Rebecca Bloomwood est une jeune femme pétillante habitant New York, dont la passion absolue pour la mode s'est transformée en une dépendance financière incontrôlable. Endettée jusqu'au cou auprès d'une multitude de banques, elle rêve d'intégrer un prestigieux magazine de haute couture pour assouvir ses désirs vestimentaires. Par un coup du sort ironique, elle décroche un poste de journaliste financière au sein d'une publication sœur, où elle doit conseiller les lecteurs sur la gestion de leur argent. Son ton frais et accessible fait d'elle une star montante, mais elle doit déployer des trésors d'ingéniosité pour cacher sa propre banqueroute à son séduisant rédacteur en chef.
L'origine de cette comédie romantique acidulée provient de l'adaptation cinématographique des deux premiers romans de la saga littéraire à succès de l'autrice britannique Sophie Kinsella. Le producteur Jerry Bruckheimer, habituellement habitué aux films d'action explosifs, a décelé un immense potentiel dans cette satire sociale légère et branchée. Le réalisateur P.J. Hogan a eu l'inspiration de transposer l'intrigue originale de Londres à New York afin d'exploiter l'effervescence de la capitale mondiale du shopping. L'écriture du scénario s'est construite autour de la crise économique des subprimes de l'époque, offrant un écho contemporain et pertinent à la folie dépensière de l'héroïne. L'équipe créative a souhaité concevoir une fable moderne sur la société de consommation qui s'inspire visuellement de l'univers coloré et sophistiqué du film Le Diable s'habille en Prada. Le projet a nécessité de longs mois de préparation stylistique pour faire de la garde-robe un élément narratif central de l'histoire.
La critique professionnelle s'est montrée globalement partagée, louant l'énergie comique débordante d'Isla Fisher mais déplorant la légèreté excessive du traitement de la dépendance financière. Les magazines de mode ont encensé les choix vestimentaires audacieux de la costumière Patricia Field, affirmant que le film était un régal visuel. Plusieurs journalistes ont toutefois regretté que la satire de la société de consommation s'efface un peu trop vite derrière les codes prévisibles de la comédie romantique hollywoodienne. L'abattage comique de la distribution a néanmoins été unanimement salué.
Le public, en particulier la cible des jeunes femmes et des amateurs de comédies légères, a réservé un accueil très chaleureux au long-métrage en salles. Le film a réalisé de belles performances financières au box-office mondial, porté par une bande-annonce dynamique et une bande originale très pop. Les spectateurs se sont facilement identifiés aux déboires financiers et sentimentaux de l'héroïne, trouvant le message final sur les vraies valeurs touchant et rassurant. Le film est rapidement devenu une référence réconfortante à regarder entre amis.
Bien que boudé par les cérémonies académiques sérieuses, le long-métrage a obtenu plusieurs nominations populaires, notamment aux Teen Choice Awards dans les catégories de la meilleure comédie romantique et de la meilleure actrice. La performance dynamique d'Isla Fisher a été largement célébrée par le public adolescent. Ces distinctions ont confirmé le statut de divertissement populaire efficace de l'œuvre.
Le réalisateur s'est grandement inspiré des comédies loufoques d'Hollywood des années 1930 pour régler le timing comique et les expressions corporelles exagérées de son actrice principale. Il souhaitait que la ville de New York ressemble à un immense catalogue de mode scintillant et irrésistible.
La principale difficulté de production a été d'obtenir les autorisations de tournage dans les grandes boutiques de luxe de la Cinquième Avenue sans perturber leur clientèle richissime. L'équipe a dû tourner exclusivement au milieu de la nuit, de minuit à six heures du matin, transformant les magasins célèbres en plateaux de cinéma éphémères.
Une anecdote amusante concerne la scène de la vente aux enchères de la fameuse écharpe verte, où les figurants se sont tellement pris au jeu de la surenchère que le réalisateur a dû couper plusieurs fois pour calmer l'hystérie collective. Isla Fisher a dû improviser de nombreuses répliques physiques pour se frayer un chemin dans la foule.
Pour le choix esthétique des vêtements, la costumière légendaire de Sex and the City a sourcé plus de deux mille pièces de haute couture auprès des plus grands créateurs parisiens et milanais. Certaines robes étaient si fragiles qu'elles nécessitaient la présence constante d'assistants sur le plateau pour éviter la moindre déchirure pendant les scènes de gags physiques.
Le film aborde de manière satirique la thématique de la dépendance aux achats compulsifs et le déni psychologique lié au surendettement moderne. Il explore le pouvoir des apparences et du statut social véhiculés par les marques de luxe au détriment des relations humaines authentiques. Enfin, l'intrigue met en avant l'importance de l'honnêteté envers soi-même, de l'amitié solide et de la rédemption personnelle à travers le travail.
Le dénouement montre Rebecca touchant le fond lorsque ses mensonges financiers éclatent publiquement en plein direct télévisé, détruisant sa réputation et sa romance naissante. Pour payer l'intégralité de ses dettes, elle prend la décision courageuse de vendre aux enchères toutes ses pièces de créateurs, y compris sa précieuse écharpe verte. Ce geste de détachement matériel lui permet de reconquérir l'estime de ses proches et le cœur de Luke, qui lui a secrètement racheté son écharpe fétiche. La scène finale la montre marchant dans la rue, ignorant superbement les vitrines de mode qui l'obsédaient autrefois, symbolisant sa guérison spirituelle et sa liberté retrouvée.
Le titre explicite avec humour et dérision le sujet central du récit en détournant le terme psychologique d'accro pour l'appliquer à l'acte banal du shopping. Il met en lumière le caractère compulsif et inconsolable d'une activité souvent considérée comme un simple loisir, mais devenue ici une véritable pathologie sociale. C'est une promesse éditoriale claire d'explorer les coulisses drôles et touchantes d'une obsession ultra-contemporaine.
Le film reste un classique indéboulonnable des après-midis télévisés et des listes de lecture de comédies romantiques réconfortantes sur les plateformes de streaming. Il est régulièrement cité par les blogueuses de mode pour son impact esthétique et sa garde-robe iconique de la fin des années 2000.
Le Diable s'habille en Prada, Sex and the City, Clueless, Legally Blonde