Susannah Cahalan est une jeune journaliste prometteuse du New York Post dont la vie bascule brutalement quand elle commence à souffrir d'hallucinations, de crises d'épilepsie et d'une psychose galopante. Hospitalisée, observée, incomprise, elle perd peu à peu la mémoire de tout ce qui lui arrive pendant des semaines entières. Pendant que ses proches luttent pour ne pas la perdre, un médecin visionnaire finit par identifier une maladie auto-immune rarissime que personne n'avait su reconnaître. Adapté de l'autobiographie de Susannah Cahalan, *Brain On Fire* est un film poignant sur le combat d'une jeune femme pour reconquérir sa propre vie.
Brain On Fire est l'adaptation de l'autobiographie du même titre écrite par Susannah Cahalan, publiée en 2012. Cahalan, journaliste au New York Post, a reconstruit son histoire à partir de ses propres notes éparses, des témoignages de ses proches et des enregistrements vidéo réalisés pendant son hospitalisation — une façon de recomposer une période dont elle n'avait aucun souvenir direct. Le livre a connu un immense succès, notamment parce qu'il mettait en lumière une maladie auto-immune neurologique rarissime — l'encéphalite à anticorps anti-récepteurs NMDA — pratiquement inconnue du grand public et souvent confondue avec la schizophrénie ou d'autres maladies psychiatriques. Gerard Barrett, réalisateur irlandais qui avait signé Glassland (2014), a été attiré par la dimension du thriller médical et le portrait d'une jeune femme qui doit reconstituer son propre passé. Le choix de Chloë Grace Moretz pour incarner Susannah permettait d'apporter au personnage la fragilité et la détermination simultanées que le rôle exigeait.
Résumé des critiques professionnelles : Brain On Fire a reçu des critiques mitigées, les journalistes reconnaissant la force du sujet et la sincérité de la démarche tout en pointant une réalisation parfois trop conventionnelle pour un récit aussi extraordinaire. La performance de Chloë Grace Moretz a été jugée convaincante dans les scènes les plus physiquement exigeantes, même si certains ont estimé que le film ne plongeait pas assez loin dans les mécanismes de la maladie pour être vraiment troublant.
Réception du public : Le film a été diffusé directement sur Netflix dans de nombreux marchés, atteignant un public plus large que sa distribution en salles ne l'aurait permis. Les personnes touchées par des maladies auto-immunes ou ayant des proches dans ces situations ont été nombreuses à témoigner de leur reconnaissance pour la mise en lumière de ces pathologies méconnues.
Récompenses obtenues : Le film n'a pas obtenu de récompenses majeures. L'autobiographie sur laquelle il est basé a en revanche continué à être récompensée et à alimenter des débats médicaux importants sur le diagnostic des maladies auto-immunes neurologique.
Inspirations du réalisateur : Gerard Barrett a rencontré Susannah Cahalan elle-même pour préparer le film, s'imprégnant de son témoignage direct et de la façon dont elle décrivait sa perception du monde pendant la maladie — ces hallucinations et ces perceptions altérées qu'il fallait trouver le moyen de rendre à l'écran sans tomber dans le cliché visuel de la folie au cinéma.
Difficultés de production : La reconstitution des états psychotiques et des crises épileptiques de façon cliniquement juste représentait le principal défi artistique du film. Barrett a travaillé avec des médecins spécialistes pour s'assurer que la représentation des symptômes était exacte et respectueuse de ce que vivent vraiment les personnes atteintes de cette maladie.
Anecdote sur une scène particulière : La scène dans laquelle Susannah regarde la vidéo de surveillance d'elle-même à l'hôpital — confrontée à une version d'elle-même qu'elle ne reconnaît pas, se comportant de façon violente et incompréhensible — est l'une des plus déchirantes du film. Chloë Grace Moretz a décrit cette scène comme l'une des plus difficiles de sa carrière à jouer émotionnellement.
Brain On Fire explore la relation entre le corps, le cerveau et l'identité — que se passe-t-il quand le cerveau, siège de tout ce qu'on est, est attaqué par le corps lui-même ? La maladie auto-immune neurologique est une métaphore puissante de la trahison intérieure : c'est notre propre système immunitaire qui attaque notre cerveau. Le film interroge aussi les lacunes du système médical face à des maladies rares ou nouvelles — Susannah a failli être internée en psychiatrie indéfiniment si un médecin n'avait pas eu l'intuition du bon diagnostic. La reconstruction de la mémoire et de l'identité après une période de vide total est un autre thème fort. Le film célèbre enfin la résilience et la capacité à se reconstruire une vie après un traumatisme cérébral majeur, tout en questionnant ce que "retrouver soi-même" signifie vraiment.
La fin du film voit Susannah diagnostiquée correctement par le Dr Najjar, qui identifie l'encéphalite anti-NMDA et commence le traitement approprié. La guérison est progressive et difficile — Susannah doit réapprendre à marcher, à parler, à être elle-même — mais elle est réelle. La journaliste récupère suffisamment pour pouvoir témoigner de son expérience, écrire son livre et, par là, aider des milliers de patients souffrant de la même maladie non diagnostiquée. La fin réelle est optimiste : Susannah Cahalan est guérie, continue à travailler comme journaliste, et son livre a conduit à des diagnostics et des guérisons dans le monde entier.
Brain On Fire ("Cerveau en feu") décrit littéralement ce qui se passe dans le cerveau de Susannah pendant sa maladie : une inflammation cérébrale aiguë causée par des anticorps qui attaquent les récepteurs NMDA du cerveau. Ce titre est aussi une métaphore de l'expérience subjective de la maladie — le cerveau qui brûle, qui s'emballe, qui perd le contrôle. Mais "brain on fire" évoque également la vivacité intellectuelle de Susannah avant la maladie — son cerveau brillant et allumé comme un feu qui couvait sous la surface. C'est un titre qui contient à la fois la destruction et l'éclat, la crise et le talent.
Susannah Cahalan, dont l'autobiographie a été traduite dans de nombreuses langues, continue de travailler comme journaliste et de parler publiquement de l'encéphalite anti-NMDA pour sensibiliser le corps médical et le grand public. Elle a publié un second livre en 2019, The Great Pretender, sur l'histoire de la psychiatrie et les maladies mal diagnostiquées. Chloë Grace Moretz, qui avait fait de ce film l'un de ses projets les plus personnellement investis, continue de développer une carrière entre films d'auteur et productions plus grand public. La maladie d'encéphalite anti-NMDA est depuis beaucoup mieux connue et diagnostiquée dans les services médicaux, en partie grâce à la visibilité apportée par le livre et le film.
Brain On Fire s'inscrit dans la tradition des films médicaux sur les maladies rares et les diagnostics manqués. Still Alice (2014) de Richard Glatzer et Wash Westmoreland explore la maladie d'Alzheimer précoce avec une précision et une profondeur similaires. The Soloist (2009) de Joe Wright examine la schizophrénie non traitée et la frontière avec le génie. Lorenzo's Oil (1992) de George Miller est la référence du film sur des parents qui se battent contre une maladie rare pour sauver leur enfant. Unbroken (2014) d'Angelina Jolie partage la même structure de récit de survie et de résilience. The Theory of Everything (2014) de James Marsh, comme Brain On Fire, met en scène un personnage dont les capacités sont diminuées par la maladie mais dont l'esprit demeure intact.