Being the Ricardos nous plonge dans les coulisses de la production de la sitcom culte I Love Lucy pendant une semaine de tournage cruciale en 1952. Lucille Ball et Desi Arnaz, couple star à l''écran comme à la ville, font face à une crise majeure qui menace de détruire leur carrière et leur mariage. Entre les accusations de sympathies communistes visant Lucille et les rumeurs d''infidélité de Desi, la tension est à son comble dans les studios de la CBS. À travers les répétitions et les séances d''écriture, le film révèle la complexité de deux icônes de la télévision américaine luttant pour garder le contrôle de leur empire.
Le film s''inspire d''une histoire vraie, celle de Lucille Ball et Desi Arnaz, qui ont révolutionné la télévision américaine dans les années 1950. Le réalisateur et scénariste Aaron Sorkin, fasciné par les dynamiques de pouvoir en coulisses et l''esprit brillant de Lucille Ball, a eu l''idée originelle en découvrant l''impact de la chasse aux sorcières du maccarthysme sur leur production quotidienne. Sorkin a passé des mois à étudier les archives de l''émission, les scripts originaux et les biographies du couple pour condenser plusieurs crises réelles en une seule semaine dramatique fictive. Son inspiration est venue de la dualité entre l''image publique hilarante du couple et la gestion ultra-rigoureuse, presque politique, de leur entreprise de production Desilu.
La presse professionnelle a salué la virtuosité des dialogues ciselés d''Aaron Sorkin et l''efficacité de sa mise en scène en coulisses. Les critiques ont été impressionnés par la performance de Nicole Kidman, qui s''éloigne du mimétisme pur pour capturer l''autorité et l''anxiété créative de Lucille Ball. Le travail de Javier Bardem et de J.K. Simmons a également reçu des éloges majeurs pour sa force théâtrale.
Le grand public, en particulier les nostalgiques de l''âge d''or de la télévision américaine, a accueilli le long-métrage avec beaucoup d''intérêt et d''émotion. Les spectateurs ont apprécié de découvrir l''envers du décor et la facette de femme d''affaires redoutable de Lucille Ball. Certains amateurs ont toutefois discuté le choix du casting, estimant que les acteurs physiques différaient trop des modèles réels.
Le film a connu un superbe parcours lors de la saison des récompenses, décrochant trois nominations majeures aux Oscars pour ses acteurs principaux. Nicole Kidman a notamment remporté le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique pour sa composition habitée.
Aaron Sorkin s''est inspiré des archives visuelles de la CBS de l''époque pour recréer au millimètre près le plateau d''enregistrement de la sitcom d''origine.
La production a dû faire face à de grands défis logistiques pour reconstituer l''esthétique des années 1950 en plein cœur de Los Angeles tout en respectant des protocoles sanitaires stricts.
Cate Blanchett était initialement pressentie et rattachée au projet pendant plusieurs années pour incarner le rôle de Lucille Ball avant que des conflits d''agenda ne mènent au casting final de Nicole Kidman.
Le film explore la politique de la peur à l''ère du maccarthysme, la place des femmes de pouvoir dans l''industrie hollywoodienne, la frontière poreuse entre l''amour conjugal et le partenariat commercial, ainsi que les sacrifices personnels liés à la célébrité de masse.
La fin montre le triomphe public du couple lors de l''enregistrement en direct après que Desi a réussi à blanchir Lucille en direct au téléphone avec J. Edgar Hoover. Cependant, ce succès professionnel scelle la fin de leur intimité : Lucille découvre une preuve concrète de l''infidélité de Desi, brisant l''illusion de leur couple parfait et annonçant leur divorce inévitable malgré le succès continu de leur show.
Le titre fait référence aux personnages de fiction qu''ils incarnaient, Lucy et Ricky Ricardo, soulignant la difficulté psychologique d''habiter ces identités de papier ("Being the Ricardos") alors que leurs vraies vies s''effondraient.
Le film reste une référence moderne sur la plateforme Prime Video pour illustrer l''histoire des pionniers de la télévision américaine et les dérives de la censure politique.
Les amateurs de coulisses hollywoodiennes et de dialogues rythmés apprécieront Mank de David Fincher ou Steve Jobs écrit par Aaron Sorkin pour leur déconstruction sans fard de figures publiques.