Emprisonné pour trafic d'héroïne, le mafieux vieillissant Joseph Valachi croit que son patron, le parrain Vito Genovese, a ordonné son exécution depuis la même prison. Persuadé d'être menacé, il tue par erreur un codétenu innocent qu'il pensait être son assassin. Averti par des agents fédéraux de son erreur fatale, Valachi bascule et devient le tout premier informateur de l'histoire à révéler publiquement l'existence de la Cosa Nostra. À travers ses confessions, le film retrace trente années de sa vie mouvementée au sein de la pègre italo-américaine, depuis ses débuts jusqu'à sa trahison ultime.
Cosa Nostra est adapté du livre The Valachi Papers, publié en 1968 par le journaliste Peter Maas à partir des confessions authentiques de Joseph Valachi, premier membre de la mafia italo-américaine à avoir publiquement reconnu l'existence de la Cosa Nostra. Sorti quelques semaines seulement après Le Parrain de Francis Ford Coppola, le film s'inscrit dans le même contexte de popularité soudaine du genre mafieux au cinéma, sans toutefois atteindre la même reconnaissance critique. Le producteur Dino de Laurentiis a dû convaincre Charles Bronson d'accepter le rôle-titre, l'acteur ayant d'abord refusé à deux reprises, s'estimant trop âgé pour incarner Valachi de l'adolescence jusqu'à la soixantaine. Terence Young, réalisateur britannique déjà connu pour plusieurs films de la saga James Bond, signait ici sa troisième et dernière collaboration avec Charles Bronson après Cold Sweat et Soleil rouge. Le tournage s'est déroulé à New York ainsi que dans les studios romains de Dino de Laurentiis, à partir du 20 mars 1972.
La critique a inévitablement comparé le film à l'incontournable Parrain de Coppola sorti la même année, une comparaison qui a considérablement desservi Cosa Nostra malgré ses qualités propres. Plusieurs observateurs ont salué le duo formé par Charles Bronson et Lino Ventura, tous deux jugés convaincants malgré la difficulté physique de Bronson à incarner un personnage vieillissant. La mise en scène sobre et le ton quasi documentaire de Terence Young ont également été appréciés, même si certains critiques ont regretté un rythme jugé trop lent pour un récit s'étendant sur trois décennies.
Le public français a réservé un accueil très favorable à ce film, qui a rassemblé près de deux millions de spectateurs dans les salles obscures, devenant l'un des plus grands succès de la carrière de Charles Bronson. Le duo inédit formé par Bronson et Lino Ventura a particulièrement séduit le public européen, habitué à retrouver ces deux acteurs dans des rôles de durs au cœur tendre. Le film a également connu un important succès aux États-Unis, confirmant l'appétit du public pour le genre mafieux en plein essor.
Cosa Nostra n'a pas obtenu de récompense institutionnelle majeure, éclipsé par le triomphe critique et populaire du Parrain sorti la même année, mais son succès commercial international a néanmoins consolidé la réputation de Charles Bronson comme star bankable du cinéma d'action et de gangsters.
Terence Young s'est appuyé sur le livre de Peter Maas, lui-même fondé sur les confessions authentiques de Joseph Valachi, pour retracer avec un souci de réalisme documentaire l'histoire de la mafia italo-américaine avant l'ère Coppola.
Charles Bronson a d'abord refusé le rôle à deux reprises, s'estimant trop âgé pour incarner un personnage dont l'histoire s'étend de l'adolescence à la soixantaine, avant d'accepter contre un contrat de trois films garantissant un million de dollars par film.
Le tournage a été marqué par plusieurs anachronismes visuels involontaires, notamment l'apparition du World Trade Center, inauguré en 1972, en arrière-plan d'une poursuite automobile censée se dérouler dans les années 1920.
Cosa Nostra explore la trahison et la rupture de l'omerta, à travers le parcours de Joseph Valachi devenant malgré lui le premier informateur de l'histoire de la mafia. Le film interroge également la fidélité et la loyauté au sein d'une organisation criminelle fondée sur des codes d'honneur stricts et impitoyables. L'ascension à travers les échelons de la pègre italo-américaine, de simple homme de main à figure respectée, structure une large partie du récit biographique. Le film aborde aussi la paranoïa et la méfiance permanente qui règnent au sein des organisations mafieuses, où la moindre suspicion peut se solder par la mort. Enfin, l'œuvre questionne la naissance de la lutte institutionnelle contre le crime organisé, à travers la collaboration entre Valachi et les autorités fédérales.
Convaincu à tort que son patron Vito Genovese a ordonné son exécution en prison, Joseph Valachi tue un codétenu innocent, un acte qui scelle définitivement son destin de traître aux yeux de la mafia. Comprenant qu'il ne pourra plus jamais être en sécurité au sein de l'organisation, il choisit de collaborer avec les autorités fédérales et devient le tout premier témoin à révéler publiquement l'existence et le fonctionnement de la Cosa Nostra. Le film se termine sur cette trahison historique, qui portera un coup sans précédent au mythe du silence absolu régnant sur le crime organisé italo-américain. Cette conclusion souligne la solitude définitive d'un homme désormais marqué à vie, condamné à vivre sous protection fédérale pour le restant de ses jours.
Le titre Cosa Nostra reprend l'expression italienne signifiant littéralement "notre chose", terme employé par les membres de la mafia italo-américaine pour désigner leur organisation criminelle de manière codée. Ce choix de titre souligne la dimension secrète et fraternelle de l'organisation dont le film retrace précisément la première révélation publique. Le titre alternatif américain, The Valachi Papers, met quant à lui l'accent sur le témoignage documentaire de Joseph Valachi, source directe du récit adapté à l'écran.
Les amateurs de films consacrés à la mafia italo-américaine apprécieront évidemment Le Parrain de Francis Ford Coppola, sorti la même année et devenu la référence absolue du genre. Les Affranchis de Martin Scorsese offre une autre plongée marquante dans l'univers du crime organisé italo-américain. Il était une fois en Amérique de Sergio Leone partage cette fascination pour l'épopée criminelle sur plusieurs décennies. Lucky Luciano de Francesco Rosi, sorti l'année suivante, explore un autre grand parrain de la mafia américaine à travers un prisme davantage politique.