Natalie, Dylan et Alex sont trois agents d'élite travaillant pour la mystérieuse agence Townsend — connue seulement de leurs clients et de Charlie, leur patron invisible qui ne communique qu'à travers son fidèle Bosley. Quand le fondateur d'une entreprise de télécommunications est kidnappé et qu'une voix est volée pour pirater un système de localisation de satellites, les trois anges sont envoyés en mission. Déguisées, combattantes hors pair et aussi séduisantes que fatales, elles vont déjouer un complot qui menace la sécurité mondiale — avec style, humour et beaucoup de chorégraphies d'action.
Charlie et ses drôles de dames est une adaptation de la série télévisée culte de la ABC Charlie's Angels, diffusée de 1976 à 1981, qui mettait en scène trois détectives féminines aux ordres d'un patron que l'on n'entendait qu'au téléphone. Drew Barrymore — qui joue également le rôle de Dylan — a été l'un des moteurs principaux du projet, convaincue depuis des années du potentiel cinématographique de la franchise. Elle a co-produit le film et imposé une vision radicalement différente du matériau original : moins série policière sérieuse, plus film d'action camp et délibérément excessif, dans la veine des films de Hong Kong que le réalisateur McG adorait. Le budget de 93 millions de dollars a été utilisé pour des cascades spectaculaires, des chorégraphies d'action élaborées et un look visuel hyper-stylisé.
Résumé des critiques professionnelles : Charlie et ses drôles de dames a reçu des critiques partagées. La presse a reconnu l'énergie irrésistible du film, son self-awareness et la complicité évidente entre les trois actrices, tout en pointant un scénario quasi inexistant et une surcharge d'effets qui finissent par épuiser. Beaucoup l'ont cependant jugé un «guilty pleasure» parfaitement assumé.
Réception du public : Avec 264 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 93 millions, le film a été un énorme succès commercial. Il a confirmé que le public était prêt pour des films d'action à héroïnes féminines décomplexées, ouvrant la voie à une longue réflexion sur le girl power au cinéma.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence d'ouverture dans l'avion — où Dylan se bat dans un déguisement grotesque de vieux Texan barbu — donne immédiatement le ton du film : aucune prise de sérieux, du fun absolu. Cette séquence inaugurale a été conçue pour signaler au public que les règles habituelles du film d'action ne s'appliquaient pas ici.
Casting initialement prévu : Thandiwe Newton avait été envisagée pour le rôle d'Alex avant que Lucy Liu ne soit finalement choisie. Newton a déclaré plus tard avoir eu des difficultés avec l'équipe de production lors de ses discussions.
Charlie et ses drôles de dames est avant tout une célébration du girl power — trois femmes compétentes, autonomes et joyeuses qui dominent tous les hommes qu'elles rencontrent, dans un registre camp et exagéré qui assume pleinement son caractère de fantasme. Le film aborde aussi l'amitié féminine comme force — les trois Anges se soutiennent, se complètent et ne sont jamais en concurrence l'une contre l'autre. La sexualité comme arme et comme liberté est présente dans chaque déguisement et chaque scène de séduction, mais le film le traite avec un humour qui désarme la lecture voyeuriste.
La véritable identité du traître — qui se révèle être Eric Knox, celui que les Anges cherchaient à sauver — est exposée lors du climax d'action. Les trois Anges déjouent le complot avec leur efficacité habituelle et un zeste de panache supplémentaire pour l'occasion. La fin célèbre leur amitié et leur compétence sans jamais prétendre à plus de profondeur que ce que le film a annoncé depuis la première image.
Charlie's Angels («les Anges de Charlie») est le titre de la série originale, repris pour l'adaptation. «Anges» dit à la fois la beauté supposée des trois héroïnes et leur caractère de protectrices — des gardiennes qui veillent sur les justes. Charlie, le patron invisible, leur donne le nom mais pas les ordres — les Anges agissent toujours selon leur propre jugement.
La bande originale de Charlie et ses drôles de dames est l'un de ses atouts les plus importants. Elle réunit une sélection de tubes pop et rock du début des années 2000 — Destiny's Child avec «Independent Women Part I» — spécialement écrit pour le film et devenu l'un des hymnes féministes de la décennie — et des reprises comme «Baby Did a Bad Bad Thing» de Chris Isaak. La chanson des Destiny's Child a remporté le Grammy Award de la meilleure chanson de film en 2001.
Charlie et ses drôles de dames reste un film emblématique des années 2000 et de l'émergence du girl power au cinéma. Les trois actrices principales ont eu des trajectoires très différentes — Cameron Diaz a pris sa retraite du cinéma, Drew Barrymore s'est tournée vers la production et la télévision, Lucy Liu a continué une carrière dense. Un reboot, Charlie's Angels (2019) d'Elizabeth Banks, n'a pas retrouvé le succès de l'original. Disponible en VOD.
Charlie et ses drôles de dames appartient au genre des films d'action féminins camp, aux côtés de La Femme Nikita (1990) de Luc Besson ou Barb Wire (1996). Pour les adaptations de séries TV des années 70-80, Starsky et Hutch (2004) ou Miami Vice (2006) de Michael Mann offrent des approches différentes. La suite, Charlie's Angels : Les Anges se déchaînent (2003), retrouve le même trio. La version 2019 de Elizabeth Banks propose une réinvention.