Un groupe de jeunes amis aisés se retrouve dans une immense propriété isolée pour attendre le passage d'un ouragan, entre alcool, drogues et rivalités amoureuses latentes. Pour passer le temps, ils décident de jouer à Bodies Bodies Bodies, un jeu consistant à mimer des meurtres fictifs dans l'obscurité. Mais lorsque l'un des participants est retrouvé réellement mort, la soirée bascule dans la paranoïa la plus totale, chacun soupçonnant son voisin tandis que les tempêtes de vent coupent toute communication avec l'extérieur.
Bodies Bodies Bodies est le premier long métrage anglophone de la réalisatrice et actrice néerlandaise Halina Reijn, qui adapte un scénario de Sarah DeLappe, dramaturge remarquée pour sa pièce The Wolves, à partir d'une histoire originale de Kristen Roupenian, autrice devenue célèbre grâce à sa nouvelle Cat Person publiée dans le New Yorker. Le film s'inscrit dans la veine du slasher satirique, détournant les codes du genre pour dresser le portrait au vitriol d'une génération biberonnée aux réseaux sociaux et au langage thérapeutique contemporain. Halina Reijn a expliqué avoir voulu explorer, à travers ce whodunit haletant, la manière dont les concepts de bien-être psychologique et de développement personnel peuvent paradoxalement masquer une profonde cruauté et une incapacité à la véritable empathie chez de jeunes adultes obsédés par leur propre image.
Bodies Bodies Bodies a été accueilli favorablement par la critique américaine, saluée pour sa satire mordante d'une jeunesse aisée obsédée par le langage thérapeutique et les réseaux sociaux, ainsi que pour son twist final jugé à la fois hilarant et grinçant. Plusieurs observateurs ont particulièrement apprécié les performances du casting choral, notamment celles de Rachel Sennott et Maria Bakalova, ainsi que la mise en scène efficace de Halina Reijn, capable de maintenir une tension constante malgré un dispositif de huis clos resserré. D'autres critiques ont souligné la dimension méta du film, qui semble se moquer autant de ses personnages que du genre du slasher lui-même. Le public a réservé un accueil très favorable au film, en particulier les jeunes spectateurs qui se sont reconnus, avec une bonne dose d'autodérision, dans la satire des travers de leur propre génération dépeinte par le film. Le twist final du film est rapidement devenu un sujet viral sur les réseaux sociaux, contribuant à la popularité du film bien au-delà de sa sortie en salles. Bodies Bodies Bodies n'a pas été distingué par une récompense majeure, mais a confirmé Halina Reijn comme une réalisatrice à suivre dans le paysage du cinéma de genre américain contemporain.
Halina Reijn a construit son film à partir d'une histoire originale de Kristen Roupenian, autrice devenue célèbre pour sa nouvelle Cat Person, et d'un scénario de Sarah DeLappe, cherchant à interroger la manière dont le langage thérapeutique contemporain peut masquer une profonde incapacité à l'empathie réelle chez de jeunes adultes obsédés par leur image et leur bien-être personnel. Le tournage s'est déroulé dans une vaste propriété isolée reconstituant l'atmosphère orageuse et confinée nécessaire à l'intrigue, la production ayant dû composer avec les contraintes d'un tournage en décors intérieurs prolongé, propice à l'installation progressive de la paranoïa entre les personnages.
Bodies Bodies Bodies explore la paranoïa collective et la dissolution de la confiance au sein d'un groupe d'amis confronté à un meurtre inattendu. Le film dresse également une satire mordante du langage thérapeutique contemporain et de son usage parfois superficiel par une jeunesse aisée davantage préoccupée par son image que par une véritable empathie envers les autres. La rivalité amoureuse et les non-dits accumulés entre les personnages occupent également une place centrale dans la mécanique du récit. Le film interroge enfin la dépendance aux réseaux sociaux et aux téléphones portables, leur absence soudaine plongeant les personnages dans un profond désarroi face à l'adversité.
Le film révèle finalement que la première victime est morte accidentellement, victime d'un simple accident domestique plutôt que d'un meurtre prémédité, une vérité que la paranoïa collective et l'incapacité des personnages à communiquer sereinement les ont empêchés de découvrir plus tôt. Ce twist final souligne avec ironie le message central du film : la véritable menace ne provenait pas d'un tueur caché parmi eux, mais de leur propre incapacité à se faire confiance et à dialoguer honnêtement, symptomatique d'une génération davantage habituée à performer l'empathie qu'à la ressentir réellement.
Le titre Bodies Bodies Bodies reprend le nom du jeu de société pratiqué par les personnages au début du film, consistant à mimer des meurtres fictifs dans l'obscurité pour tenter de démasquer le « tueur » désigné secrètement parmi les joueurs. Cette répétition du mot « corps » trois fois annonce avec ironie la bascule du jeu vers une réalité funeste, brouillant la frontière entre divertissement macabre et véritable tragédie.
Bodies Bodies Bodies a confirmé la reconnaissance de Halina Reijn au sein du cinéma de genre américain contemporain, la réalisatrice ayant depuis poursuivi sa carrière avec d'autres projets remarqués, tandis que le twist final du film continue d'être régulièrement partagé et commenté sur les réseaux sociaux.
Knives Out, autre whodunit contemporain mêlant satire sociale et intrigue policière haletante, partage avec Bodies Bodies Bodies cette volonté de renouveler le genre du mystère à huis clos pour un public contemporain. Ready or Not, film d'horreur mettant lui aussi en scène un jeu mortel au sein d'une riche famille, offre une résonance thématique avec le dispositif ludique détourné du film de Halina Reijn. Cabin Fever, autre production explorant la paranoïa d'un groupe d'amis isolés confrontés à une menace insidieuse, propose une parenté structurelle avec le huis clos développé dans Bodies Bodies Bodies.