Kate Sanders, jeune danseuse originaire de Virginie-Occidentale, décroche une bourse pour intégrer une prestigieuse école de ballet parisienne où elle espère décrocher le contrat tant convoité offert par l'Opéra national de Paris. Dès son arrivée, elle se heurte à Marine Durand, élève brillante hantée par le suicide récent de son frère, ancien prodige de l'école. Contraintes de partager la même chambre, les deux jeunes femmes passent d'une rivalité âpre à une relation trouble, faite de complicité, de désir et de compétition. Leur duel silencieux pour la première place va les pousser dans leurs derniers retranchements, entre passion pour la danse et blessures intimes.
Birds Of Paradise n'est pas une histoire originale : le film adapte le roman Bright Burning Stars, publié en 2019 par l'autrice américaine A.K. Small, elle-même ancienne élève d'une école de danse parisienne. La réalisatrice Sarah Adina Smith, jusque-là plutôt associée à des films indépendants intimistes, s'empare du roman pour en écrire le scénario et en assurer la mise en scène. Le projet est annoncé début 2020, porté par Amazon Studios, qui cherchait alors à investir le terrain du teen drama haut de gamme. Smith a expliqué avoir été séduite avant tout par la tension psychologique du récit et par la rivalité entre les deux héroïnes, plus que par le cadre chorégraphique en tant que tel. Elle confie s'être inspirée des ambiances gothiques et oppressantes du cinéma de genre pour donner au monde très codifié du ballet une dimension presque fantastique. Le choix de tourner à Budapest plutôt qu'à Paris répondait à des impératifs de production, la capitale hongroise offrant des décors architecturaux propices à recréer l'atmosphère d'une école d'élite parisienne. Le tournage débute en février 2020, à peine quelques semaines avant que la pandémie ne bouleverse l'industrie du cinéma dans le monde entier.
La presse spécialisée a livré un accueil partagé mais globalement positif : sur l'agrégateur Rotten Tomatoes, le film recueille 63% d'avis favorables, tandis que Metacritic lui attribue une note de 57 sur 100, signe de critiques mitigées à moyennement favorables. De nombreux critiques ont salué l'alchimie entre Kristine Frøseth et Diana Silvers ainsi que la mise en scène soignée de Sarah Adina Smith, capable de créer des images marquantes et une atmosphère trouble proche du gothique. En revanche, plusieurs voix ont regretté un scénario jugé trop chargé, multipliant les intrigues secondaires au détriment de la clarté du récit, et un manque de séquences de danse pure pour un film centré sur le ballet. Côté public, l'accueil a été plus tiède : la note moyenne sur IMDb s'établit autour de 5,9 sur 10, et les spectateurs se sont montrés partagés entre l'esthétique soignée du film et un scénario perçu comme convenu, voire dérivatif de références comme Black Swan. En France, plusieurs spectateurs ont salué la beauté des images et des costumes tout en regrettant une intrigue jugée peu originale et un rythme parfois trop lâche. Le film n'a pas rencontré de succès critique unanime mais a trouvé son public parmi les amateurs de teen dramas romanesques disponibles sur les plateformes de streaming.
Sarah Adina Smith a indiqué avoir voulu filmer le monde de la danse comme un univers presque surnaturel, où la compétition extrême entre adolescentes se rapproche du conte cruel plus que du simple récit initiatique. Le tournage, débuté à Budapest en février 2020, a nécessité un important travail de transformation des décors afin de faire passer la ville pour Paris, entre reconstitutions d'intérieurs d'école de danse et repérages architecturaux du XIXe siècle. Les actrices principales, Kristine Frøseth et Diana Silvers, ont dû suivre un entraînement intensif de danse classique avant le tournage afin de pouvoir interpréter elles-mêmes une partie des scènes chorégraphiées.
Le film explore la rivalité féminine comme miroir d'une violence plus intime, celle du deuil, de la jalousie et du désir de reconnaissance. Il interroge également la pression exercée sur de très jeunes danseuses par un système élitiste où la moindre faiblesse peut coûter une carrière, et où le corps devient à la fois une arme et une prison. La relation ambiguë entre Kate et Marine, entre attirance et compétition, permet aussi d'aborder la question de l'éveil de la sexualité adolescente dans un contexte de pression sociale extrême. Enfin, le film questionne la manière dont le deuil et le traumatisme peuvent se transformer en moteur destructeur ou, au contraire, en source de dépassement de soi.
Au terme de la compétition, les deux danseuses comprennent que le système qui les oppose profite davantage à l'institution qu'à elles-mêmes, et leur affrontement se mue en une forme de solidarité fragile. Le film choisit de ne pas trancher de façon nette entre victoire et défaite sportive, préférant montrer que la vraie transformation des deux héroïnes est intérieure : elles sortent de cette épreuve plus conscientes de leurs failles et de ce qui les lie, au-delà de la simple rivalité pour une place à l'Opéra.
Le titre Birds Of Paradise, littéralement Oiseaux de paradis, renvoie à la fois à la grâce et à la légèreté recherchées par les danseuses classiques et à la cruauté de la sélection dont elles sont victimes, comme des oiseaux exotiques admirés puis mis en cage par un système qui les façonne à son image.
Depuis sa sortie sur Amazon Prime Video en septembre 2021, Birds Of Paradise a surtout connu une seconde vie sur les plateformes de streaming, où il continue d'être régulièrement redécouvert par les amateurs de teen dramas romanesques, sans qu'aucune suite ni projet dérivé n'ait été annoncé à ce jour.
Les spectateurs ayant apprécié Birds Of Paradise pourront se tourner vers Black Swan de Darren Aronofsky, qui explore lui aussi la pression psychologique du monde de la danse classique, ou vers Flesh And Bone, minisérie centrée sur la rivalité entre danseuses au sein d'une compagnie prestigieuse.