En 1985 à Dallas, Ron Woodroof, électricien et cow-boy adepte du rodéo, de l'alcool et de la cocaïne, apprend qu'il est séropositif et qu'il ne lui reste que trente jours à vivre. D'abord dans le déni total face à une maladie qu'il associe uniquement à l'homosexualité, il se documente peu à peu et comprend l'ampleur de sa situation. Révolté par l'impuissance et la lenteur du corps médical américain face à l'épidémie naissante, il se met à importer illégalement des traitements alternatifs non homologués depuis l'étranger. Il fonde bientôt le Dallas Buyers Club, un réseau clandestin permettant à d'autres malades de se procurer ces médicaments, entrant en collision frontale avec les autorités sanitaires et les grands laboratoires pharmaceutiques.
Dallas Buyers Club s'inspire de l'histoire vraie de Ron Woodroof, fondateur du Dallas Buyers Club, l'un des premiers réseaux clandestins ayant permis à des malades séropositifs américains de se procurer des traitements antirétroviraux non homologués par les autorités sanitaires du pays. Le scénariste Craig Borten a rencontré le véritable Ron Woodroof en 1992, quelques mois avant sa mort, et a enregistré de nombreuses heures d'entretiens avec lui pour nourrir l'écriture de son scénario. Le projet a connu une gestation particulièrement longue et chaotique, traversant plus de vingt années de développement avant d'aboutir : plusieurs réalisateurs, dont Dennis Hopper et Marc Forster, ainsi que plusieurs acteurs pressentis comme Brad Pitt et Ryan Gosling, se sont succédé sur le projet avant qu'il n'échoue finalement à Jean-Marc Vallée. Matthew McConaughey s'est fortement investi dans le financement du film, allant jusqu'à accepter un cachet largement inférieur à sa valeur habituelle pour permettre au tournage de se concrétiser. Jean-Marc Vallée a par ailleurs demandé à son équipe de visionner le documentaire How to Survive a Plague, consacré à la lutte du mouvement Act Up contre les pouvoirs publics américains, afin de nourrir la compréhension collective du contexte historique de l'épidémie de sida.
Dallas Buyers Club a été accueilli très favorablement par la critique dès sa sortie, saluée pour la puissance de ses deux interprétations principales ainsi que pour sa manière de traiter l'épidémie de sida sous un angle inattendu, loin des récits plus consensuels du genre. Les critiques ont particulièrement mis en avant la transformation physique et émotionnelle de Matthew McConaughey, considérée comme l'aboutissement d'une reconversion artistique amorcée quelques années plus tôt. La photographie intimiste d'Yves Bélanger et la mise en scène sobre de Jean-Marc Vallée ont également été largement remarquées, contribuant à l'authenticité du récit malgré un budget de production très limité. Certains observateurs ont toutefois pointé les libertés prises par le scénario avec la réalité biographique de Ron Woodroof, notamment sur son caractère homophobe, largement exagéré selon plusieurs proches du véritable personnage. Le public a réservé un accueil très chaleureux au film, touché par le parcours de rédemption de son personnage principal et par la dimension universelle de sa lutte contre un système médical jugé défaillant. Le film a rencontré un important succès commercial au regard de son budget extrêmement réduit, générant des recettes largement supérieures à son coût de production. Les militants de la lutte contre le sida se sont montrés plus critiques, reprochant au film certaines approximations scientifiques et une vision parfois ambiguë de l'efficacité des traitements alternatifs proposés par Woodroof. Dallas Buyers Club a remporté trois Oscars lors de la cérémonie 2014, dont celui du meilleur acteur pour Matthew McConaughey et du meilleur acteur dans un second rôle pour Jared Leto, ainsi que celui des meilleurs maquillages et coiffures malgré un budget dérisoire alloué à ce poste.
Craig Borten, scénariste du film, avait rencontré le véritable Ron Woodroof plusieurs mois avant sa mort en 1992, enregistrant de longues heures d'entretiens qui ont directement nourri l'écriture du scénario, resté en développement pendant plus de vingt ans avant de trouver son financement définitif. Matthew McConaughey et Jared Leto ont tous deux entrepris un régime alimentaire drastique pour incarner leurs personnages respectifs, perdant environ vingt-deux et vingt-cinq kilos, une transformation physique spectaculaire saluée comme l'un des éléments marquants de la production. Jared Leto, qui n'avait pas tourné depuis plusieurs années en raison de son engagement musical au sein du groupe Thirty Seconds to Mars, est resté constamment dans la peau de son personnage tout au long du tournage, y compris en dehors des heures de plateau. Le tournage s'est déroulé en seulement vingt-cinq jours, un délai extrêmement resserré compte tenu du budget très limité alloué au film, ce qui a nécessité une préparation minutieuse de la part de toute l'équipe technique et artistique.
Dallas Buyers Club explore la transformation profonde d'un homme confronté à sa propre mortalité, passant d'un rejet violent de la maladie à un engagement actif pour sa survie et celle des autres malades. Le film interroge les défaillances du système de santé américain face à l'urgence de l'épidémie de sida dans les années 1980, ainsi que la lenteur bureaucratique des autorités sanitaires face à une crise sanitaire majeure. La question des préjugés homophobes traverse également le récit, à travers l'évolution du personnage principal qui apprend à se défaire de ses propres préjugés au contact d'autres malades. Le film aborde enfin la solidarité inattendue qui peut naître entre des individus que tout semblait opposer, ainsi que la tension entre intérêts commerciaux des laboratoires pharmaceutiques et urgence humanitaire.
Le film se conclut sur la longue bataille judiciaire menée par Ron Woodroof contre la Food and Drug Administration, qui tente à plusieurs reprises de faire fermer son club et de saisir ses traitements alternatifs. Bien que Woodroof remporte une victoire symbolique au tribunal, obtenant le droit de continuer à consommer ses propres traitements pour son usage personnel, le film se termine sur un carton rappelant que l'homme a fini par mourir du sida en 1992, sept ans après le diagnostic initial qui ne lui promettait que trente jours à vivre. Cette fin souligne le paradoxe central du récit : Woodroof n'a pas vaincu la maladie, mais son combat a contribué à faire évoluer l'accès aux traitements pour de nombreux autres malades, transformant sa lutte individuelle en héritage collectif.
Le titre Dallas Buyers Club reprend directement le nom du réseau clandestin fondé par Ron Woodroof à Dallas, qui permettait à des malades séropositifs de se procurer, moyennant une cotisation mensuelle, des traitements alternatifs non homologués par les autorités sanitaires américaines. Ce nom, à la fois pragmatique et commercial, reflète l'ingéniosité du personnage principal, qui a su contourner les failles du système en créant une structure quasi légale pour distribuer ses médicaments.
Dallas Buyers Club demeure régulièrement cité comme l'un des films marquants sur l'épidémie de sida des années 1980, bien que son traitement de certains aspects biographiques de Ron Woodroof continue de susciter des débats parmi les historiens et les proches du personnage réel. Le film a également relancé la carrière de Matthew McConaughey, amorçant une période créative de sa filmographie surnommée par la presse le « McConaissance ».
Philadelphia, film pionnier dans la représentation de l'épidémie de sida à Hollywood porté par Tom Hanks, partage avec Dallas Buyers Club une même volonté de sensibiliser le grand public à cette crise sanitaire à travers un récit individuel poignant. 120 battements par minute de Robin Campillo, consacré à la lutte du collectif Act Up à Paris contre l'inertie des pouvoirs publics face au sida, offre un éclairage complémentaire sur le même combat vu sous un angle plus collectif et militant. How to Survive a Plague, documentaire sur le mouvement Act Up américain que l'équipe du film a visionné en préparation du tournage, constitue une référence directe et essentielle pour comprendre le contexte historique du récit.