Un jeune homme originaire de l'Ohio, déçu par la vie et en rupture universitaire, décide de s'engager dans l'armée américaine en tant qu'infirmier militaire en Irak. À son retour du front, il est profondément traumatisé par les horreurs de la guerre et développe un syndrome de stress post-traumatique sévère. Pour apaiser ses démons, il sombre avec sa jeune épouse dans une terrible dépendance à l'héroïne et aux opiacés. Pour financer leur addiction destructrice, il commence alors à braquer des banques de banlieue, entamant une descente aux enfers criminelle.
Le film est l'adaptation cinématographique du roman autobiographique à grand succès écrit par Nico Walker. Les frères Russo, célèbres pour leurs blockbusters Marvel, ont eu un coup de cœur pour ce livre car l'histoire se déroule à Cleveland, leur ville natale en proie à la crise des opiacés. L'idée originelle était de réaliser un projet beaucoup plus intime et sombre pour dénoncer le manque de prise en charge des vétérans de guerre aux États-Unis. Les réalisateurs ont été inspirés par la détresse réelle de cette jeunesse américaine sacrifiée sur l'autel de la guerre et de la drogue.
La critique professionnelle s'est montrée très divisée concernant ce long-métrage dramatique. Si l'interprétation viscérale et mature de Tom Holland a été unanimement saluée comme une révélation, le style visuel ultra-stylisé et parfois jugé clinquant des frères Russo a été critiqué pour sa lourdeur. Certains journalistes ont reproché au film d'en faire trop sur le plan formel au détriment de l'émotion pure. Du côté du public, le film a reçu un accueil beaucoup plus bienveillant, notamment de la part des fans de Tom Holland impressionnés par sa transformation physique et dramatique. Les spectateurs ont souligné la noirceur captivante du récit et la dureté réaliste des scènes de braquage et d'addiction. Le film a bénéficié d'une grande visibilité sur Apple TV+. Bien qu'il n'ait pas remporté de prix majeurs, il a marqué les esprits pour son traitement de la crise sanitaire des opiacés.
Les frères Russo se sont inspirés du cinéma de Martin Scorsese et de Stanley Kubrick pour découper le film en chapitres distincts possédant chacun leur propre identité visuelle et colorimétrique. Tom Holland a dû perdre près d'un quart de son poids pour incarner de manière crédible la phase d'addiction sévère de son personnage, avant de devoir reprendre de la masse pour les scènes militaires. Le tournage s'est déroulé principalement dans l'Ohio, conférant au film une authenticité brute recherchée par l'équipe de production. Une anecdote de tournage marquante réside dans l'utilisation de véritables anciens braqueurs de banques comme conseillers techniques pour les scènes d'action.
Le long-métrage traite en profondeur du syndrome de stress post-traumatique chez les militaires, des ravages de l'addiction aux drogues dces et de la criminalité de subsistance. Il explore également l'amour fusionnel et toxique d'un jeune couple qui se détruit mutuellement tout en essayant de rester uni face à l'adversité du système.
La fin du film montre le protagoniste principal se faire arrêter par la police après un dernier braquage désespéré où il prend soin de mettre ses proches à l'abri. Après avoir purgé une longue peine de prison qui lui permet de se sevrer définitivement, il sort enfin libre et retrouve sa femme sur le parking de la prison, laissant entrevoir une lueur d'espoir et de rédemption.
Le titre est le surnom militaire du protagoniste principal, évoquant à la fois la perte de l'innocence (l'expression "pop the cherry") et la fragilité d'un jeune homme jeté prématurément dans l'enfer de la guerre.
Le film est régulièrement projeté dans des centres de sensibilisation américains pour illustrer les dangers des opiacés chez les jeunes adultes.
Requiem for a Dream de Darren Aronofsky, Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino, Trainspotting de Danny Boyle.