En 1961, l'écrivaine britannique P. L. Travers se rend à contrecœur à Hollywood pour négocier avec Walt Disney l'adaptation cinématographique de son roman Mary Poppins. Farouchement attachée à son personnage, elle multiplie les exigences et les réticences face à l'équipe créative du studio. Ses souvenirs d'enfance douloureux en Australie, liés à la figure de son père, refont progressivement surface tout au long des négociations. Cette confrontation entre l'écrivaine et le célèbre producteur va révéler les origines profondément personnelles de son œuvre la plus emblématique.
Dans l'ombre de Mary s'inspire de faits réels concernant les négociations souvent tendues entre P. L. Travers et Walt Disney pour l'adaptation cinématographique de Mary Poppins. Le scénario s'appuie notamment sur des enregistrements authentiques des réunions de travail entre l'écrivaine et l'équipe créative du studio, conservés dans les archives Disney. John Lee Hancock souhaitait raconter les coulisses méconnues de la création d'un classique du cinéma familial, en révélant la part autobiographique cachée derrière le personnage de Mary Poppins. Le réalisateur voulait aussi explorer le lien entre traumatisme personnel et création artistique à travers le parcours de l'écrivaine. Le film mêle ainsi reconstitution historique des négociations hollywoodiennes des années 1960 et flashbacks sur l'enfance australienne de P. L. Travers. Ce projet permettait également au studio Disney de porter un regard rétrospectif et nuancé sur sa propre histoire.
La critique a salué les performances d'Emma Thompson et de Tom Hanks, jugées particulièrement justes dans l'incarnation de ces deux figures historiques du cinéma. Plusieurs journaux ont souligné l'habileté du récit à entrelacer les négociations hollywoodiennes et les flashbacks sur l'enfance traumatique de l'écrivaine. D'autres critiques ont estimé que le film adoptait un regard parfois complaisant envers Walt Disney et le studio ayant produit le film lui-même. Le public a réservé un accueil chaleureux au film, touché par l'émotion dégagée par le parcours personnel de P. L. Travers. Les spectateurs ont particulièrement apprécié la alchimie entre Emma Thompson et Tom Hanks, ainsi que la dimension nostalgique du récit pour les amateurs de Mary Poppins. Le film a connu un succès commercial correct, porté notamment par la période des fêtes de fin d'année lors de sa sortie. Emma Thompson a reçu plusieurs nominations pour sa performance, notamment aux Golden Globes. Le film a également été salué dans diverses cérémonies pour sa reconstitution historique et sa direction artistique soignée.
John Lee Hancock s'est appuyé sur des enregistrements authentiques des négociations entre P. L. Travers et l'équipe créative de Disney, conservés dans les archives du studio, pour construire les dialogues les plus marquants du film. La production a rencontré la délicate tâche de représenter Walt Disney lui-même à l'écran, une figure rarement incarnée au cinéma en raison des droits détenus par le studio portant son nom. Le tournage a nécessité une reconstitution soignée des bureaux Disney des années 1960 ainsi que des paysages australiens de l'enfance de l'écrivaine. Emma Thompson se serait particulièrement documentée sur la personnalité réelle, exigeante et complexe, de P. L. Travers pour construire son interprétation. Le rôle de Walt Disney a été confié à Tom Hanks avec l'accord et le soutien direct des héritiers du fondateur du studio.
Le film explore la thématique du deuil et du traumatisme d'enfance comme moteur caché de la création artistique. Il aborde également la question du contrôle créatif et de la difficulté pour un auteur de céder son œuvre à d'autres mains. La relation complexe entre une fille et son père occupe une place centrale dans la compréhension du personnage de P. L. Travers. Le film traite aussi de la magie du cinéma comme possible forme de guérison face aux blessures du passé. Enfin, il interroge la tension entre exigence artistique personnelle et logique commerciale d'un grand studio hollywoodien.
À la fin du film, P. L. Travers finit par accepter, non sans réticence, l'adaptation cinématographique de Mary Poppins telle que conçue par Walt Disney, comprenant que cette version rend hommage à sa propre histoire d'une manière qu'elle n'avait pas anticipée. Les flashbacks sur son enfance révèlent que le personnage de Mary Poppins était initialement destiné à sauver son père plutôt que les enfants qu'elle sert dans le récit, éclairant ainsi la dimension profondément personnelle de l'œuvre. Cette prise de conscience lui permet enfin de faire la paix avec les souvenirs douloureux de son enfance australienne. Le film se termine sur la première projection du film Mary Poppins, moment de catharsis émotionnelle intense pour l'écrivaine. Cette conclusion souligne le pouvoir cathartique de la création artistique face aux blessures les plus intimes.
Le titre original du film, Saving Mr. Banks, littéralement sauver monsieur Banks, fait référence au père fictif de la famille dans Mary Poppins, mais renvoie en réalité au père véritable de P. L. Travers, dont le sauvetage manqué durant son enfance hante toute son œuvre. Le titre français, Dans l'ombre de Mary, insiste davantage sur la dimension cachée et personnelle derrière la création du célèbre personnage de Mary Poppins. Ces deux titres soulignent ainsi la révélation centrale du film : Mary Poppins n'a jamais été une simple nurse magique, mais une tentative littéraire de racheter un père perdu.
Dans l'ombre de Mary reste un film régulièrement cité pour son éclairage sur les coulisses de la création de Mary Poppins. Emma Thompson et Tom Hanks ont depuis poursuivi des carrières particulièrement actives au cinéma. Le film continue d'intéresser les amateurs des studios Disney et de son histoire, notamment à l'occasion des anniversaires de Mary Poppins. Il reste une référence appréciée parmi les films biographiques consacrés aux coulisses de la création artistique.
Les amateurs de ce film pourront apprécier Mary Poppins lui-même, l'œuvre originale de 1964 dont ce film raconte les coulisses de la création. Hitchcock, autre film biographique sur les coulisses de la création cinématographique, partage une structure narrative similaire. Big Eyes explore également le thème de l'appropriation créative et de la reconnaissance artistique. Enfin, Le Discours d'un roi partage avec ce film le même goût pour les récits biographiques britanniques centrés sur la résilience personnelle.