La minisérie retrace le règne de l'impératrice Catherine II de Russie, depuis les années suivant sa prise de pouvoir en 1762 jusqu'à sa mort en 1796. Elle se concentre en particulier sur la relation passionnée et tumultueuse que Catherine entretient avec le général Grigori Potemkine, son amant et plus proche allié politique. Confrontée à des menaces permanentes contre son trône, y compris de la part de son propre fils, l'impératrice doit déployer toute son intelligence politique pour asseoir durablement son pouvoir. À travers les guerres, les intrigues de cour et les histoires d'amour, la série dresse le portrait d'une femme déterminée à transformer la Russie en grande puissance mondiale.
Catherine the Great est une minisérie britannico-américaine écrite par Nigel Williams, déjà auteur de la série Elizabeth I, et réalisée par Philip Martin pour les chaînes Sky Atlantic et HBO. Le projet se conçoit dès l'origine comme un vaisseau taillé pour Helen Mirren, elle-même productrice exécutive de la série aux côtés de Philip Martin, David Thompson, Charlie Pattinson et Christine Healy. Nigel Williams choisit de resserrer le récit sur la fin du règne de Catherine II, en particulier sur sa relation avec Grigori Potemkine, plutôt que de retracer l'intégralité de sa vie depuis son arrivée en Russie. La série s'inscrit dans une longue tradition de portraits de la souveraine russe au cinéma et à la télévision, mais mise ici sur la stature de Dame Helen Mirren, habituée des rôles de souveraines depuis son incarnation d'Elizabeth II. Le tournage en quatre parties d'une heure ambitionne de recréer avec un grand soin d'époque les fastes de la cour impériale russe du XVIIIe siècle.
La série reçoit un accueil critique globalement favorable mais mesuré, avec une note de 68 % sur l'agrégateur Rotten Tomatoes, les critiques saluant unanimement la performance d'Helen Mirren tout en jugeant l'écriture parfois convenue. Variety regrette un manque d'ambition dans la manière de raconter les derniers jours de cette figure historique majeure, tandis que le New York Times évoque des scènes de disputes conjugales jugées un peu embarrassantes entre Catherine et Potemkine. D'autres publications saluent au contraire la somptuosité des décors et des costumes, considérant que la reconstitution d'époque compense largement les faiblesses du scénario. Le public se montre également partagé, certains spectateurs saluant une série copieusement portée par le jeu d'Helen Mirren et de Jason Clarke, quand d'autres regrettent que l'intrigue se concentre trop exclusivement sur l'histoire d'amour entre les deux personnages au détriment des enjeux politiques et militaires du règne de Catherine. Plusieurs critiques historiques pointent aussi des libertés prises avec les faits réels, notamment sur l'âge de certains personnages secondaires lors des événements dépeints. Malgré ces réserves, la prestation d'Helen Mirren est très largement considérée comme le principal atout de la série. Helen Mirren obtient plusieurs nominations pour son rôle dans Catherine the Great, notamment aux Golden Globes et aux Primetime Emmy Awards, confirmant la reconnaissance critique dont bénéficie sa performance malgré l'accueil plus mitigé réservé à la série dans son ensemble.
Nigel Williams choisit de se concentrer sur la relation entre Catherine II et Grigori Potemkine plutôt que de retracer l'intégralité du règne de l'impératrice, afin de proposer un portrait plus intime et romanesque de cette figure historique majeure. Le scénariste, déjà auteur de la série Elizabeth I, poursuit ainsi son exploration des grandes souveraines de l'histoire européenne. Le rôle de Catherine II est écrit dès l'origine pour Helen Mirren, également productrice exécutive de la série, qui retrouve ainsi un registre de souveraine après avoir déjà incarné la reine Elizabeth II à l'écran.
Catherine the Great explore l'exercice du pouvoir par une femme dans un contexte politique et social profondément dominé par les hommes, à travers les rumeurs et les préjugés dont Catherine fait constamment l'objet. La série interroge également la tension entre vie amoureuse et raison d'État, la relation entre Catherine et Potemkine se trouvant sans cesse mise à l'épreuve par les nécessités politiques de l'empire russe. La série aborde aussi la question de la succession et des menaces permanentes pesant sur le trône, y compris au sein même de la famille de l'impératrice. Enfin, elle questionne l'héritage d'une souveraine qui a profondément transformé la place de la Russie sur la scène internationale, entre modernisation intérieure et expansion territoriale.
La série se conclut sur les dernières années du règne de Catherine, marquées par la maladie puis la mort de Grigori Potemkine, et par les efforts de l'impératrice pour sécuriser sa succession face à un fils qu'elle juge inapte à lui succéder. Cette fin insiste sur la solitude du pouvoir absolu, Catherine se retrouvant privée de son plus proche allié politique et sentimental au moment même où elle doit préparer l'avenir de son empire. La série referme ainsi son récit sur le mélange de grandeur et de tragédie personnelle qui caractérise le règne de cette souveraine hors norme.
Le titre Catherine the Great reprend directement le surnom historique attribué à l'impératrice Catherine II de Russie, en reconnaissance de l'ampleur de son règne et de la modernisation qu'elle a imposée à son empire. Ce titre souligne d'emblée l'ambition de la série de dresser le portrait d'une souveraine d'exception plutôt qu'une simple biographie romancée classique.
Les amateurs de Catherine the Great apprécieront probablement The Crown pour son traitement similaire du pouvoir monarchique au féminin, The Great, la série satirique consacrée à la même souveraine avec Elle Fanning, ou encore Wolf Hall pour son immersion soignée dans les intrigues de cour d'une autre époque.