Pour échapper à un tueur à gages implacable lancé à ses trousses, un escroc en fuite se fait volontairement arrêter et enfermer dans un petit commissariat de l'Arizona, pensant y trouver refuge. Mais le tueur, déterminé à terminer sa mission, se fait à son tour arrêter pour infiltrer le poste de police de l'intérieur. Une jeune policière se retrouve alors prise entre ces deux hommes dangereux, dans un huis clos qui vire rapidement au chaos. La nuit tourne à l'affrontement armé au sein même du commissariat, personne n'étant à l'abri des trahisons.
Joe Carnahan, habitué des films de genre nerveux et viscéraux comme "Le Convoi de la peur" ou "Smokin' Aces", a voulu revenir à une forme de thriller resserré et efficace après plusieurs projets plus ambitieux restés inaboutis à Hollywood. L'idée originale est née de l'envie de transposer la mécanique classique du huis clos en milieu carcéral dans un cadre inattendu, celui d'un commissariat de petite ville où les rôles de chasseur et de proie s'inversent sans cesse. Carnahan a coécrit le scénario avec Kurt McLeod en s'inspirant des thrillers policiers resserrés des années 1970 et 1980, où l'unité de lieu devient un moteur de tension permanente. Le choix d'un décor unique et confiné répondait également à une volonté de production plus légère et rapide, permettant à Carnahan de retrouver une liberté artistique loin des studios traditionnels.
La critique a globalement salué l'efficacité redoutable du film, saluant le sens du rythme de Joe Carnahan et sa capacité à maintenir la tension sur la durée malgré un décor unique. Plusieurs observateurs ont particulièrement mis en avant la performance de Gerard Butler dans un registre plus trouble qu'à l'accoutumée, ainsi que la révélation Alexis Louder dans le rôle central de la policière.
Le public amateur de thrillers d'action a réservé un accueil enthousiaste au film, appréciant son rythme soutenu et ses scènes de fusillade particulièrement nerveuses. Le film a néanmoins souffert d'une sortie limitée en salles, sa diffusion ayant été freinée par le contexte encore incertain de l'exploitation cinématographique post-pandémie.
Le film n'a pas été distingué lors des grandes cérémonies de récompenses, restant un succès plus confidentiel destiné avant tout aux amateurs du genre plutôt qu'une œuvre saluée par les institutions du cinéma.
Joe Carnahan s'est inspiré des thrillers policiers resserrés de sa jeunesse, où l'unité de lieu et de temps devient elle-même un personnage à part entière du récit, pour construire la mécanique narrative du film.
Le tournage s'est déroulé dans un délai particulièrement resserré, contraint par un budget modeste qui a poussé l'équipe à privilégier un unique décor de commissariat construit en studio, limitant ainsi les déplacements et accélérant la production.
Une scène de fusillade prolongée à l'intérieur même du commissariat a nécessité une chorégraphie précise entre les trois acteurs principaux, Carnahan ayant voulu filmer l'essentiel de la séquence en plans larges pour préserver la lisibilité de l'action.
Gerard Butler et Frank Grillo ont travaillé ensemble en amont du tournage pour affiner la dynamique de rivalité trouble entre leurs deux personnages, cherchant à instaurer une ambiguïté morale constante entre eux.
Le film explore la porosité entre loi et criminalité, brouillant volontairement les frontières entre les personnages censés incarner l'ordre et ceux qui le transgressent. Il met également en scène la solitude et le courage d'une jeune policière confrontée à une situation qui dépasse largement son expérience professionnelle. La confiance et la trahison traversent l'ensemble du récit, aucun personnage ne pouvant véritablement être considéré comme fiable jusqu'au bout. Le film questionne enfin la notion de survie instinctive, chaque protagoniste étant prêt à tout pour échapper à son propre destin funeste.
Après une nuit de violence et de trahisons successives à l'intérieur du commissariat, la jeune policière parvient à survivre à la confrontation entre les deux hommes dangereux, faisant preuve d'un sang-froid et d'une ingéniosité inattendus. Le tueur à gages et l'escroc, bien que rivaux, finissent par se neutraliser mutuellement dans un dernier affrontement brutal, laissant la policière seule survivante de ce chaos nocturne. Cette conclusion souligne la vanité des logiques criminelles qui animaient les deux hommes depuis le début du film, aucun d'eux ne parvenant finalement à ses fins. Le film se termine sur une note ambiguë quant aux conséquences professionnelles et psychologiques de cette nuit pour la policière, désormais confrontée à la violence du monde qu'elle croyait maîtriser.
Le titre "Copshop", littéralement "le magasin des flics", désigne familièrement en argot américain un commissariat de police, un terme volontairement trivial qui annonce le cadre resserré et sans prétention du film, transformé pourtant en véritable arène de tous les dangers.
Le film a permis de confirmer la révélation Alexis Louder auprès du grand public, l'actrice ayant depuis multiplié les propositions dans des productions d'action et de genre.
Assaut sur le central 13 (1976), Smokin' Aces (2006), Den of Thieves (2018), Free Fire (2016)