Dido Elizabeth Belle, fille métisse illégitime d'un officier de la marine britannique et d'une esclave, est élevée au sein de l'aristocratie anglaise du dix-huitième siècle par son grand-oncle, le juge Lord Mansfield. Tiraillée entre son statut privilégié et le racisme ambiant de son époque, elle grandit dans une position sociale aussi enviable qu'ambiguë. Sa rencontre avec un jeune étudiant en droit engagé contre l'esclavage va bouleverser sa vision du monde. Ensemble, ils vont peser sur une décision de justice historique concernant le sort des esclaves britanniques.
Belle s'inspire de l'histoire vraie de Dido Elizabeth Belle, dont l'existence a été redécouverte grâce à un tableau du dix-huitième siècle la représentant aux côtés de sa cousine. Amma Asante a été fascinée par ce portrait, rare représentation d'une femme noire aristocratique peinte sur un pied d'égalité avec une femme blanche à cette époque. L'idée du film est née de la volonté de la réalisatrice de documenter cette figure historique méconnue et son influence supposée sur un jugement fondateur de la lutte contre l'esclavage britannique. Le scénario mêle donc éléments biographiques avérés et reconstitution romancée pour combler les zones d'ombre de son existence réelle. Asante souhaitait aussi interroger, à travers cette histoire, les questions de race et de classe sociale toujours d'actualité. Le projet lui tenait particulièrement à cœur en tant que réalisatrice noire britannique désireuse de raconter une histoire trop longtemps restée dans l'ombre.
La critique a salué le film pour sa reconstitution soignée de l'époque géorgienne ainsi que pour la performance remarquée de Gugu Mbatha-Raw dans le rôle-titre. Plusieurs journaux ont souligné la pertinence du regard porté par Amma Asante sur les questions de race et de privilège social. D'autres critiques ont estimé que le film privilégiait parfois le classicisme du film en costumes au détriment d'une exploration plus approfondie des enjeux historiques abordés. Le public a réservé un accueil chaleureux au film, touché par le destin singulier de cette héroïne méconnue de l'histoire britannique. Les spectateurs ont particulièrement apprécié la reconstitution visuelle soignée ainsi que l'histoire d'amour au cœur du récit. Le film a rencontré un succès notable, en particulier auprès d'un public sensible aux questions de représentation et de diversité au cinéma. Le film a reçu plusieurs nominations lors de cérémonies consacrées au cinéma indépendant et à la diversité, saluant notamment la performance de Gugu Mbatha-Raw dans le rôle-titre.
Amma Asante s'est inspirée directement du tableau représentant Dido Elizabeth Belle aux côtés de sa cousine pour construire l'ensemble de l'univers visuel et narratif du film. La production a nécessité une reconstitution minutieuse des costumes et décors de l'aristocratie britannique du dix-huitième siècle. Le tournage s'est déroulé dans plusieurs demeures historiques anglaises authentiques, renforçant l'authenticité visuelle du récit. Gugu Mbatha-Raw a dû se documenter en profondeur sur la vie de Dido Elizabeth Belle, dont peu d'éléments biographiques précis subsistent, pour construire son interprétation du personnage. Le rôle-titre a permis de révéler l'actrice auprès d'un plus large public international.
Le film explore la thématique du racisme et de la place ambiguë occupée par une femme métisse au sein de l'aristocratie britannique du dix-huitième siècle. Il aborde également la lutte contre l'esclavage à travers le prisme judiciaire et politique de l'époque. La question du statut social et de ses contradictions avec les origines raciales occupe une place centrale dans le parcours de l'héroïne. Le film traite aussi de l'amour comme force de résistance face aux préjugés sociaux et raciaux de son temps. Enfin, il interroge la construction de l'identité pour une personne tiraillée entre deux mondes qui la rejettent chacun à leur manière.
À la fin du film, Dido parvient à influencer, à travers son entourage, la décision historique de Lord Mansfield qui contribue à affaiblir juridiquement le commerce des esclaves britanniques. Elle épouse également l'homme qu'elle aime, dépassant ainsi les préjugés sociaux et raciaux qui semblaient initialement condamner leur relation. Cette conclusion marque l'aboutissement de sa quête d'identité et de reconnaissance, entre son statut social privilégié et ses origines métisses. Le film se termine sur une note d'espoir, soulignant l'influence discrète mais réelle qu'une femme comme Dido a pu avoir sur l'histoire de son pays. Cette fin conjugue accomplissement personnel et portée historique plus large.
Le titre Belle reprend le surnom donné à Dido Elizabeth Belle par son entourage, mettant en avant à la fois son identité propre et la beauté qui lui est reconnue malgré les préjugés raciaux de son époque. Ce titre simple et direct souligne la dignité du personnage principal, dont l'histoire a longtemps été éclipsée par celle de ses illustres contemporains. Il invite ainsi le spectateur à redécouvrir une figure historique méconnue à travers ce nom qui lui était propre.
Belle demeure aujourd'hui un film régulièrement cité pour son apport à la représentation de la diversité dans le cinéma en costumes. Gugu Mbatha-Raw a depuis poursuivi une carrière internationale remarquée, tant au cinéma qu'à la télévision. Amma Asante a continué de réaliser des films explorant les questions de race et d'identité. Le film reste une référence citée dans les débats sur la représentation historique des minorités au cinéma.
Les spectateurs appréciant ce film pourront se tourner vers 12 Years a Slave, autre œuvre marquante sur l'esclavage et ses conséquences sur l'identité individuelle. Raison et Sentiments propose une autre reconstitution soignée de l'aristocratie britannique du dix-huitième siècle. Amazing Grace explore également la lutte politique et judiciaire contre l'esclavage britannique. Enfin, Orgueil et Préjugés partage avec ce film le goût pour les récits romanesques situés dans l'Angleterre historique.