avec crédibilité. Niels Arestrup a particulièrement travaillé la complexité morale ambiguë de son personnage de père toxique mais aimant à sa manière. Plusieurs scènes de violence ont nécessité une chorégraphie précise pour préserver la tension psychologique constante voulue par Audiard. Le tournage s'est globalement déroulé dans une grande exigence artistique, conforme à la réputation de perfectionnisme du réalisateur.
Le film aborde la tension entre violence héritée et aspiration artistique, le poids de la filiation toxique et la quête de rédemption à travers la discipline créatrice.
Thomas, après son audition décisive, choisit finalement de quitter définitivement le milieu violent de son père pour se consacrer pleinement à la musique, symbolisant sa libération du cycle de violence familiale au profit d'une vie artistique apaisée.
Le titre évoque métaphoriquement l'arrêt brutal du désir musical de Thomas après la disparition de sa mère, ainsi que sa lente renaissance émotionnelle au fil du récit.
La partition d'Alexandre Desplat, mêlée à des pièces classiques pour piano interprétées par Romain Duris lui-même, accompagne avec une grande intensité émotionnelle la tension intérieure du personnage principal.
Le film reste régulièrement cité parmi les plus grandes réussites du cinéma français des années 2000.
Fingers, Un prophète, Sur mes lèvres.