Vincent est un jeune homme de vingt-quatre ans, tatoué et charismatique, qui exprime sa colère existentielle en tant que chanteur dans un groupe de musique post-hardcore. Sa vie se complique sérieusement en raison de ses relations conflictuelles avec son père, un homme rigide et distant qui vient de refaire sa vie avec une jeune femme plus jeune. Lorsque Vincent fait la rencontre de cette nouvelle belle-mère provocatrice, une tension ambiguë et électrique s'installe entre eux au sein de la maison familiale. Ce drame psychologique intense explore les rivalités oedipiennes contemporaines.
Ce premier long-métrage coup de poing est né du désir du réalisateur Morgan Simon d'explorer la jeunesse alternative française sous un angle intimiste et viscéral. L'idée originelle a surgi en observant l'esthétique visuelle et la charge émotionnelle de la scène musicale rock métal underground, souvent méprisée par le cinéma traditionnel. Le cinéaste a puisé son inspiration dans des conflits familiaux universels pour tisser une tragédie moderne sur la filiation et l'incompréhension entre générations. La production a été menée de manière indépendante pour préserver l'énergie brute du script. Le scénario a été méticuleusement écrit pour capter le langage corporel et les silences lourds de sens de cette jeunesse révoltée.
La presse professionnelle française internationale a réservé un accueil extrêmement élogieux et prometteur à ce premier film lors de sa présentation dans les festivals. Les critiques ont encensé l'interprétation fiévreuse de Kévin Azaïs et la mise en scène nerveuse, comparant le réalisateur aux grands noms du cinéma d'auteur réaliste. De nombreux journalistes ont loué l'authenticité de l'univers musical dépeint sans aucun cliché condescendant. Du côté des spectateurs, les cinéphiles ont été captivés par l'intensité électrique du triangle amoureux et familial. Le film a connu un très beau parcours en festival, récoltant une mention spéciale du jury au prestigieux Festival de San Sebastián.
Le metteur en scène s'est fortement inspiré du style visuel épuré et caméra au poing du cinéma des frères Dardenne pour filmer ses personnages au plus près de leur peau. Le tournage s'est déroulé en banlieue parisienne, exploitant des appartements exigus pour renforcer la sensation d'étouffement psychologique. Une anecdote de tournage rapporte que Kévin Azaïs a dû s'entraîner de manière intensive avec un véritable coach de chant métal pour assurer lui-même les performances vocales impressionnantes sur scène. Les scènes de concerts ont été filmées au milieu d'un vrai public de fans pour capter l'énergie brute de la fosse. Concernant le casting, le duo masculin a partagé une immersion préparatoire pour bâtir leur froide rivalité.
Le film explore en profondeur la rivalité père-fils, le complexe d'Œdipe revisité et la musique extrême comme exutoire thérapeutique de la colère. Il aborde également le tatouage comme langage corporel identitaire, la solitude urbaine et la difficulté de communication au sein de la famille.
La fin du film est marquée par une confrontation muette d'une violence psychologique extrême où les masques tombent enfin entre le père et le fils. Vincent prend conscience de l'impasse destructrice de sa colère et décide de faire un pas vers l'indépendance en quittant définitivement le domicile paternel pour tracer sa propre route. La scène finale le montre sur scène, évacuant ses dernières blessures dans un ultime cri libérateur.
Le titre résonne comme un ordre ou un constat amer sur les traumatismes psychologiques et physiques accumulés par le héros au cours de sa quête d'amour paternel.
Le long-métrage est régulièrement cité comme l'un des premiers films français les plus percutants de sa décennie et continue d'être programmé dans les cycles d'études cinématographiques contemporains.
On peut rapprocher ce drame familial tendu d'autres œuvres viscérales sur la jeunesse révoltée comme « Mommy » de Xavier Dolan ou « Les Combattants ».