En 2027, l'humanité est frappée depuis près de vingt ans par une infertilité totale et inexpliquée, plongeant le monde dans le chaos et le désespoir. Theo, ancien militant devenu fonctionnaire désabusé, se retrouve entraîné malgré lui dans la protection d'une jeune femme miraculeusement enceinte. Traversant une Grande-Bretagne en pleine dérive autoritaire et xénophobe, il doit la conduire en lieu sûr auprès d'une organisation scientifique clandestine. Ce périple devient le dernier espoir de l'humanité pour retrouver un avenir.
Le film est librement adapté du roman britannique Les Fils de l'homme de P. D. James, publié en 1992, dont Alfonso Cuarón s'est éloigné sur de nombreux points pour construire une vision plus politique et contemporaine. Le réalisateur mexicain, déjà reconnu pour Y tu mamá también et Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, souhaitait livrer une œuvre de science-fiction ancrée dans les angoisses réelles du début du XXIe siècle. L'idée de l'infertilité mondiale servait de métaphore puissante aux crises migratoires, sécuritaires et écologiques contemporaines. Cuarón a travaillé avec plusieurs scénaristes pour façonner un récit à la fois intimiste et profondément politique.
La critique internationale salue unanimement le film pour sa mise en scène virtuose, notamment ses longs plans-séquences d'action tournés sans coupe apparente, ainsi que pour la pertinence de son propos politique. Le film est régulièrement cité parmi les meilleures œuvres de science-fiction du début des années 2000. La direction artistique et la photographie d'Emmanuel Lubezki sont particulièrement mises en avant par la presse spécialisée. Le public, plus mesuré à sa sortie en raison de la noirceur du récit, redécouvre progressivement le film au fil des années comme une œuvre visionnaire et prophétique. Son influence esthétique et thématique se retrouve dans de nombreuses productions ultérieures de science-fiction. Le film est aujourd'hui considéré comme culte par une large communauté de cinéphiles. Le film obtient trois nominations aux Oscars, notamment pour son montage, son scénario adapté et sa photographie, saluant la prouesse technique de sa réalisation.
Alfonso Cuarón s'est inspiré des images de guerre et de crise humanitaire contemporaines, notamment des conflits au Moyen-Orient, pour donner une texture quasi documentaire à son film de science-fiction. La réalisation des plans-séquences complexes, notamment la scène de bataille finale de plus de six minutes sans coupe apparente, a représenté un défi technique colossal nécessitant une préparation minutieuse et des dispositifs de caméra spécialement conçus pour l'occasion. Le tournage de ces séquences a mobilisé l'équipe pendant de longues semaines de répétitions avant chaque prise. Le directeur de la photographie Emmanuel Lubezki a développé des techniques inédites de stabilisation et de dissimulation des coupes pour donner l'illusion d'une continuité totale dans les scènes les plus spectaculaires du film.
Le film explore l'espoir comme dernier rempart face à un monde en pleine décomposition, à travers la métaphore puissante de l'infertilité universelle. Il aborde frontalement les questions migratoires, la xénophobie et la dérive autoritaire des sociétés confrontées à la peur, faisant écho à des enjeux géopolitiques bien réels. Le sacrifice personnel au service d'un avenir collectif traverse également tout le récit, incarné par la transformation du personnage principal.
Après un périple semé d'embûches et de pertes, Theo parvient à conduire Kee et son nouveau-né jusqu'à un bateau appartenant à l'organisation scientifique du Projet Human, symbole d'un possible renouveau pour l'humanité. Mortellement blessé lors de l'affrontement final, Theo meurt juste après avoir accompli sa mission, laissant le sort de l'humanité suspendu à l'arrivée de ce bateau nommé Demain. Le film se termine sur cette note volontairement ambiguë, entre désespoir profond et espoir ténu mais bien réel.
Le titre original, Children of Men, fait référence directe à l'absence totale d'enfants qui frappe l'humanité dans le récit, inversant ironiquement l'expression biblique évoquant les fils des hommes pour souligner leur disparition tragique.
Le film est régulièrement redécouvert et cité comme une œuvre visionnaire à mesure que certains de ses thèmes, notamment les crises migratoires et les dérives sécuritaires, continuent de résonner fortement avec l'actualité internationale.
Les amateurs de ce film pourront se tourner vers La Route de John Hillcoat pour son atmosphère post-apocalyptique similaire, vers 28 jours plus tard de Danny Boyle pour sa vision d'une Grande-Bretagne effondrée, ou encore vers Blade Runner 2049 pour son traitement comparable de la fertilité et de l'espoir.