Rick et Fred, meilleurs amis mariés depuis de longues années, montrent des signes croissants de lassitude conjugale et passent leur temps à reluquer les femmes qu'ils croisent. Exaspérées, leurs épouses décident d'une solution radicale en leur offrant un « bon à tirer », une semaine entière de liberté totale sans avoir à rendre de comptes. Les deux amis, pourtant persuadés de profiter pleinement de cette occasion inespérée, se révèlent totalement inadaptés à ce retour soudain au célibat. Cette semaine de liberté va finalement les confronter à leurs propres limites et à la valeur réelle de leur vie de couple.
Les frères Bobby et Peter Farrelly, réalisateurs reconnus pour leurs comédies grivoises à succès depuis les années 1990, développent l'idée originelle du film autour d'un postulat volontairement provocateur, celui d'un couple accordant à son partenaire une semaine de liberté totale sans conséquence sur le mariage. Le scénario, coécrit avec Pete Jones et Kevin Barnett, s'inspire des interrogations propres à la crise de la quarantaine et de la routine conjugale, thèmes que les Farrelly choisissent de traiter sous un angle comique plutôt que dramatique. Les deux réalisateurs souhaitent explorer avec humour la différence entre le fantasme de liberté masculine et la réalité bien plus terne de sa mise en pratique. Owen Wilson et Jason Sudeikis, comédiens habitués aux comédies américaines populaires, sont choisis pour former le duo principal du film. Le tournage privilégie un ton volontairement potache et parfois scatologique, fidèle au style caractéristique des frères Farrelly depuis leurs précédents succès. La production choisit également de développer en parallèle l'intrigue des épouses, afin d'équilibrer le regard porté sur les deux sexes.
Le film reçoit un accueil critique mitigé à négatif, plusieurs observateurs jugeant l'humour trop convenu et le scénario incapable d'exploiter pleinement les possibilités comiques offertes par son postulat pourtant audacieux. Certains critiques reconnaissent néanmoins la complicité efficace entre Owen Wilson et Jason Sudeikis, ainsi que quelques scènes ponctuellement réussies. La conclusion jugée trop moralisatrice et prévisible du film est également pointée par plusieurs observateurs, en décalage avec le ton provocateur affiché au début du récit. Le public réserve un accueil modeste au film, qui ne parvient pas à retrouver le succès des précédentes comédies des frères Farrelly. Le film trouve néanmoins son public parmi les amateurs de comédies américaines potaches similaires à Very Bad Trip, sorti quelques années auparavant. Le duo Wilson-Sudeikis contribue à maintenir un intérêt commercial correct malgré les critiques mitigées. Le film obtient le Prix de l'adaptation en sous-titrage lors d'une cérémonie française consacrée à la traduction cinématographique, récompensant le travail de sous-titrage français, mais ne reçoit pas de récompense cinématographique majeure lors des grandes cérémonies internationales.
Les frères Farrelly ont délibérément choisi de développer en parallèle l'intrigue des épouses des deux personnages principaux, afin d'équilibrer le regard comique porté sur les deux sexes plutôt que de se concentrer uniquement sur le point de vue masculin. Owen Wilson et Jason Sudeikis ont travaillé leur complicité comique durant plusieurs semaines de répétition, cherchant à donner une vraie crédibilité à leur amitié de longue date malgré des personnalités très différentes. La bande originale du film, mêlant plusieurs titres pop contemporains, a été particulièrement soignée par les réalisateurs afin de renforcer l'ambiance légère et estivale du récit.
Le film explore la crise de la quarantaine et la lassitude conjugale, à travers le prisme comique d'une expérience de liberté totale accordée aux deux personnages principaux. Il questionne également l'écart entre le fantasme masculin de liberté sexuelle et la réalité bien plus contraignante et décevante de sa mise en pratique concrète. La valeur du couple et de l'engagement à long terme, révélée en creux par cette expérience de liberté ratée, constitue un autre axe important du récit.
Après une semaine de liberté totale marquée par une succession d'échecs et de maladresses plutôt que par les conquêtes espérées, Rick et Fred réalisent progressivement la valeur réelle de leur vie de couple et de leur mariage respectif. Les deux hommes choisissent finalement de retourner auprès de leurs épouses, ayant compris à travers cette expérience que leur fantasme de liberté masculine était largement surestimé face à la stabilité et à l'affection qu'ils avaient déjà. Le film se conclut sur une réconciliation conjugale prévisible mais chaleureuse, les couples retrouvant un équilibre renforcé par cette parenthèse de liberté.
Le titre Bon à tirer désigne littéralement l'autorisation accordée par les deux épouses à leurs maris, leur donnant une semaine de liberté totale sans conséquence sur leur mariage, une expression empruntée au vocabulaire de l'imprimerie pour signifier une validation sans retour possible.
Bon à tirer reste aujourd'hui davantage cité comme une comédie mineure dans la filmographie des frères Farrelly, éclipsée par leurs plus grands succès des années 1990 et 2000. Le film continue d'être occasionnellement redécouvert par les amateurs de comédies américaines populaires des années 2010.
Les amateurs du film apprécieront Very Bad Trip pour retrouver une dynamique comique similaire entre amis confrontés à une escapade incontrôlable, Mary à tout prix, autre grand succès des frères Farrelly, ou encore Crazy Amy pour une autre comédie américaine abordant les questions de liberté sexuelle et de couple.