Au Mexique, le jeune Miguel rêve de devenir un musicien accompli comme son idole Ernesto de la Cruz, malgré l'interdiction stricte de la musique imposée par sa famille depuis des générations. Bien décidé à prouver son talent lors du Jour des Morts, il se retrouve propulsé par magie dans le flamboyant et coloré Monde des Ancêtres à la suite d'un étrange quiproquo. Il y fait la rencontre d'Héctor, un squelette farceur et un peu roublard qui accepte de l'aider à retrouver son arrière-arrière-grand-père pour obtenir sa bénédiction. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire afin de lever le voile sur le mystère des origines de Miguel.
Le réalisateur Lee Unkrich a eu l'idée originelle du film dès 2010, fasciné par l'esthétique visuelle et la profondeur philosophique de la tradition mexicaine du Jour des Morts (Día de los Muertos). Pour concevoir cette œuvre sans tomber dans l'appropriation culturelle, les équipes des studios Pixar ont mené de nombreux voyages de recherche au Mexique pendant plusieurs années pour s'imprégner de l'ambiance des foyers. Ils se sont inspirés de la ferveur des familles d'Oaxaca et de Janitzio pour façonner le récit. Ce projet représentait un défi de taille car il s'agissait de traiter de la mort et du deuil dans un long-métrage d'animation destiné aux enfants. L'inspiration visuelle est née de la richesse de l'art populaire mexicain, notamment les alebrijes.
Résumé des critiques professionnelles : La critique mondiale a été profondément bouleversée par la splendeur visuelle et l'audace thématique de ce chef-d'œuvre de l'animation. Les journalistes ont salué la virtuosité technique du rendu du Monde des Morts, décrit comme un festival éblouissant de couleurs et de lumières. La presse a également applaudi l'intelligence du scénario qui évite le sentimentalisme tout en délivrant une charge émotionnelle d'une intensité rare sur les liens familiaux.
Réception du public : Le public de tous les âges a réservé un accueil triomphal au film, les spectateurs mexicains le plébiscitant au point d'en faire le plus gros succès de l'histoire du box-office de leur pays. Les familles ont été enchantées par les chansons entraînantes et profondément émues par la séquence finale d'une infinie tendresse. Le bouche-à-oreille d'une efficacité redoutable a transformé le film en un immense phénomène culturel mondial. Les larmes partagées dans les salles obscures ont marqué les esprits.
Récompenses obtenues : Le long-métrage a raflé une quantité impressionnante de distinctions internationales lors de la saison des prix en 2018. Il a fièrement décroché l'Oscar du meilleur film d'animation ainsi que l'Oscar de la meilleure chanson originale pour le titre Remember Me. Le film a également été honoré par un Golden Globe, un BAFTA et pas moins de onze Annie Awards, confirmant la suprématie artistique de Pixar.
Inspirations du réalisateur : Les créateurs se sont inspirés de l'architecture des cités mexicaines historiques, superposant des éléments aztèques, coloniaux et modernes pour construire le Monde des Morts vertical. Le personnage d'Ernesto de la Cruz s'inspire quant à lui des icônes de l'âge d'or du cinéma mexicain comme Pedro Infante et Jorge Negrete.
Difficultés de production : L'une des plus grandes difficultés techniques a été l'animation de la multitude de squelettes, qui devaient paraître expressifs, drôles et attachants sans être effrayants pour le jeune public. L'équipe a dû développer un nouveau logiciel pour gérer l'éclairage de millions de lampes et de bougies au milieu des pétales de soucis orange qui tapissent le monde fantastique. La gestion de la partition musicale mexicaine authentique a également demandé un travail d'orchestration colossal avec des dizaines de musiciens traditionnels locaux.
Anecdote sur une scène particulière : La scène touchante où Miguel chante Ne m'oublie pas à sa grand-mère Mamá Coco à la fin du film a demandé des mois de travail d'animation minutieux pour capturer la fragilité des expressions de la vieille dame. Les animateurs se sont inspirés des visages ridés de leurs propres grands-mères mexicaines rencontrées lors de leurs voyages de recherche. Lors des projections internes chez Pixar, cette séquence faisait pleurer systématiquement tous les employés de l'équipe technique.
Casting initialement prévu : Pour assurer une authenticité culturelle parfaite, Pixar a pris la décision historique de recruter un casting vocal exclusivement latino, une première pour une production de cette envergure. Le jeune Anthony Gonzalez a été choisi parmi des centaines d'enfants pour sa voix angélique après avoir improvisé une chanson traditionnelle mexicaine devant les directeurs de casting ébahis. Gaël García Bernal a quant à lui assuré le doublage d'Héctor à la fois dans la version originale anglaise et dans la version espagnole.
Le film aborde avec une immense poésie le devoir de mémoire, la transmission intergénérationnelle et l'importance de se souvenir de nos ancêtres pour éviter leur disparition définitive. Il explore le conflit intérieur entre l'ambition artistique personnelle et la loyauté envers les valeurs familiales. Le deuil, la rédemption et la célébration festive de la vie à travers la mort y sont traités de manière lumineuse.
La fin bouleversante voit Miguel réussir à chanter la chanson d'enfance de Mamá Coco, réveillant ainsi les souvenirs perdus de la vieille dame atteinte d'Alzheimer au sujet de son père Héctor. Grâce à ce geste, la mémoire d'Héctor est sauvée de l'oubli éternel dans le Monde des Morts, lui permettant de traverser le pont de pétales pour visiter les vivants. Un an plus tard, Mamá Coco est décédée et a rejoint ses parents dans l'au-delà, tandis que Miguel, réconcilié avec sa famille, joue librement de la guitare sous le regard bienveillant de ses ancêtres honorés sur l'ofrenda.
Le titre fait directement référence au personnage de l'arrière-grand-mère de Miguel, Mamá Coco, qui est le véritable cœur émotionnel et la clé de voûte de toute l'histoire familiale. Bien qu'elle parle très peu en raison de son grand âge, c'est autour de sa mémoire et de son amour filial que se noue le dénouement de l'intrigue. Son prénom symbolise la tendresse et la permanence des liens du sang à travers le temps.
La bande originale est une célébration festive de la musique mexicaine traditionnelle, portée par la chanson oscarisée Remember Me ("Ne m'oublie pas"), qui change de sens de manière bouleversante selon qu'elle est chantée comme un hymne pop ou comme une berceuse intime.
Le film est devenu un classique absolu diffusé chaque année dans le monde à l'occasion de la fête des morts, et ses musiques font régulièrement l'objet de concerts symphoniques officiels organisés par Disney.
La Légende de Manolo, Le Voyage de Chihiro, Soul, Kubo et l'armure magique.