Barry Seal, un pilote de ligne chevronné de la TWA, s'ennuie profondément dans sa routine professionnelle et cherche un moyen de pimenter son existence. Sa vie bascule lorsqu'il est recruté par la CIA à la fin des années 1970 pour effectuer des missions de reconnaissance secrètes au-dessus de l'Amérique centrale. Profitant de ses vols clandestins, il attire rapidement l'attention du tristement célèbre cartel de Medellín, qui lui propose de convoyer des tonnes de cocaïne vers le sol américain. Devenu richissime mais pris au piège entre le gouvernement américain, la DEA et les barons de la drogue, Barry se lance dans l'une des opérations d'infiltration les plus folles et dangereuses de l'histoire des États-Unis.
Ce thriller d'action cynique est directement inspiré d'une histoire vraie, celle d'Adler Berriman "Barry" Seal, un ancien pilote de ligne devenu l'un des plus grands contrebandiers d'armes et de drogue des années 1980. L'idée originelle est venue du scénariste Gary Spinelli, qui a découvert l'existence de cet aventurier hors norme en regardant des documentaires sur les secrets d'État de l'ère Reagan. L'inspiration a immédiatement frappé le réalisateur Doug Liman, dont le propre père avait dirigé une commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire de la contrebande d'armes Iran-Contra. Liman a vu dans le parcours de Seal l'opportunité parfaite de réaliser une satire féroce de la politique étrangère américaine et du rêve américain perverti. Le cinéaste n'a pas voulu faire un biopic classique mais plutôt une comédie dramatique rythmée et irrévérencieuse. Le script a été conçu pour mettre en relief l'absurdité de cette époque où la CIA fermait sciemment les yeux sur le trafic de drogue pour financer ses guerres secrètes.
Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie à la fin de l'été 2017, la critique internationale a réservé un accueil globalement positif au long-métrage, saluant son énergie communicative. Les journalistes ont été séduits par le ton satirique de la mise en scène et le dynamisme du montage de Doug Liman. La presse spécialisée a unanimement encensé la performance de Tom Cruise, soulignant qu'il trouvait ici son meilleur rôle depuis plusieurs années en incarnant un anti-héros charmeur et amoral. Quelques critiques ont toutefois déploré que le film glisse un peu trop rapidement sur la noirceur réelle des cartels de la drogue pour privilégier le grand spectacle.
Réception du public : Le public a répondu présent de manière enthousiaste dans les salles de cinéma, attiré par la promesse d'un film de casse aérien porté par une immense star. Les spectateurs ont beaucoup apprécié l'humour noir omniprésent et le rythme frénétique qui empêche tout ennui. Le bouche-à-oreille a été excellent, les cinéphiles comparant souvent l'ambiance du film à celle de longs-métrages cultes comme Le Loup de Wall Street ou Les Affranchis. Le film a totalisé plus d'un million d'entrées en France et a réalisé une solide carrière au box-office mondial.
Récompenses obtenues : Bien que le projet n'ait pas été conçu comme un aimant à récompenses académiques majeures, il a reçu de nombreuses distinctions de la part des associations de cascadeurs pour ses séquences de vol spectaculaires. Tom Cruise a également été nommé dans plusieurs cérémonies populaires pour sa performance d'acteur énergique. La qualité de la reconstitution historique des années 1980 a quant à elle valu des éloges appuyés aux équipes techniques du film.
Inspirations du réalisateur : Doug Liman s'est largement inspiré du style des documentaires des années 1970 et des reportages de guerre pour filmer les scènes de vol, privilégiant l'utilisation de caméras à l'épaule et une lumière naturelle écrasante. Il voulait que le spectateur ressente la chaleur moite de la jungle et l'adrénaline des atterrissages d'urgence.
Difficultés de production : Le tournage s'est avéré particulièrement complexe et a été assombri par un terrible drame en Colombie, où un accident d'avion a coûté la vie à deux pilotes de l'équipe technique à la fin de la production. Sur le plan logistique, la production a dû dénicher de vieux avions d'époque encore fonctionnels et obtenir des autorisations de vol complexes au-dessus de zones montagneuses reculées. Tom Cruise, fidèle à sa réputation de cascadeur acharné, a tenu à piloter lui-même la quasi-totalité des appareils à l'écran, obligeant les compagnies d'assurance à imposer des protocoles de sécurité stricts.
Anecdote sur une scène particulière : La scène hilarante où Barry Seal atterrit en catastrophe au milieu d'un quartier résidentiel américain, couvert de cocaïne de la tête aux pieds, a été tournée en décors réels en Géorgie. Tom Cruise a réalisé lui-même la sortie de l'appareil en plein vol stationnaire et a dû négocier la scène avec un faux vélo d'enfant pour s'enfuir de manière ridicule. Les habitants du quartier, qui n'avaient pas tous été prévenus du tournage, ont cru un instant à un véritable crash aérien de trafiquants.
Casting initialement prévu : Le scénario a été écrit dès le départ avec Tom Cruise à l'esprit, le réalisateur Doug Liman refusant catégoriquement de lancer la production sans l'accord de la star. Pour le rôle de l'agent de la CIA, plusieurs jeunes acteurs hollywoodiens en vue ont été auditionnés avant que le choix ne s'arrête sur Domhnall Gleeson en raison de son air de bureaucrate cynique parfaitement adapté. La distribution a été pensée pour entourer la star de visages moins familiers afin de renforcer le réalisme de cette folle galerie de personnages secondaires.
Le film explore de manière satirique les dérives de la géopolitique américaine pendant la guerre froide et l'hypocrisie des agences fédérales face au trafic de drogue. Il traite du mirage de l'argent facile, de l'audace criminelle érigée en mode de vie et de la fragilité du rêve américain lorsque celui-ci repose sur la corruption. La déconnexion totale d'un homme face aux conséquences réelles de ses actes est également au cœur du récit.
Le dénouement tragique mais prévisible montre Barry Seal totalement abandonné par ses protecteurs gouvernementaux après l'échec des opérations secrètes et la révélation publique de ses activités. Condamné à des travaux d'intérêt général dans un modeste centre de l'Armée du Salut en Louisiane, il sait pertinemment que ses jours sont comptés car le cartel de Medellín ne pardonne pas les trahisons. Le film s'achève sur son assassinat brutal par des tueurs à gages à l'intérieur de sa voiture, alors qu'il enregistrait ses dernières confessions sur cassette vidéo. Le plan final souligne l'ironie amère de son parcours : un homme qui a brassé des millions de dollars se retrouve enterré seul, tandis que les secrets d'État qu'il détenait sont étouffés par les hautes sphères politiques.
Le titre combine le nom du protagoniste principal à l'expression "American Traffic", qui souligne le caractère industriel et systémique du trafic d'armes et de stupéfiants orchestré sur le continent américain. Il s'agit d'une formule percutante qui annonce un récit centré sur les flux financiers criminels et les liaisons dangereuses entre la politique et la pègre.
Le long-métrage est devenu une référence incontournable sur les plateformes de vidéo à la demande pour les amateurs de thrillers historiques teintés d'humour noir, et continue d'alimenter les débats sur les coulisses sombres de l'histoire politique américaine.
Le Loup de Wall Street, War Dogs, Lord of War, Blow, Sicario, Narcos.