Au Chili, peu après le coup d'État militaire de 1973, Lena part à la recherche de son compagnon Daniel, photographe militant arrêté par les nouvelles autorités et détenu dans un lieu tenu secret. Sa quête la conduit jusqu'à la Colonia Dignidad, colonie isolée dirigée par un gourou allemand qui y fait régner un régime de terreur et de manipulation sur ses membres. Découvrant que Daniel y est retenu prisonnier, Lena décide de s'y faire volontairement enfermer pour tenter de le libérer de l'intérieur. Ensemble, ils devront élaborer un plan d'évasion périlleux pour échapper à cette secte aux ramifications terrifiantes avec la dictature naissante.
Le film s'inspire de l'histoire réelle de la Colonia Dignidad, secte allemande fondée au Chili dans les années 1960 et impliquée dans de nombreux actes de torture et de collaboration avec la dictature du général Pinochet après le coup d'État de 1973. Florian Gallenberger, réalisateur allemand déjà reconnu pour son travail sur des sujets historiques sensibles, choisit de porter cette histoire méconnue à l'écran, fasciné par l'ampleur des atrocités commises au sein de cette colonie sous couvert de dévotion religieuse. L'idée originelle du récit consiste à romancer une histoire d'amour et d'évasion au sein de ce cadre historique réel et particulièrement sombre, afin de rendre accessible au grand public un pan méconnu de l'histoire du Chili sous Pinochet. Emma Watson, alors en quête de rôles plus dramatiques après la saga Harry Potter, est choisie pour incarner Lena, personnage confronté à l'horreur de cette secte. Le tournage se déroule en Argentine, décor de substitution permettant de recréer l'atmosphère du Chili des années 1970.
Le film reçoit un accueil critique mitigé, plusieurs observateurs saluant la performance d'Emma Watson et l'ambition du sujet traité, tout en jugeant le traitement dramatique parfois trop conventionnel au regard de l'horreur réelle des événements représentés. Certains critiques regrettent que le film privilégie la dimension romanesque de l'évasion au détriment d'une exploration plus approfondie des mécanismes de manipulation sectaire à l'œuvre au sein de la colonie. La reconstitution historique et l'atmosphère oppressante de la colonie sont en revanche largement saluées par la presse. Le public réserve un accueil correct au film, découvrant pour beaucoup l'existence méconnue de la Colonia Dignidad et de ses exactions sous couvert religieux. Le film contribue à sensibiliser un large public occidental à ce chapitre sombre de l'histoire chilienne, encore peu documenté au moment de sa sortie. Le succès commercial reste modeste, le sujet difficile du film limitant son attrait auprès d'un public plus large. Le film n'a pas obtenu de récompense cinématographique majeure lors de sa sortie, restant principalement valorisé pour sa contribution à faire connaître un fait historique réel largement méconnu du grand public international.
Le tournage s'est déroulé en Argentine, pays offrant des décors naturels similaires à ceux du Chili des années 1970, permettant de recréer avec authenticité l'atmosphère rurale et isolée de la véritable Colonia Dignidad. Florian Gallenberger s'est appuyé sur des recherches historiques approfondies concernant les exactions réellement commises au sein de cette secte, notamment sa collaboration avérée avec les services de renseignement de la dictature de Pinochet. Emma Watson a dû composer avec la difficulté émotionnelle de jouer un personnage confronté à des scènes de manipulation psychologique et de violence particulièrement éprouvantes, inspirées de témoignages réels d'anciens membres de la colonie.
Le film explore les mécanismes de manipulation psychologique et de contrôle sectaire, à travers la description du fonctionnement terrifiant de la Colonia Dignidad et de l'emprise exercée par son dirigeant sur ses membres. Il aborde également la collaboration entre organisations religieuses extrémistes et régimes politiques autoritaires, la colonie ayant réellement servi de centre de torture pour la dictature chilienne. L'amour et le courage individuel face à un système d'oppression totale constituent également un axe central du récit, incarné par la détermination du personnage principal à sauver l'homme qu'elle aime.
Lena et Daniel parviennent finalement à s'échapper de la Colonia Dignidad grâce à un plan d'évasion risqué, profitant d'une occasion de quitter l'enceinte fermée de la colonie pour rejoindre l'ambassade allemande et échapper ainsi à l'emprise du gourou qui dirigeait la secte. Cette évasion réussie, bien que romancée pour les besoins du récit, s'appuie sur des éléments réels de témoignages d'anciens membres ayant véritablement fui la colonie au fil des décennies. Le film se conclut sur des informations rappelant que la véritable Colonia Dignidad n'a été dissoute que des décennies plus tard, ses exactions n'ayant été pleinement reconnues judiciairement qu'après la chute de la dictature chilienne.
Le titre Colonia reprend directement le nom de la Colonia Dignidad, véritable secte allemande implantée au Chili qui sert de cadre historique au récit, ce nom signifiant ironiquement « colonie de la dignité » alors que l'organisation était en réalité fondée sur la terreur et l'oppression de ses membres.
La Colonia Dignidad continue de faire l'objet d'enquêtes et de procédures judiciaires au Chili et en Allemagne, plusieurs décennies après sa dissolution officielle, entretenant un intérêt journalistique et historique constant pour ce sujet. Le film reste une référence régulièrement citée pour sensibiliser le grand public à ce chapitre sombre et longtemps méconnu de l'histoire chilienne contemporaine.
Les amateurs du film pourront apprécier No de Pablo Larraín pour un autre grand film consacré à la dictature chilienne, Argo pour une autre évasion politique inspirée de faits réels, ou encore Missing pour une autre exploration cinématographique de la répression sous Pinochet.