En 1993, en pleine guerre de Bosnie, Marko, un jeune soldat serbe, sauve Haris, un vendeur de cigarettes musulman, des mauvais traitements infligés par trois de ses compagnons d'armes. Ce geste de courage lui coûte la vie, les soldats se retournant contre lui pour avoir défié leur autorité. Douze ans plus tard, alors que la guerre est terminée depuis longtemps, les conséquences de cet acte héroïque continuent de hanter les vies de plusieurs personnages liés de près ou de loin à ce drame. Le film tisse le destin de ces protagonistes, chacun devant affronter à sa manière le poids du passé et la possibilité d'un pardon.
Le scénario s'inspire directement de l'histoire vraie du soldat serbe Srdjan Aleksić, qui a accompli un acte héroïque en 1993 en défendant un soldat bosniaque roué de coups par ses propres camarades durant la guerre de Bosnie. Le réalisateur serbe Srdan Golubović découvre ce fait réel en 2007 et décide de le porter à l'écran, fasciné par la rareté d'une histoire positive et héroïque au sein du conflit yougoslave, généralement associé à des récits de violence et de haine. L'idée originelle du film consiste à explorer, une décennie après les faits, les répercussions durables de cet acte de bravoure sur les vies de plusieurs personnages liés directement ou indirectement au drame initial. Golubović construit son récit sous une forme chorale, entrelaçant plusieurs destins individuels marqués par ce même événement fondateur. Le tournage, mené en coproduction internationale entre plusieurs pays des Balkans et d'Europe occidentale, nécessite une reconstitution soignée de la Bosnie des années 1990 ainsi que de la même région une décennie plus tard.
Le film reçoit un accueil critique très favorable, salué pour la complexité de sa construction narrative chorale et pour sa capacité à explorer les conséquences durables de la guerre sans jamais sombrer dans le simplisme moral. Plusieurs critiques soulignent la performance de l'ensemble du casting, notamment celle des acteurs interprétant les personnages confrontés à leur propre culpabilité ou à leur soif de vengeance. Le film est également salué pour sa capacité à traiter d'un sujet aussi douloureux que la guerre des Balkans avec une nuance et une humanité rares. Le public réserve un accueil favorable au film, notamment dans les pays des Balkans où le contexte historique du récit résonne particulièrement fort auprès des spectateurs. Le film touche également un public international plus large grâce à sa présentation dans plusieurs grands festivals de cinéma européens. Circles reste aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres majeures du cinéma serbe contemporain consacrées à l'héritage de la guerre. Le film remporte plusieurs récompenses internationales, notamment le prix spécial du jury au Festival de Sundance et le prix du jury œcuménique à la Berlinale, ainsi que le prix du public au Festival du film de Sarajevo, confirmant la reconnaissance critique unanime accordée à cette œuvre.
Srdan Golubović a découvert l'histoire vraie ayant inspiré le film en 2007, plusieurs années avant le début effectif du tournage, prenant le temps nécessaire pour construire un scénario choral à la hauteur de la complexité morale de cet événement réel. Le tournage a été mené en coproduction internationale entre la Serbie, l'Allemagne, la France, la Slovénie et la Croatie, une collaboration complexe reflétant elle-même les fractures et les rapprochements progressifs entre les pays de l'ex-Yougoslavie. La reconstitution de la Bosnie des années 1990 a nécessité un travail de décors particulièrement soigné pour restituer fidèlement l'atmosphère de guerre de cette période historique.
Le film explore les conséquences durables d'un acte héroïque isolé sur les vies de plusieurs personnages, dix ans après les faits, interrogeant la capacité de la bonté à produire des effets positifs même dans un contexte de guerre extrême. Il questionne également la possibilité du pardon et de la réconciliation après un traumatisme collectif majeur, thème central de nombreuses œuvres consacrées à l'héritage des guerres yougoslaves. Le poids de la culpabilité et de la responsabilité individuelle face à la violence collective constitue également un axe important du récit choral.
Les différents personnages dont les destins ont été façonnés par l'acte de sacrifice de Marko finissent par se retrouver, chacun ayant dû affronter à sa manière le poids de cet héritage, entre culpabilité, désir de vengeance et possibilité de pardon. Le film se conclut sur une note d'espoir mesuré, suggérant que même dans les circonstances les plus sombres, un acte de courage individuel peut continuer à produire des effets positifs des années après les faits. Cette conclusion, fidèle à l'esprit du titre du film, souligne la métaphore des cercles concentriques que produit un événement marquant sur l'ensemble d'une communauté, bien au-delà de ses protagonistes directs.
Le titre Circles renvoie à la métaphore des cercles concentriques que produit un événement marquant, à la manière d'une pierre jetée dans l'eau, dont les effets continuent de se propager des années après les faits sur l'ensemble des personnages liés de près ou de loin au drame initial.
Circles reste régulièrement cité comme l'une des œuvres majeures du cinéma serbe contemporain consacrées à l'héritage de la guerre de Bosnie. Le film avait été sélectionné pour représenter la Serbie aux Oscars du cinéma 2014 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, bien qu'il n'ait finalement pas figuré dans la liste restreinte de l'Académie.
Les amateurs du film pourront apprécier No Man's Land pour une autre grande œuvre sur l'absurdité de la guerre en ex-Yougoslavie, Le Piège, précédent film de Srdan Golubović traitant également des conséquences morales de choix individuels difficiles, ou encore La Vie en fuite pour une autre exploration des traumatismes durables de la guerre des Balkans.