Louis Burke, un inspecteur de police d'élite canadien aux méthodes musclées, est chargé d'infiltrer en secret la prison de haute sécurité de Harrison afin d'enquêter sur une série de meurtres mystérieux de détenus. Se faisant passer pour un dangereux criminel, il découvre un univers carcéral impitoyable régi par la violence brute et la corruption des gardiens. Burke doit utiliser ses compétences exceptionnelles en arts martiaux pour survivre aux agressions quotidiennes des gangs de prisonniers. La situation devient critique lorsque son pire ennemi, un tueur psychopathe surnommé "Le Sandman", est transféré dans la même prison et révèle sa véritable identité de flic.
Le scénario original a été écrit par David S. Goyer alors qu'il était encore un jeune étudiant en cinéma, constituant son tout premier script vendu à un grand studio hollywoodien. Le projet a été conçu spécifiquement pour capitaliser sur l'ascension fulgurante de la star des arts martiaux Jean-Claude Van Damme après le succès de Bloodsport. L'inspiration du réalisateur Deran Sarafian est venue de la volonté de mêler le thriller d'action carcéral pur aux chorégraphies impressionnantes de karaté et de kickboxing. Le cinéaste s'est inspiré de l'ambiance sombre et étouffante des films de prison classiques pour créer un climat de tension permanente où le héros est isolé de tout secours extérieur.
La critique professionnelle a accueilli le long-métrage avec des avis mitigés à sa sortie, pointant du doigt la simplicité évidente du scénario et les clichés inhérents au cinéma d'action des années quatre-vingt-dix. Cependant, les journalistes ont salué l'efficacité redoutable des combats à mains nues et le charisme physique de Van Damme, estimant que le film remplissait son contrat de divertissement viril. L'œuvre est devenue une référence solide pour les amateurs de baston carcérale. Le grand public adepte de films d'action musclés a réservé un accueil triomphal au film, qui a réalisé d'excellentes performances au box-office américain et international dès sa sortie en 1990. Le film a permis d'asseoir la réputation de Van Damme comme une valeur sûre du cinéma d'action mondial. Les spectateurs ont été particulièrement marqués par la violence graphique et l'intensité du duel final. Bien que ce genre de film d'action brutal soit systématiquement ignoré par les grandes cérémonies de prix artistiques académiques, il a acquis au fil des ans un statut de film culte rétro parmi les fans de la filmographie de l'acteur belge.
Deran Sarafian s'est inspiré des techniques du cinéma de genre asiatique pour filmer les combats, utilisant des ralentis stylisés et des angles de caméra au ras du sol pour accentuer la puissance des coups de pied de sa star. Il voulait que la violence des impacts soit ressentie physiquement par le spectateur. La production s'est déroulée dans les couloirs froids d'un véritable établissement pénitentiaire désaffecté au Canada, ce qui a permis d'apporter un réalisme crasseux et une atmosphère d'oppression authentique aux images. Les conditions de tournage étaient éprouvantes pour les cascadeurs en raison de la dureté du béton des cellules. La scène mythique du combat final dans la chaufferie de la prison, au milieu des flammes et des tuyaux de vapeur brûlants, a nécessité des jours de répétitions minutieuses pour éviter les accidents réels. Van Damme a exécuté l'essentiel de ses acrobaties lui-même, poussant son partenaire d'action à son maximum physique. Pour le rôle du "Sandman", l'acteur Patrick Kilpatrick a été choisi en raison de sa haute stature et de son regard psychopathe intense, créant un contraste physique menaçant et mémorable face au héros.
Le long-métrage explore les thématiques classiques de la survie en milieu carcéral corrompu, de la justice expéditive face à l'impuissance des institutions et de la vengeance personnelle. Il aborde la thématique de la manipulation médicale expérimentale secrète sur les prisonniers et de l'intégrité d'un policier isolé face à la trahison de sa propre hiérarchie.
La fin explosive et brute montre Burke terrassant définitivement le terrifiant Sandman lors du duel dans la chaufferie en le précipitant à l'intérieur d'un four en briques en feu. La mutinerie de la prison est matée et la preuve du réseau de corruption est apportée grâce à l'aide d'une jeune avocate. Le film se clôt sur Burke marchant libre hors des portes de la prison, blessé mais victorieux, ayant accompli sa mission de nettoyage moral.
Le titre français, "Coups pour coups", traduit parfaitement l'esprit d'affrontement physique direct, de loi du talion et de violence ininterrompue qui régit l'intrigue carcérale du film. Le titre original, "Death Warrant" (Arrêt de mort), fait référence à la situation désespérée du héros dont la couverture est compromise, le transformant en une cible vivante condamnée à mort par l'ensemble des détenus de la prison.
Le film reste une œuvre incontournable des soirées thématiques dédiées au cinéma d'action des années quatre-vingt-glorieuses et fait l'objet de rééditions régulières en Blu-ray de collection pour les amateurs de combats rétro. Les répliques sombres du Sandman continuent d'être citées par les passionnés du genre sur les réseaux sociaux.