Arnie Cunningham, un lycéen timide et mal dans sa peau, achète une vieille voiture délabrée, une Plymouth Fury de 1958 nommée Christine. Très vite, la voiture semble prendre vie et se régénérer, mais son influence sur Arnie devient de plus en plus malsaine. Une obsession naît, menaçant de détruire tout ce qui se trouve entre lui et sa Christine.
Peu après l'échec commercial de "The Thing", John Carpenter a été approché par la productrice Dino De Laurentiis pour adapter rapidement le dernier roman de Stephen King, "Christine", qui venait tout juste d'être publié. Carpenter, fasciné par l'idée d'une voiture possédée, a vu là l'occasion de revisiter les thèmes de l'obsession et de la transformation. Il a également saisi cette opportunité pour composer une bande originale synthétique, signature de son style, qui allait devenir culte.
À sa sortie, "Christine" a reçu des critiques globalement positives. Les journalistes ont salué l'efficacité du film, la mise en scène dynamique de John Carpenter et l'atmosphère de plus en plus oppressante. La métamorphose du véhicule et les scènes de destruction ont été jugées impressionnantes pour l'époque. Certains ont toutefois trouvé le film moins profond que d'autres œuvres de Carpenter, le cantonnant à un divertissement horrifique de qualité.
Le public a bien accueilli le film, qui a été un succès commercial modeste. Il a rapidement acquis le statut de film culte, notamment grâce à sa bande originale emblématique et à son concept unique de voiture possédée. Il reste l'une des adaptations les plus fidèles et les plus réussies des romans de Stephen King.
Le film a été nommé aux Saturn Awards dans plusieurs catégories, dont Meilleur film d'horreur et Meilleurs effets spéciaux. Bien qu'il n'ait pas remporté de trophées majeurs, il a consolidé la réputation de John Carpenter comme maître de l'horreur et du fantastique dans les années 80.
John Carpenter a eu l'idée d'utiliser plusieurs voitures pour le rôle de Christine. Dix-neuf Plymouth Fury de 1958 ont été achetées et modifiées pour les besoins du film : certaines pour les scènes de conduite, d'autres pour les cascades, et d'autres encore pour les scènes de destruction. La voiture était presque un personnage à part entière, avec son propre département sur le plateau.
La plus grande difficulté de production a été de filmer les scènes où Christine se répare elle-même. Ces effets spéciaux, réalisés en stop-motion et avec des trucages mécaniques, ont été extrêmement complexes et longs à mettre en place. Carpenter a dû faire preuve d'une grande patience pour obtenir le résultat souhaité.
La scène où Christine écrase le mécanicien Buddy Repperton dans le garage a été tournée avec une voiture télécommandée. L'effet a été si réaliste que certains spectateurs ont cru à un trucage numérique, alors que tout était fait de manière pratique. C'est un exemple de l'ingéniosité de l'équipe d'effets spéciaux de l'époque.
Le rôle principal masculin a été confié à Keith Gordon, un jeune acteur qui sortait de "La Mouche" de Cronenberg. Carpenter a apprécié sa capacité à jouer la transformation d'un adolescent timide en un individu obsédé et violent. D'autres acteurs plus connus ont été envisagés, mais Gordon correspondait parfaitement à la vision du réalisateur.
Le film est une métaphore de l'obsession et de la possession. Il explore la transformation d'un individu sous l'influence d'un objet, et la perte d'identité qui en découle. Le thème de la jalousie, de la rivalité et de la violence latente dans la société américaine des années 50 est également présent.
La fin du film est une catharsis violente. Dennis, le meilleur ami d'Arnie, parvient à attirer Christine dans une casse automobile. Là, à l'aide d'une presse hydraulique, il écrase la voiture une première fois. Mais Christine, animée d'une force surnaturelle, se régénère. Dennis la pousse alors dans un broyeur, la détruisant définitivement. La fin montre Dennis et Leigh, la petite amie d'Arnie, en paix, libérés de l'emprise de la voiture maléfique.
Le titre "Christine" est le nom de la voiture, une Plymouth Fury de 1958. En donnant un prénom féminin à un objet inanimé, le titre humanise la voiture et suggère dès le départ qu'elle est bien plus qu'un simple véhicule. C'est une entité à part entière, possessive et jalouse.
La bande originale de "Christine", composée par John Carpenter lui-même en collaboration avec Alan Howarth, est devenue culte. Son thème principal, mélange hypnotique de synthétiseurs, est un chef-d'œuvre de la musique de film d'horreur des années 80. La BO amplifie la tension et l'aspect surnaturel de la voiture, devenant un personnage à part entière du film.
Si vous avez aimé "Christine", vous pourriez apprécier "The Car", "Duel" de Steven Spielberg, "Maximum Overdrive" de Stephen King ou "Pet Sematary". Ces films mettent en scène des véhicules ou des objets possédés, ou explorent la frontière entre la réalité et le surnaturel dans un cadre quotidien.