Dimanche, 12 juillet 2026
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Bêtes Blondes

Bêtes Blondes

2019 France, Suisse
Synopsis

Éphémère vedette de sitcom dans les années 1990, Fabien noie aujourd'hui dans l'alcool le souvenir de Corinne, sa partenaire de jeu disparue, au point de perdre régulièrement la mémoire. Rien ne l'étonne plus vraiment, pas même sa rencontre avec Yoni, jeune militaire en pleurs qui transporte dans un sac la tête tranchée de son amant. Les deux hommes que tout oppose vont pourtant continuer leur route ensemble, entre road-movie déjanté et conte macabre. Pour Fabien, ce périple improbable devient l'occasion de remonter le fil de son propre passé.

Genèse du film

Bêtes Blondes est le premier long métrage du duo franco-suisse formé par Alexia Walther et Maxime Matray, qui en co-signent également le scénario. Le film prolonge l'univers déjà exploré par les deux cinéastes dans leur court métrage précédent, Malfaisant, où un oiseau s'exprimait déjà à travers la bouche d'un homme, annonçant le goût du duo pour l'interpénétration entre l'humain et l'animal. L'idée originelle du film n'est tirée ni d'un livre ni d'un fait réel, mais construite comme un rêve éveillé, traversé par l'absurde et le hasard, mêlant la mythologie grecque à l'imagerie kitsch des années 1990. Les réalisateurs ont voulu créer une forme de fable contemporaine sans logique narrative classique, où le protagoniste, ancien acteur de sitcom, erre au fil de rencontres improbables. Le film a été présenté en avant-première à la Semaine de la critique de la Mostra de Venise en 2018, où il a remporté le prix du film le plus innovant, avant sa sortie en salles françaises le 6 mars 2019.

Critiques et réception

Bêtes Blondes a suscité des réactions très contrastées, une partie de la critique saluant l'inventivité visuelle et l'onirisme assumé du film, tandis qu'une autre partie a été déroutée par son absence totale de logique narrative. Plusieurs observateurs comparent le duo de réalisateurs à Quentin Dupieux pour leur goût commun de l'absurde et du non-sens revendiqué. La performance de Thomas Scimeca est largement saluée, l'acteur étant crédité d'une grande palette de jeu, de la farce la plus débridée aux moments les plus graves. Le public s'est montré très divisé face à cet objet filmique atypique, certains spectateurs adhérant pleinement à son atmosphère étrange et macabre, d'autres se déclarant complètement hermétiques à son propos et à sa structure décousue. Le film reste avant tout apprécié par un public habitué au cinéma de genre expérimental et aux comédies noires les plus barrées. Bêtes Blondes a remporté le prix du film le plus innovant à la Semaine de la critique de la Mostra de Venise 2018, ainsi que le Prix Gérard Frot-Coutaz au Festival de Belfort la même année.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Alexia Walther et Maxime Matray poursuivent avec Bêtes Blondes l'exploration entamée dans leur court métrage Malfaisant autour de la porosité entre l'humain et l'animal. Le duo revendique une inspiration mêlant mythologie grecque, imagerie des années 1990 et esthétique onirique proche du rêve éveillé, sans volonté de coller à une logique réaliste. Anecdote sur une scène particulière : vers la fin du film, les chats de Fabien se transforment en humains, une scène qui illustre à elle seule le brouillage volontaire des frontières entre les espèces cher aux deux réalisateurs, déjà présent dans leur travail précédent.

Thèmes abordés

Bêtes Blondes explore la porosité entre l'humain et l'animal, brouillant sans cesse la hiérarchie entre les espèces à travers des personnages mi-hommes mi-bêtes. Le deuil et la difficulté à se souvenir occupent également une place centrale, le personnage de Fabien étant rongé par la perte de sa partenaire de jeu et par ses propres troubles de mémoire. Le film interroge aussi la notion d'identité et de célébrité éphémère, à travers ce comédien has-been resté figé dans son rôle de vedette de sitcom des années 1990. La dimension corporelle et animale de l'être humain, à travers l'appétit et les fluides, traverse également tout le récit. Enfin, le film questionne les liens de filiation choisie, Fabien en venant à considérer Yoni comme son propre enfant au fil de leur périple commun.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Le film se conclut sur une scène marquante où les chats de Fabien se transforment en humains, symbole ultime du brouillage entre les règnes animal et humain qui traverse tout le récit. Peu avant cette scène, Fabien doit affronter la famille de Ricky, l'amant décapité de Yoni, venue réclamer l'un des reins du défunt : il leur présente d'abord la tête tranchée comme une « preuve d'amour » avant de leur céder un bijou appartenant au mort. Cette conclusion, résolument absurde et macabre, ne cherche pas à résoudre une intrigue classique mais à clore le voyage initiatique de Fabien, qui semble enfin trouver une forme de paix après avoir affronté les fantômes de son passé.

Signification du titre

Le titre Bêtes Blondes évoque à la fois la blondeur du personnage principal, ancienne idole télévisuelle des années 1990, et la dimension animale, sauvage et instinctive qui affleure chez les différents protagonistes du film tout au long de leur périple.

Bande Originale

La bande-son du film, composée par Maxime Matray lui-même, a été saluée par la critique pour son mélange singulier de sonorités synthétiques inspirées des jeux vidéo des années 1980-1990 et de musique expérimentale aux accents aztèques, contribuant fortement à l'atmosphère onirique et décalée du film.

Films Similaires

Bêtes Blondes peut être rapproché de l'univers de Quentin Dupieux, notamment Réalité ou Au Poste !, pour son goût commun de l'absurde assumé et des situations surréalistes. On peut également le comparer à Holy Motors de Leos Carax pour sa manière de faire cohabiter des séquences oniriques et des personnages mi-humains mi-animaux au sein d'un même périple.