Dans l'Arizona de 1873, un homme sans mémoire portant un étrange bracelet métallique au poignet atterrit dans une petite ville du Far West déchirée par les tensions entre un rancher autoritaire et les habitants. La situation bascule dans l'incompréhensible quand des vaisseaux extraterrestres attaquent la ville et enlèvent plusieurs de ses habitants. Cowboys et Indiens vont devoir oublier leurs querelles pour s'allier contre un ennemi qui les dépasse tous, les seules armes susceptibles de fonctionner contre les envahisseurs se révélant être celles que le mystérieux étranger porte au poignet. Un mashup de genres spectaculaire qui fait se rencontrer le western classique et la science-fiction avec un sérieux et une conviction qui forcent le respect.
Cowboys et envahisseurs est adapté du roman graphique de Scott Mitchell Rosenberg publié en 1997 par Platinum Studios, qui explorait l'idée audacieuse de faire se rencontrer deux genres cinématographiques en apparence incompatibles : le western classique et le film de science-fiction d'invasion extraterrestre. Jon Favreau, qui venait de démontrer sa maîtrise des films de super-héros grand public avec la franchise Iron Man, était attiré par le défi artistique de prendre ce concept délibérément absurde au sérieux et de le traiter avec toute la rigueur d'un western authentique plutôt que d'en faire une comédie parodique. La clé de l'approche de Favreau était précisément ce refus de la parodie : Cowboys et envahisseurs devait être un vrai western avec de vrais enjeux émotionnels, dans lequel les extraterrestres seraient traités avec autant de menace sérieuse que des Apaches ou des hors-la-loi dans un film de genre classique. Le casting de Daniel Craig et Harrison Ford — respectivement icône du film d'action contemporain et légende du western et de la science-fiction — était un coup génial qui ancrait le film dans deux traditions cinématographiques qu'il souhaitait marier. La production, soutenue par Spielberg et Howard, disposait des moyens nécessaires pour donner vie à cet univers hybride avec les effets visuels et les décors dignes des ambitions du projet.
Résumé des critiques professionnelles : Les critiques ont été partagés face à Cowboys et envahisseurs. Beaucoup ont salué l'efficacité du film et l'honnêteté de son traitement — son refus de la dérision — tout en trouvant que le mélange des genres ne produisait pas la magie attendue et que le résultat était inférieur à la somme de ses parties. La mise en scène de Favreau a été jugée professionnelle et l'action bien rythmée, mais l'ensemble a parfois été qualifié de trop sérieux pour exploiter pleinement le potentiel jouissif du concept.
Réception du public : Le public a accueilli le film avec une curiosité amusée, attiré par l'originalité du concept et le casting exceptionnel. Les résultats au box-office ont été satisfaisants sans atteindre les sommets espérés pour une production de cette envergure. Le film a trouvé son public le plus enthousiaste parmi les amateurs de westerns et de science-fiction qui ont apprécié le respect accordé aux deux genres.
Récompenses obtenues : Cowboys et envahisseurs a reçu quelques nominations dans des catégories techniques, notamment pour ses effets visuels et son design sonore. Il n'a pas été distingué dans les grandes cérémonies mais reste une production dont la qualité technique est incontestable.
Inspirations du réalisateur : Jon Favreau a étudié minutieusement les grands westerns classiques — notamment ceux de John Ford et de Sergio Leone — pour ancrer le film dans une tradition authentique. Il voulait que les décors, les costumes et l'atmosphère soient ceux d'un vrai western de qualité, dans lequel les éléments de science-fiction surgissent comme une intrusion dans un monde réel et crédible.
Difficultés de production : Tourner dans le désert du Nouveau-Mexique avec des conditions climatiques extrêmes — chaleur intense et tempêtes de sable fréquentes — représentait un défi considérable pour les équipes et les acteurs. L'intégration des effets visuels des vaisseaux et des créatures extraterrestres dans des décors de western poussiéreux et naturels a nécessité un travail technique minutieux pour maintenir la cohérence visuelle entre les deux mondes.
Anecdote sur une scène particulière : La première attaque des extraterrestres sur la ville de Absolution, conçue pour être aussi terrifiante et soudaine qu'une attaque de Comanches dans un western classique, a été l'une des séquences les plus complexes à réaliser, combinant acteurs en costumes d'époque, chevaux, effets pratiques et effets numériques dans une chorégraphie de chaos calculé.
Casting initialement prévu : Le rôle de Dolarhyde, le rancher autoritaire, avait d'abord été pressenti pour Robert Downey Jr., partenaire de Favreau dans la franchise Iron Man. La disponibilité d'Harrison Ford pour le rôle a cependant été perçue comme une opportunité irrésistible d'ajouter une dimension mythologique supplémentaire au film.
Cowboys et envahisseurs explore le thème classique du western — la confrontation entre la civilisation et la barbarie — en lui donnant un angle radicalement nouveau : face à une menace véritablement existentielle et incompréhensible, toutes les divisions humaines internes deviennent secondaires. Blancs, Mexicains et Apaches — qui se faisaient la guerre la veille — doivent s'unir, illustrant que l'altérité absolue de l'ennemi extraterrestre révèle la solidarité fondamentale de l'humanité. Le film aborde également la question de la mémoire et de l'identité à travers le personnage de Jake Lonergan, qui doit reconstruire qui il est sans les souvenirs qui définissent habituellement une personne. La cupidité comme motivation des extraterrestres — qui pillent les ressources minérales de la Terre — renvoie de façon transparente aux logiques coloniales que le western classique illustrait lui-même dans les rapports entre colons et Amérindiens.
La destruction du vaisseau-mère extraterrestre et la libération des humains capturés constituent la résolution spectaculaire du film, obtenue grâce à l'alliance improbable entre tous les groupes humains qui s'affrontaient au début du récit. Cette victoire collective illustre la thèse centrale du film : l'unité face à l'adversité commune transcende toutes les différences. Jake Lonergan, ayant retrouvé sa mémoire, peut enfin faire le choix conscient de l'homme qu'il veut être — un choix que l'amnésie lui avait imposé de facto depuis le début du film. La fin laisse la ville meurtrie mais debout, les survivants reconstruisant leur communauté avec une cohésion nouvelle forgée dans l'épreuve.
Cowboys et envahisseurs — Cowboys & Aliens en version originale — est un titre d'une limpidité absolue qui annonce exactement ce que le film va proposer : la rencontre entre les cowboys du Far West et les envahisseurs extraterrestres. Ce titre assumé dans son absurdité potentielle est en réalité un manifeste : il dit au spectateur "oui, c'est exactement ça, et on va le faire sérieusement". Le "et" qui relie les deux termes est fondamental — ce n'est pas "Cowboys contre envahisseurs" mais "Cowboys ET envahisseurs", comme si les deux éléments étaient naturellement compatibles dans le même univers.
Cowboys et envahisseurs est aujourd'hui considéré comme une curiosité agréable dans la filmographie de Jon Favreau, un film qui avait de grandes ambitions et qui tient globalement ses promesses de divertissement sans devenir le classique hybride qu'il aspirait peut-être à créer. Favreau a depuis poursuivi sa carrière dans les grandes franchises avec The Mandalorian, dont l'esthétique western appliquée à l'univers Star Wars est directement héritière des expérimentations de Cowboys et envahisseurs. Daniel Craig a depuis achevé sa carrière dans la franchise James Bond avec Mourir peut attendre (2021).
Wild Wild West de Barry Sonnenfeld (1999) explorait avant Cowboys et envahisseurs la rencontre entre le Far West et la technologie futuriste, dans un registre parodique que Favreau a précisément voulu éviter. Predator de John McTiernan (1987) partage la même idée d'extraterrestres chasseurs qui affrontent des guerriers humains dans leur propre environnement. Les films westerns de Sergio Leone constituent les références esthétiques revendiquées. Mars Attacks! de Tim Burton (1996) traite l'invasion extraterrestre avec un esprit parodique diamétralement opposé. Enfin, Horizons lointains de Ron Howard (1992) offre un western de qualité dans les mêmes décors du Far West américain.