Basé sur une histoire vraie, le film retrace le casse spectaculaire de la Lloyds Bank de Londres en 1971, considéré comme l'un des braquages les plus audacieux de l'histoire criminelle britannique. Terry Leather, vendeur de voitures sans envergure particulière, se laisse convaincre de creuser un tunnel sous une banque londonienne avec une équipe de bras cassés attachants mais peu fiables. Ce qui devait être un coup propre et silencieux se transforme en un véritable feuilleton policier national lorsque la police intercepte leurs communications radio sans parvenir à les localiser. Une comédie noire délicieusement british sur la bêtise organisée et l'improvisation érigée en art de vivre.
Braquage À L'anglaise — titre original The Bank Job — est directement inspiré du casse réel de la Baker Street en septembre 1971, considéré comme l'un des plus grands braquages de l'histoire criminelle du Royaume-Uni. Des malfaiteurs avaient alors creusé un tunnel depuis une boutique de cuir voisine jusqu'aux coffres de la Barclays Bank de Baker Street, dérobant une somme estimée à plusieurs millions de livres sterling. L'affaire avait défrayé la chronique, mais le gouvernement britannique avait imposé une censure médiatique sous couvert du Defence Advisory Notice — un mécanisme qui interdisait à la presse de rapporter certaines informations sensibles. Cette censure mystérieuse avait alimenté de nombreuses théories sur le contenu des coffres : des photos compromettantes de personnalités politiques et membres de la famille royale, des documents d'État secrets, des preuves d'activités criminelles de notables. Roger Donaldson et les scénaristes Dick Clement et Ian La Frenais ont saisi ce terrain fertile de la réalité méconnue pour construire un thriller qui mêle facts réels et spéculation dramatisée. Le casting de Jason Statham dans un rôle inhabituellement sobre — bien loin de ses personnages d'action habituels — traduisait la volonté de donner au film une texture naturaliste et crédible.
Résumé des critiques professionnelles : Braquage À L'anglaise a reçu des critiques très positives, la presse saluant la qualité du scénario, l'atmosphère soigneusement reconstituée des années 70 londonniennes et la performance convaincante de Jason Statham dans un registre plus dramatique qu'à l'accoutumée. Les journalistes ont particulièrement apprécié la façon dont le film joue avec l'histoire vraie tout en s'en émancipant pour créer une narration plus riche et plus complexe. Rotten Tomatoes lui a attribué un score d'environ 77 %, ce qui en fait l'un des films les mieux notés de la filmographie de Donaldson.
Réception du public : Le film a connu un succès public significatif, réalisant 64 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d'environ 20 millions. Les amateurs de thrillers historiques et de films de braquage ont été conquis par l'atmosphère et le rythme du film, et le public britannique y a trouvé une lecture fascinante d'un épisode réel de son histoire criminelle.
Récompenses obtenues : Braquage À L'anglaise n'a pas été récompensé lors des grandes cérémonies cinématographiques, mais a été largement salué dans la presse spécialisée en films de genre comme l'un des meilleurs thrillers de l'année 2008.
Inspirations du réalisateur : Roger Donaldson s'est inspiré des grands thrillers de casse britanniques des années 60 et 70 — L'Or se barre (1969), The Italian Job — pour l'atmosphère et la tonalité du film, cherchant à restituer l'esprit d'une époque où les braqueurs avaient une forme de popularité populaire dans l'imaginaire collectif anglais.
Difficultés de production : La reconstitution du Londres des années 70 — décors, costumes, automobiles, enseignes — a demandé un travail minutieux de la direction artistique. L'équipe a dû identifier et transformer des rues londoniennes ayant préservé suffisamment d'éléments architecturaux de l'époque pour pouvoir les « désanachroniser » au montage.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence dans les tunnels souterrains — où les braqueurs creusent leur passage vers les coffres dans des conditions de claustrophobie extrême — a été l'une des plus éprouvantes physiquement pour les acteurs, tournée dans de véritables passages étroits reconstitués qui rendaient chaque mouvement difficile et chaque respiration laborieuse.
Braquage À L'anglaise est autant un film politique qu'un film de casse, interrogeant les mécanismes de censure d'État et la façon dont les pouvoirs en place protègent leurs propres intérêts en effaçant certaines vérités gênantes. Le film dit que les criminels qui creusent des tunnels sous les banques ne sont pas nécessairement plus dangereux pour la société que ceux qui siègent dans les palais et les parlements. La complicité involontaire de gens ordinaires dans des affaires qui les dépassent est un fil narratif constant, les personnages découvrant au fur et à mesure qu'ils se sont immiscés dans quelque chose de bien plus lourd de conséquences qu'un simple braquage. La corruption systémique — police, services secrets, monde politique — est le vrai antagoniste du film, plus menaçant que n'importe quel inspecteur en imperméable.
La fin de Braquage À L'anglaise tient ses promesses de thriller politique : les braqueurs obtiennent l'immunité en échange des documents compromettants qu'ils ont découverts dans les coffres, et les puissants qui auraient voulu les réduire au silence doivent lâcher prise. Cette résolution qui voit les petits criminels tenir en otage les grandes institutions grâce à la vérité qu'ils détiennent est à la fois satisfaisante et amèrement ironique — la liberté des protagonistes est achetée au prix du silence perpétuel sur ce qu'ils ont vu.
Braquage À L'anglaise traduit librement The Bank Job — littéralement « le boulot de la banque » — en y ajoutant la connotation culturelle du « à l'anglaise » qui évoque à la fois l'humour british, le flegme face au danger et un certain art de l'improvisation désinvolte qui correspond parfaitement à l'esprit du film. En France, ce titre évoque aussi la tradition du film de casse à la française tout en signalant la couleur locale britannique qui fait la saveur particulière de cette histoire.
Braquage À L'anglaise est régulièrement rediffusé sur les chaînes britanniques et françaises, où il continue de trouver un public fidèle parmi les amateurs de thrillers historiques bien construits. Le vrai casse de Baker Street reste un épisode fascinant de l'histoire criminelle britannique, et des documentaires continuent de rouvrir le dossier en cherchant à confirmer ou infirmer les théories sur le contenu des coffres. Jason Statham, dont ce film est l'une des meilleures performances, n'a depuis guère réitéré cette aventure dans le registre dramatique.
Braquage À L'anglaise entre naturellement en conversation avec les grands films de casse britanniques : L'Or se barre (1969) et son remake de 2003 sont les références classiques du genre. Blow (2001) ou American Gangster (2007) partagent la même façon de traiter des criminels réels avec une sympathie calculée. En France, Le Casse (1971) avec Jean-Paul Belmondo est l'ancêtre du genre. The Italian Job (2003) ou Ocean's Eleven (2001) offrent des versions plus spectaculaires et moins ancrées dans le réalisme du même archétype narratif.