Jay Baruchel arrive à Los Angeles pour rendre visite à son ami Seth Rogen, et les deux compères se retrouvent à une fête chez James Franco quand l'Apocalypse éclate pour de bon. Tremblements de terre, météorites, faisceaux de lumière céleste : la fin du monde s'abat sur Hollywood, piégeant dans la villa une bande de célébrités qui jouent leur propre rôle. Seth Rogen, James Franco, Jonah Hill, Craig Robinson et Danny McBride vont devoir survivre ensemble dans un huis clos déjanté, alternant terreur, bêtises et questionnements spirituels improbables.
C'est la fin (titre original : This Is the End) est né d'un court métrage réalisé en 2007 par Seth Rogen et Evan Goldberg intitulé Jay and Seth vs. The Apocalypse, dans lequel Rogen et Jay Baruchel jouaient déjà leur propre rôle face à la fin du monde. Séduits par le concept et par le potentiel comique d'une bande de stars hollywoodiennes confrontées à l'Apocalypse biblique, ils ont développé l'idée en long métrage. L'originalité du projet tient à son dispositif : toutes les célébrités du film jouent leur propre personnage public, ce qui permettait d'exploiter avec humour leur image et leurs relations réelles. Seth Rogen et Evan Goldberg co-réalisaient pour la première fois, après avoir collaboré comme scénaristes sur Superbad et Ananas Express. Le budget de 32 millions de dollars a permis des effets spéciaux convaincants pour un film de comédie, donnant à l'Apocalypse une vraie présence visuelle.
Résumé des critiques professionnelles : Le film a reçu un accueil très favorable de la critique, qui a salué l'originalité du concept, la générosité de l'autodérision des acteurs et la qualité des gags. Avec 83 % d'avis favorables sur Rotten Tomatoes, C'est la fin s'est imposé comme l'une des comédies les plus inventives de l'été 2013. Les critiques ont particulièrement apprécié la façon dont le film joue avec les clichés du film catastrophe tout en livrant une réflexion inattendue sur l'amitié et la rédemption.
Réception du public : Le public a plébiscité le film, qui a rapporté plus de 126 millions de dollars dans le monde pour un budget de 32 millions, soit un succès commercial très solide. La comédie a trouvé son public bien au-delà du cercle des fans habituels de Seth Rogen, grâce à son humour à la fois absurde et accessible. Les scènes d'improvisation entre les acteurs ont été citées comme les moments préférés des spectateurs.
Récompenses obtenues : Si le film n'a pas été distingué par les grandes cérémonies, il a remporté plusieurs prix dans des festivals de comédie et a été nommé dans de nombreuses listes des meilleures comédies de l'année. Il a également remporté l'MTV Movie Award du Meilleur film comique.
Inspirations du réalisateur : Seth Rogen et Evan Goldberg ont été inspirés par les grandes comédies de fin du monde british, notamment Le Guide du voyageur galactique et Shaun of the Dead, tout en voulant créer quelque chose d'ancré dans la culture pop hollywoodienne contemporaine. L'idée de prendre au pied de la lettre l'Apocalypse biblique, avec ses démons, ses ravissements célestes et son jugement dernier, leur permettait de mélanger références religieuses et humour potache avec une liberté totale.
Difficultés de production : Convaincre autant de célébrités de jouer leur propre rôle de façon aussi peu flatteuse a nécessité une grande confiance mutuelle entre les acteurs et les réalisateurs. Chacun devait accepter d'être moqué, exagéré ou ridiculisé, et certains passages ont nécessité plusieurs négociations pour trouver un équilibre acceptable. Michael Cera, qui joue une version particulièrement dépravée de lui-même, a notamment réalisé un numéro d'acteur remarquable en total décalage avec son image habituelle.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence d'exorcisme parodiant L'Exorciste, impliquant Jonah Hill, a été en grande partie improvisée sur le plateau, les acteurs se lançant des répliques à l'envi jusqu'à trouver le niveau de folie absurde qui convenait. Elle est devenue l'une des séquences les plus citées du film.
Derrière son apparence de comédie potache, C'est la fin développe une réflexion sincère sur l'amitié et ce qu'elle signifie quand la pression est à son maximum. Le film interroge avec humour la notion de rédemption : dans un contexte biblique, qui mérite d'être sauvé, et pourquoi ? La satire d'Hollywood et de l'ego des célébrités est omniprésente, le film se moquant joyeusement de l'entre-soi du show-business et de la bulle dorée dans laquelle vivent ses protagonistes. La masculinité et les relations entre hommes sont également au cœur du film, avec ses dynamiques de groupe, ses jalousies et ses réconciliations. Enfin, le film joue sur le registre de l'Apocalypse biblique comme métaphore de l'échéance ultime qui révèle le vrai caractère de chacun.
La fin du film révèle que la seule façon d'accéder au paradis est d'accomplir un acte totalement désintéressé. Seth Rogen et Jay Baruchel, après avoir traversé l'enfer ensemble, se sacrifient mutuellement pour sauver l'autre, ce qui leur vaut d'être aspirés vers les cieux. Craig Robinson les rejoint après un geste altruiste. Au paradis, qui ressemble étrangement à une fête hollywoodienne idéale, ils retrouvent les Backstreet Boys qui entament une performance de Everybody. Cette fin absurde et jubilatoire fonctionne comme une déclaration d'amour à l'amitié sincère, seule valeur qui vaille face à l'Apocalypse.
Le titre This Is the End (traduit en français par C'est la fin) est d'une simplicité lapidaire qui dit tout : c'est littéralement la fin du monde. Mais il porte aussi une dimension méta et ironique typique du film : c'est la fin du monde de ces célébrités hollywoodiennes, la fin de leur bulle protégée, la fin de l'insouciance. Le titre joue aussi sur la célèbre chanson des Doors, The End, qui évoque la mort et le chaos, une référence culturelle qui s'accorde parfaitement avec le ton à la fois sombre et jubilatoire du film.
Dix ans après sa sortie, C'est la fin reste l'un des films les plus originaux et les plus drôles de la décennie 2010. Seth Rogen et Evan Goldberg ont continué leur collaboration sur de nombreux projets, notamment la série Preacher et le film The Interview. Le film est régulièrement cité dans les classements des meilleures comédies des années 2010 et continue de trouver de nouveaux fans sur les plateformes de streaming. Une suite n'a jamais été officiellement annoncée, les créateurs préférant laisser ce film unique en son genre.
Les amateurs de C'est la fin apprécieront Shaun of the Dead (2004) de Edgar Wright, qui mélange avec le même brio comédie et film de genre. The World's End (2013), toujours de Edgar Wright, explore aussi la fin du monde avec une bande d'amis et une réflexion sur l'amitié adulte. Superbad (2007) et Ananas Express (2008), co-écrits par Seth Rogen et Evan Goldberg, partagent le même esprit de comédie franche et généreuse. Bienvenue à Zombieland (2009) est une autre comédie apocalyptique qui joue sur les mêmes ressorts d'humour et de survie entre amis.