Dimanche, 12 juillet 2026
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C'est Ça L'amour

C'est Ça L'amour

2019 France
Synopsis

Depuis que sa femme Armelle l'a quitté après vingt ans de vie commune, Mario élève seul ses deux filles adolescentes à Forbach. Frida, quatorze ans, lui reproche ouvertement le départ de sa mère, tandis que Niki, dix-sept ans, aspire surtout à son indépendance. Mario, lui, continue d'espérer le retour de son épouse et tente maladroitement de maintenir l'équilibre familial. À travers les hauts et les bas de cette reconstruction, chacun des membres de la famille doit réapprendre à faire circuler l'amour autrement.

Genèse du film

C'est ça l'amour est le premier long métrage réalisé en solo par Claire Burger, après Party Girl, coréalisé avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis et récompensé de la Caméra d'or à Cannes en 2014. Le film s'inspire très directement de l'histoire personnelle de la réalisatrice, marquée par la séparation de ses propres parents lorsqu'elle était adolescente. Claire Burger explique avoir voulu se poser sincèrement la question de ce qu'était l'amour, à un âge où elle pouvait revisiter son adolescence avec un regard d'adulte et comprendre des situations qui lui avaient échappé à l'époque. Contrairement à ses films précédents, essentiellement fondés sur l'improvisation avec des comédiens non professionnels de sa région natale de Forbach, la réalisatrice a cette fois choisi de travailler avec un acteur professionnel, Bouli Lanners, pour incarner le rôle du père. Le tournage s'est déroulé dans la maison d'enfance de Claire Burger à Forbach, un choix qu'elle n'avait pas anticipé au départ mais qui lui est apparu comme une évidence à la fois émouvante et réparatrice.

Critiques et réception

Le film a été salué unanimement par la critique française pour la justesse et la sensibilité avec lesquelles Claire Burger filme la reconstruction d'une famille après une séparation. Plusieurs observateurs soulignent la performance de Bouli Lanners, à contre-emploi de la virilité classique, incarnant un père tendre et maladroit avec beaucoup de sincérité. Les deux jeunes actrices, Justine Lacroix et Sarah Henochsberg, sont également très remarquées pour la justesse de leur interprétation. Le public a été touché par la douceur et la simplicité de ce portrait familial, loin de tout sensationnalisme, saluant particulièrement la capacité du film à faire ressentir l'amour paternel sans misérabilisme. Le film séduit un public sensible aux chroniques familiales naturalistes ancrées dans un territoire précis, en l'occurrence la Lorraine natale de la réalisatrice. Présenté à la section Venice Days de la Mostra de Venise 2018, le film a également remporté trois prix au Festival du Film Francophone de l'Alpe d'Huez, dit Festival des Arcs, la même année.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Claire Burger s'est directement inspirée de la séparation de ses propres parents et de la manière dont elle et sa sœur avaient vécu cet événement à l'adolescence. La réalisatrice précise toutefois avoir rapidement libéré ses personnages de la contrainte du réel, en imaginant comment cette séparation avait pu être vécue par les autres membres de sa famille plutôt qu'en restituant fidèlement sa propre expérience. Difficultés de production : pour la première fois, Claire Burger a dû composer avec un acteur professionnel, Bouli Lanners, après avoir toujours travaillé avec des comédiens non professionnels de sa région sur ses films précédents. Cette évolution de méthode de travail a nécessité une adaptation mutuelle, la réalisatrice cherchant à préserver la même sincérité et la même vérité de jeu qu'avec des acteurs amateurs. Anecdote sur une scène particulière : Claire Burger a choisi de tourner une partie du film dans la maison où elle a elle-même grandi à Forbach, un choix qu'elle décrit comme émouvant et réparateur, lui permettant de filmer un espace intimement lié à son enfance avec ses acteurs.

Thèmes abordés

C'est ça l'amour explore les multiples visages de l'amour à travers les yeux d'une famille disloquée par le départ de la mère. Le film interroge la paternité et la manière dont un homme peut se réinventer en tant que parent solo, loin des clichés de la virilité traditionnelle. L'adolescence et ses tourments occupent également une place centrale, à travers les réactions très différentes des deux filles face à la séparation de leurs parents. Le territoire, en l'occurrence la région de Forbach en Lorraine, sert de toile de fond à une chronique sociale sur la désindustrialisation et ses conséquences sur les familles. Enfin, le film aborde la résilience familiale et la capacité de l'amour à circuler autrement une fois la cellule familiale traditionnelle brisée.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Sans offrir de retrouvailles définitives entre Mario et son ex-femme Armelle, le film se conclut sur une forme d'apaisement progressif au sein de la famille recomposée. Mario finit par accepter, non sans mal, que sa femme ne reviendra probablement pas, tout en trouvant une nouvelle place et une nouvelle légitimité auprès de ses filles, notamment à travers les cours de théâtre qu'il suit en parallèle. Cette conclusion, délibérément pudique et loin de tout pathos, privilégie la reconstruction progressive des liens familiaux plutôt qu'une résolution nette du conflit conjugal initial, illustrant l'idée que l'amour continue de circuler différemment au sein de la famille malgré la séparation.

Signification du titre

Le titre C'est ça l'amour reflète la démarche même de la réalisatrice, qui explique s'être lancée dans ce projet pour tenter de répondre sincèrement à la question de ce qu'est l'amour, sans jamais prétendre y apporter une réponse unique ou définitive, tant celui-ci prend des formes différentes à chaque étape de la vie et selon chaque membre de la famille.

Films Similaires

Le film peut être rapproché de Nos Batailles de Guillaume Senez, qui aborde également le thème d'un père seul confronté à l'éducation de ses enfants après le départ soudain de sa compagne. On peut également le comparer à Kramer contre Kramer de Robert Benton pour son traitement sensible de la paternité solo.