Scarlett, une jeune traductrice américaine à Paris, est entraînée par son frère dans une soirée clandestine organisée dans les catacombes souterraines de la ville. Lorsque le groupe se retrouve perdu dans ce labyrinthe de galeries et d'ossements qui s'étend sous la capitale française, Scarlett découvre un mystérieux manuscrit médiéval qui semble indiquer l'emplacement d'une pierre aux pouvoirs surnaturels. Ce qui commence comme une aventure urbaine vire rapidement au cauchemar tandis que les membres du groupe disparaissent un à un dans l'obscurité.
Catacombes (titre original : As Above, So Below) est un projet original de John Erick Dowdle et Drew Dowdle, les frères réalisateur et scénariste qui avaient déjà travaillé ensemble sur Quarantine (2008) et Devil (2010). L'idée leur est venue de la fascination exercée par les catacombes de Paris — un réseau de quelque 300 kilomètres de galeries souterraines contenant les restes de plus de six millions de Parisiens, accessibles officiellement en partie mais largement explorées clandestinement par les cataphiles. Les frères Dowdle ont travaillé plusieurs années sur le projet, effectuant eux-mêmes des descentes dans les catacombes pour s'imprégner des lieux avant le tournage. L'idée de combiner l'exploration urbaine souterraine avec une mythologie médiévale — la Pierre philosophale, l'alchimie, la descente aux enfers de Dante — permettait de donner au film une profondeur symbolique qui allait au-delà du simple film d'horreur. Le format found footage, déjà utilisé par les Dowdle dans Quarantine, était particulièrement adapté à l'espace confiné et claustrophobique des catacombes.
Résumé des critiques professionnelles : La critique a réservé un accueil mitigé au film, reconnaissant l'originalité du décor et l'atmosphère claustrophobique réussie, mais pointant un scénario qui ne parvenait pas toujours à tenir ses promesses de profondeur symbolique. La dimension ésotérique et alchimique du film a été jugée tantôt séduisante tantôt confuse, selon les critiques. L'efficacité du format found footage dans les espaces étroits des catacombes a cependant été unanimement reconnue.
Réception du public : Le film a réalisé des recettes mondiales d'environ 41 millions de dollars pour un budget très modeste d'environ 5 millions — un succès commercial net pour une production de ce calibre. Les amateurs de films d'horreur et d'exploration ont particulièrement apprécié le décor exceptionnel et l'atmosphère oppressante, et le film a bénéficié d'un bon bouche-à-oreille dans la communauté des fans du genre.
Récompenses obtenues : Le film n'a reçu aucune récompense notable. Il a cependant été salué dans plusieurs publications spécialisées en films d'horreur pour l'originalité de son cadre et de sa mythologie.
Inspirations du réalisateur : John Erick Dowdle s'est inspiré de L'Enfer de Dante, dont la structure en cercles concentriques descendant vers les profondeurs a servi de modèle narratif au film — chaque niveau des catacombes correspondant à un stade de la descente intérieure des personnages. Il a également étudié l'alchimie médiévale et la symbolique hermétique pour nourrir le mystère de la Pierre philosophale et les inscriptions que les personnages découvrent sur les murs.
Difficultés de production : Tourner dans les vraies catacombes de Paris a représenté un défi logistique et physique considérable. Les galeries, étroites et basses, imposaient que l'équipe se déplace à genoux ou courbée pendant des heures, avec des équipements légers et des éclairages portables. La chaleur et le manque d'oxygène dans certaines sections ont rendu le tournage physiquement épuisant. Des autorisations spéciales ont dû être obtenues auprès des autorités parisiennes.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence dans laquelle les personnages doivent traverser un tunnel si étroit qu'ils ne peuvent avancer qu'en rampant, submergés par des ossements humains, a été tournée en conditions réelles dans une galerie authentique des catacombes. Plusieurs membres de l'équipe souffraient de claustrophobie et ont dû être remplacés pendant le tournage de cette séquence particulièrement éprouvante.
Catacombes est structuré autour du mythe de la descente aux enfers et du retour — une version contemporaine et urbaine du voyage de Dante dans La Divine Comédie. Le film explore la culpabilité et la confrontation avec ses propres démons intérieurs comme condition de tout voyage vers les profondeurs — chaque personnage doit affronter quelque chose de son passé que les catacombes semblent faire remonter à la surface. La mort comme espace de connaissance et de révélation est un thème hermétique central, hérité de la tradition alchimique que le film convoque explicitement. L'exploration clandestine comme métaphore de la transgression des limites imposées par la société — les cataphiles défient l'interdiction officielle pour accéder à un espace souterrain interdit — donne au film une dimension légèrement subversive.
La fin de Catacombes suit la logique de la descensus ad inferos — la descente aux enfers — et de son corollaire obligatoire : la remontée ne peut se faire qu'en acceptant ce que les profondeurs révèlent sur soi-même. Scarlett, la seule survivante, parvient à remonter à la surface en se libérant de la culpabilité qui la hantait depuis la mort de son frère. Sa sortie dans la lumière parisienne est une renaissance symbolique — mais la dernière image, ambiguë, laisse le spectateur dans l'incertitude sur la nature exacte de ce qu'elle a vécu dans les profondeurs : réalité surnaturelle ou hallucination traumatique ?
Le titre original As Above, So Below est une formule hermétique et alchimique tirée de la Table d'Émeraude attribuée à Hermès Trismégiste, qui signifie que ce qui est en haut est le reflet de ce qui est en bas — que le monde visible reflète le monde invisible, que le macrocosme et le microcosme sont des miroirs l'un de l'autre. Dans le film, cette formule structure la descente dans les catacombes comme un voyage intérieur autant qu'extérieur. Le titre français Catacombes est plus descriptif et moins symbolique, insistant sur le décor plutôt que sur la philosophie.
Les frères Dowdle ont continué à produire des films de genre après Catacombes. Le film est régulièrement cité comme l'une des utilisations les plus efficaces des catacombes de Paris comme décor cinématographique, et il a contribué à populariser ce lieu auprès d'un public international. Il est disponible sur les plateformes de streaming.