Jon Baker, ancien motard de rodéo aux os brisés, intègre la California Highway Patrol en même temps que Frank "Ponch" Poncherello, un agent du FBI sous couverture infiltré pour débusquer des policiers corrompus. Ennemis de premier abord, les deux hommes vont se retrouver contraints de collaborer sur une enquête de plus en plus dangereuse, tout en gérant leurs névroses respectives avec plus d'enthousiasme que de compétence. Cette comédie d'action est une libre adaptation de la série télévisée culte *CHiPs* des années 1970-1980, revisitée avec humour adulte et cascades motos spectaculaires.
CHiPs est une adaptation décomplexée de la série télévisée américaine du même nom diffusée de 1977 à 1983, qui suivait deux officiers de la California Highway Patrol — Jon Baker et Frank Poncherello. Dax Shepard, acteur-réalisateur qui avait toujours été fan de la série originale, a développé le projet comme un hommage affectueux doublé d'une parodie assumée : reprendre les codes de la série pour les subvertir avec un humour adulte qui aurait été impossible à la télévision des années 70. Shepard a écrit le scénario et joué lui-même le rôle de Baker, s'entourant de Michael Peña dans le rôle de Ponch et de son épouse Kristen Bell dans un rôle secondaire. Le film s'inscrit dans une vague de remakes télévisés au cinéma (21 Jump Street, Starsky & Hutch) qui cherchaient à capitaliser sur la nostalgie tout en se moquant de leur propre matière première. Shepard a été très transparent sur ses intentions — faire un film d'action comique pour adultes, avec des cascades motos authentiques et un humour qui ne reculerait pas devant la vulgarité.
Résumé des critiques professionnelles : CHiPs a reçu des critiques très négatives, la plupart des journalistes estimant que le film ne trouvait jamais le juste équilibre entre hommage et parodie, résultant en un produit qui ne satisfaisait ni les fans de la série originale ni les amateurs de comédie décomplexée. L'humour, souvent jugé lourd et répétitif, a été la principale cible des critiques. Michael Peña a cependant été salué pour sa performance naturellement comique.
Réception du public : Le film a été un échec commercial notable, récoltant seulement 19 millions de dollars dans le monde pour un budget de 25 millions. Le public n'a pas répondu à la proposition, déçu par des critiques négatives et par un marketing qui ne parvenait pas à expliquer clairement quel type de film il allait voir. Les fans de la série originale se sont montrés particulièrement critiques de la liberté prise avec le matériau source.
Récompenses obtenues : Aucune récompense. Le film a au contraire reçu plusieurs nominations aux Razzie Awards dans des catégories peu flatteuses.
Inspirations du réalisateur : Dax Shepard, fan de motos dans la vie réelle (il a eu plusieurs accidents graves), voulait un film qui rende hommage à la culture des motos et à la série originale tout en adoptant le ton de la comédie d'action adulte type 21 Jump Street. Il souhaitait que les cascades moto soient les plus réelles possible, avec un minimum d'effets numériques.
Difficultés de production : La coordination des scènes de cascades moto sur les autoroutes de Los Angeles représentait le défi technique principal du film. Certaines séquences ont nécessité la fermeture temporaire de portions d'autoroutes réelles. Dax Shepard a réalisé lui-même une partie de ses cascades, ce qui était cohérent avec sa passion personnelle pour la moto mais présentait des risques évidents.
CHiPs explore superficiellement les thèmes du duo comique improbable — le policier rigide et le rebelle naturel —, de la corruption dans les forces de l'ordre, et de la masculinité comme performance et comme construction. Le film joue sur les insécurités de ses deux protagonistes masculins — Baker avec ses douleurs physiques et ses problèmes relationnels, Ponch avec sa sexualité affichée et ses angoisses sous-jacentes — dans un registre comique mais pas totalement dénué de conscience. La loyauté et la trahison dans le milieu policier sont les enjeux dramatiques sous-jacents. Le film, malgré ses limitations, contient une critique implicite de la culture du secret et de la solidarité de corps dans les forces de l'ordre.
La fin du film voit Baker et Ponch démasquer les policiers corrompus et les neutraliser dans une confrontation finale spectaculaire sur les autoroutes de Los Angeles. Le duo improbable a développé une vraie complicité au cours de leurs péripéties communes, et la résolution de l'enquête est aussi la formation d'une vraie équipe. Baker regagne la confiance de son ex-femme — joué par Kristen Bell — et Ponch repart pour ses missions undercover avec une amitié nouvelle dans les bagages. La fin est conventionnelle mais satisfaisante dans le cadre des promesses limitées que le film avait faites.
CHiPs est le titre de la série originale de 1977, acronyme de "California Highway Patrol" — la police motorisée autoroutière de Californie. L'orthographe avec le "H" majuscule au milieu reproduit fidèlement le logo original de la série, signalant immédiatement aux spectateurs qu'il s'agit d'une adaptation. Pour ceux qui n'ont pas vu la série, "chips" évoque aussi les pastilles de silicium, les frites, quelque chose de léger et de croustillant — une métaphore qui correspond assez bien au niveau d'ambition du film.
Dax Shepard a depuis travaillé principalement sur des projets télévisuels et son très populaire podcast Armchair Expert, dans lequel il reçoit des personnalités du spectacle et des experts de nombreux domaines. Michael Peña, dont la carrière s'est diversifiée avec Ant-Man (2015) et ses suites, reste l'un des acteurs les plus demandés dans les comédies d'action. Le modèle économique de l'adaptation de série télévisée culte au cinéma a connu une fatigue notable à la fin des années 2010, le public semblant saturer de ces projets nostalgiques qui ne parviennent pas toujours à justifier leur existence.
CHiPs s'inscrit dans la lignée des remakes cinématographiques de séries policières télévisées des années 70-80. 21 Jump Street (2012) de Phil Lord et Christopher Miller est le meilleur exemple du genre — un film qui parvient à être à la fois une parodie et un hommage intelligents. Starsky & Hutch (2004) de Todd Phillips est un autre exemple du même territoire avec des résultats mitigés. S.W.A.T. (2003) de Clark Johnson adapte la série originale sans trop d'ironie. The Dukes of Hazzard (2005) de Jay Chandrasekhar appartient à la même famille de films nostalgiques décomplexés. Baywatch (2017) de Seth Gordon tente la même chose avec la série éponyme avec des résultats commerciaux plus décevants encore.