Josie Geller, une brillante journaliste de vingt-cinq ans pour le Chicago Sun-Times, souffre d'un manque cruel de confiance en elle à cause de son passé d'adolescente disgracieuse et rejetée. Pour faire décoller sa carrière, son rédacteur en chef lui confie une mission d'infiltration audacieuse : se faire passer pour une lycéenne de dix-sept ans afin d'étudier la jeunesse d'aujourd'hui de l'intérieur. De retour dans les couloirs du lycée, Josie est immédiatement confrontée aux mêmes traumatismes d'exclusion sociale qu'autrefois. Elle va devoir apprendre à naviguer entre les clans populaires pour réussir son reportage tout en gérant son attirance interdite pour son professeur de littérature.
L'idée originale est née de l'imagination des scénaristes Abby Kohn et Marc Silverstein, désireux d'explorer la persistance des traumatismes psychologiques de l'adolescence à l'âge adulte. Drew Barrymore a été immédiatement séduite par le script, choisissant d'en faire le tout premier projet produit par sa propre compagnie, Flower Films, afin de contrôler totalement l'image de cette héroïne maladroite. L'inspiration du réalisateur Raja Gosnell est venue de la volonté de signer une comédie romantique lycéenne qui soit à la fois drôle, bienveillante et émouvante. Il s'est inspiré des codes des grands films d'adolescents des années quatre-vingt pour dressez ce portrait de reconquête de l'estime de soi.
La critique professionnelle a accueilli le long-métrage avec une gentillesse amusée, saluant la performance comique rafraîchissante et le capital sympathie immense de Drew Barrymore. Les journalistes ont loué l'efficacité des quiproquos narratifs et la tendresse du message de tolérance, tout en pointant du doigt quelques grosses ficelles scénaristiques typiques du genre teen-movie. L'œuvre s'est imposée comme une référence agréable du divertissement de la fin des années quatre-vingt-dix. Le grand public, en particulier les adolescentes et les jeunes femmes, a réservé un accueil extrêmement chaleureux au film, s'identifiant massivement aux déboires sentimentaux et aux moments de gêne absolue vécus par l'héroïne. Le film a connu un excellent succès commercial au box-office mondial, rentabilisant largement son budget de production. Les scènes de relooking et de bal de promo sont devenues cultes. Bien que boudé par les grands festivals académiques, le film a reçu de nombreuses nominations populaires aux MTV Movie Awards et aux Teen Choice Awards en 2000, récompensant notamment Drew Barrymore pour son interprétation emblématique.
Raja Gosnell s'est inspiré des palettes de couleurs vives et contrastées de la mode adolescente de la fin des années quatre-vingt-dix pour concevoir l'identité visuelle des différents clans du lycée. Il voulait que le contraste soit maximal entre la vie professionnelle grise de Josie et l'univers coloré des lycéens. La production s'est déroulée dans une ambiance festive et bienveillante à Chicago, Drew Barrymore s'impliquant énormément sur le plateau en tant que productrice pour encourager les jeunes acteurs figurants. La logistique a nécessité la privatisation de véritables établissements scolaires durant les vacances scolaires. La célèbre scène d'ouverture de l'infiltration, où Josie arrive au lycée vêtue d'un ensemble blanc en fausse fourrure totalement décalé et ridicule, a été entièrement imaginée par Drew Barrymore elle-même pour accentuer la maladresse de son personnage. Cette séquence a nécessité plusieurs prises en raison des fous rires de l'équipe. Pour le rôle du professeur de littérature charismatique, Michael Vartan a été choisi pour son charme discret et sa capacité à jouer la retenue morale face à une situation amoureuse qu'il croit initialement interdite par la loi.
Le long-métrage explore la persistance des complexes de l'enfance, la cruauté des hiérarchies sociales adolescentes et la quête d'acceptation de soi. Il aborde la thématique éthique du mensonge par infiltration professionnelle, la rédemption des anciens exclus scolaires et la possibilité de vivre enfin son premier véritable baiser d'amour à l'âge adulte.
La fin mémorable et romantique se déroule au milieu du terrain de baseball du lycée, où Josie a publié son article de vérité et a donné rendez-vous à son professeur pour lui avouer son âge réel et ses sentiments. Devant une foule de lycéens et de collègues en haleine, Sam arrive au dernier moment sur le terrain. Le film se clôt sur leur embrassade passionnée, offrant à Josie le premier baiser parfait dont elle avait rêvé toute sa vie.
Le titre français, "College Attitude", surfe de manière un peu trompeuse sur l'argot des années quatre-vingt-dix pour désigner l'univers des jeunes, bien que l'action se passe dans un lycée ("High School"). Le titre original, "Never Been Kissed", met l'accent sur le secret intime et la blessure affective de l'héroïne, résumant à lui seul le retard émotionnel qu'elle doit surmonter pour s'accomplir en tant que femme.
Le long-métrage reste une référence incontournable des soirées pyjamas cinématographiques et des catalogues de streaming pour les amateurs de comédies romantiques rétro. Drew Barrymore y fait régulièrement référence avec nostalgie dans son propre talk-show télévisé américain à succès.