Carole et Richard, couple de quinquagénaires ruinés après une escroquerie ayant emporté leur entreprise, se réfugient dans leur appartement de vacances désormais désert de La Grande-Motte. Richard tente vainement de se reconvertir comme agent immobilier tandis que Carole, livrée à elle-même, sombre peu à peu dans le désarroi. Un soir, un homme blessé par balle, Anthony, se réfugie dans un appartement voisin et se révèle être un ami de jeunesse de Richard. Ce vieil ami leur propose alors de les aider à se sortir de leurs difficultés financières, entraînant le couple dans une aventure aussi périlleuse qu'inattendue.
Basse saison est un téléfilm français réalisé par Laurent Herbiet, diffusé sur Arte en novembre 2021, coécrit avec la scénariste Iris Wong. Le réalisateur explique que le projet est né d'une intention initiale bien plus sombre : lui et sa coscénariste imaginaient au départ une fiction proche du thriller, avec en tête le film Un flic de Jean-Pierre Melville comme référence esthétique. Mais au fil de l'écriture, l'histoire a pris une direction inattendue, l'équipe se rendant compte que le récit basculait naturellement vers la comédie sans que cela soit initialement recherché. Le choix du décor de La Grande-Motte, station balnéaire méditerranéenne désertée hors saison, permet à Herbiet de jouer sur le contraste entre l'architecture futuriste emblématique du lieu et la solitude de ses habitants hivernaux. Le casting réunit Emmanuelle Devos, Éric Caravaca et Simon Abkarian, trois comédiens habitués du cinéma d'auteur français, dans des rôles mêlant drame social et comédie policière. Le film s'inscrit dans la tradition des téléfilms d'Arte qui explorent des formats hybrides, entre thriller, comédie et critique sociale, loin des standards classiques de la fiction télévisuelle française.
L'accueil critique du téléfilm est partagé : certains observateurs saluent l'inventivité de la mise en scène de Laurent Herbiet et son atmosphère décalée, tandis que d'autres jugent le film bavard et trop proche du mauvais vaudeville pour fonctionner comme une véritable parodie de thriller. La performance d'Emmanuelle Devos est particulièrement remarquée par la critique, saluée pour son énergie et sa capacité à porter le film malgré un scénario jugé inégal par certains observateurs. Le contraste entre le vide hivernal de La Grande-Motte et l'agitation criminelle du récit est également souligné comme l'un des éléments les plus réussis du film.
Le public réserve un accueil globalement bienveillant à ce téléfilm, plusieurs spectateurs saluant son ambiance décalée et son atmosphère de ville balnéaire endormie hors saison. D'autres spectateurs jugent au contraire l'intrigue trop lente à démarrer et le personnage du jeune patron immobilier trop caricatural pour convaincre pleinement. Le format téléfilm, diffusé un soir sur Arte, limite naturellement l'ampleur de sa réception par rapport à une sortie en salles.
Basse saison n'a pas reçu de récompense notable, sa diffusion restant circonscrite au cadre de la programmation de fiction d'Arte.
Laurent Herbiet et sa coscénariste Iris Wong avaient initialement en tête le film Un flic de Jean-Pierre Melville pour construire une fiction sombre façon thriller, avant que l'écriture ne fasse naturellement basculer le projet vers la comédie, sans que cela soit une intention de départ.
Le tournage s'est déroulé à La Grande-Motte, station balnéaire méditerranéenne connue pour son architecture pyramidale emblématique des années 1960 et 1970, dont le vide hivernal a directement nourri l'atmosphère si particulière du film.
Un clin d'œil discret a été glissé dans le film : les extraits visibles à la télévision de la voisine, Madame Zambeaux, sont tirés du film L'Armée du crime de Robert Guédiguian, dans lequel joue Simon Abkarian, l'un des acteurs principaux de Basse saison.
Le film explore la précarité soudaine et le déclassement social d'un couple de la classe moyenne, ruiné du jour au lendemain par une escroquerie financière. Il interroge aussi la solitude et le vide existentiel, incarnés par l'atmosphère désertique de la station balnéaire hors saison où se réfugient les personnages. L'amitié ambiguë et les seconds départs, à travers le personnage d'Anthony qui ressurgit dans la vie du couple, occupent également une place importante dans le récit. Enfin, le film mêle avec ironie les codes du thriller policier et de la comédie sociale, interrogeant la frontière ténue entre respectabilité et bascule dans l'illégalité.
Le film se conclut sur la résolution du plan improvisé par Carole, Richard et Anthony pour sortir de leurs difficultés financières, dans un dénouement qui mêle absurde et tension propre au ton hybride assumé par Laurent Herbiet. Cette fin, cohérente avec la bascule progressive du récit vers la comédie, refuse la noirceur pure du thriller initialement envisagé par les scénaristes au profit d'une résolution plus légère. Le film clôt ainsi son propos sur l'idée que même dans les situations les plus désespérées, l'absurdité du quotidien peut prendre le pas sur le drame.
Le titre Basse saison désigne littéralement la période hivernale durant laquelle se déroule l'action, lorsque la station balnéaire de La Grande-Motte se vide de ses touristes et retrouve un calme presque inquiétant. Ce titre renvoie également, de façon métaphorique, à la situation personnelle des personnages principaux, eux-mêmes traversant une véritable basse saison de leur existence, marquée par la ruine et l'incertitude.
Un flic de Jean-Pierre Melville, référence explicitement citée par le réalisateur lors de l'écriture du scénario, permet de comprendre les intentions initiales plus sombres du projet. Camping et d'autres comédies françaises situées dans des stations balnéaires partagent avec Basse saison cette attention portée aux lieux de vacances comme révélateurs de tensions sociales. L'Armée du crime de Robert Guédiguian, dont un extrait apparaît directement dans le film, permet également de faire le lien avec l'univers de l'acteur Simon Abkarian, présent dans les deux films.