Le film retrace la vie tumultueuse et sanguinaire de Mark Brandon Read, dit Chopper, célèbre criminel australien dont la notoriété dépasse les simples faits divers pour atteindre une forme de légende populaire morbide. Emprisonné une grande partie de sa vie, il s'y est taillé une réputation terrifiante par ses actes de violence extrêmes et ses retournements d'alliance imprévisibles. Une fois libéré, il tente de transformer sa notoriété criminelle en célébrité médiatique à travers ses mémoires publiées. Le film dépeint avec un humour noir glaçant le portrait d'un homme dont la violence et la mythomanie sont indissociables.
Le film est adapté des mémoires écrites par Mark Brandon Read lui-même depuis sa cellule, une série d'ouvrages qui lui avaient valu une célébrité médiatique inattendue en Australie. Andrew Dominik souhaitait explorer la frontière trouble entre le criminel réel et la figure médiatique que Read avait construite autour de lui, entre vérité et fabulation. L'idée originale s'appuyait sur la nature profondément théâtrale du personnage réel, dont les récits de lui-même oscillaient en permanence entre aveux et affabulations. Dominik a voulu construire un film qui embrasse cette ambiguïté narrative plutôt que de la résoudre, laissant le spectateur incertain de ce qu'il regarde vraiment. Eric Bana, alors davantage connu pour ses rôles comiques en Australie, a été choisi pour une transformation physique et psychologique radicale. Le tournage s'est déroulé en Australie, entre décors carcéraux reconstitués et rues de Melbourne.
La critique a unanimement salué la performance phénoménale d'Eric Bana, considérée comme l'une des révélations les plus impressionnantes du cinéma australien des années 2000. Plusieurs observateurs ont souligné l'humour noir glaçant de la mise en scène de Dominik, capable de faire rire et horrifier simultanément. Le film a été comparé aux grandes œuvres du genre du portrait de criminel, de Scarface à Henry Portrait of a Serial Killer. D'autres critiques ont salué l'ambiguïté morale assumée d'un film refusant tout jugement explicite sur son sujet. Le public australien a largement adopté le film, fasciné par la représentation d'une figure criminelle nationale déjà largement connue. Le succès a dépassé les frontières australiennes, notamment grâce aux festivals internationaux. Eric Bana est devenu instantanément une star internationale après cette performance. Le film reste une référence du cinéma australien contemporain. Le film a remporté plusieurs prix lors du Australian Film Institute, notamment pour sa réalisation et la performance d'Eric Bana. Il a également été distingué dans plusieurs festivals internationaux. La transformation d'Eric Bana a été saluée comme l'une des performances physiques et psychologiques les plus impressionnantes de sa génération. Il reste l'un des films australiens les plus remarqués de sa décennie à l'international.
Andrew Dominik s'est appuyé sur les mémoires de Mark Brandon Read tout en les complétant par ses propres rencontres avec le criminel réel, dont la personnalité l'a profondément fasciné. Le tournage s'est déroulé avec un budget très modeste pour un film de cette ampleur, contraignant l'équipe à une grande créativité notamment pour les scènes carcérales. Eric Bana a pris énormément de poids et a profondément transformé son comportement physique pour incarner Chopper, rendant cette performance méconnaissable par rapport à ses rôles précédents. Plusieurs scènes de violence ont été tournées de manière délibérément frontale, sans la distanciation habituelle du cinéma de genre. La véritable relation entre Bana et Dominik a été déterminante dans la qualité du résultat, tous deux travaillant dans une grande confiance mutuelle. Mark Brandon Read lui-même a exprimé sa satisfaction face au film, jugeant qu'il reflétait fidèlement l'image qu'il souhaitait donner de lui-même.
Le film aborde la mythomanie criminelle, la frontière entre violence réelle et récit de soi construit, ainsi que la transformation d'un criminel en célébrité médiatique dans une société fascinée par ses propres monstres.
Chopper sort de prison et trouve une gloire médiatique inattendue, transformant ses crimes en matériau littéraire vendable, le film se refermant sur l'ambiguïté totale entre l'homme réel et la légende qu'il a lui-même contribué à construire.
Le titre reprend simplement le surnom de Mark Brandon Read, qui doit ce nom à une pratique carcérale radicale qu'il s'est lui-même infligée pour des raisons tactiques lors de son séjour en prison.
Le film reste régulièrement cité comme l'une des révélations les plus marquantes du cinéma australien du début des années 2000.
Henry : Portrait of a Serial Killer, Animal Kingdom, Snowtown.