Willie Soke, l'imposteur de Père Noël le plus vulgaire et le plus corrompu du cinéma américain, est entraîné dans un nouveau braquage de charité par son ancien partenaire Marcus — cette fois avec l'aide de la propre mère de Willie, aussi dépravée et haineuse que lui. À Chicago, déguisé en Père Noël pour une organisation caritative qu'il s'apprête à voler, Willie retrouve son instinct de survie et ses mauvaises habitudes. La suite décomplexée et aussi peu édifiante que le premier film, qui assume sans complexe de repousser encore un peu les limites du bon goût.
Bad Santa 2 est une suite directe au film culte de Terry Zwigoff sorti en 2003, qui avait acquis au fil des années un statut de comédie de Noël noire absolument unique dans le paysage cinématographique américain. La production de la suite a mis plus de douze ans à se concrétiser, principalement en raison des difficultés à obtenir l'accord de Billy Bob Thornton pour reprendre un rôle qu'il considérait comme abouti et qu'il craignait de dénaturer. Mark Waters, connu pour Mean Girls (2004), a été choisi pour prendre les rênes de la réalisation à la place de Terry Zwigoff, qui n'était pas impliqué dans ce projet. Le scénario s'est concentré sur l'introduction de la mère de Willie — jouée par Kathy Bates avec un plaisir évident de l'excès — comme nouveau personnage qui permettait d'expliquer d'où venait le caractère de Willie et d'amplifier la dynamique de comédie noire familiale. La plupart des acteurs principaux du premier film ont été impliqués dans le retour, donnant à la suite une continuité rassurante pour les fans du premier volet.
Résumé des critiques professionnelles : Bad Santa 2 a reçu des critiques négatives, la presse estimant que la suite n'apportait rien de nouveau à la formule originale et se contentait de répéter les mêmes gags dans un registre plus grossier encore. Les journalistes ont regretté l'absence de la fraîcheur et de la surprise du premier film, et ont généralement conclu que la suite était inutile.
Réception du public : Le film a réalisé 23 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 26 millions — un échec commercial. Les fans du premier Bad Santa ont souvent trouvé la suite décevante, lui reprochant de manquer de la noirceur et de l'humanité qui faisait le charme particulier de l'original.
Récompenses obtenues : Bad Santa 2 n'a pas été distingué lors des cérémonies cinématographiques.
Difficultés de production : Convaincre Billy Bob Thornton de reprendre le rôle de Willie Soke a été le principal obstacle de la production. L'acteur avait plusieurs fois repoussé l'idée d'une suite, craignant que celle-ci ne dilue ou ne trahisse ce qui avait rendu le premier film unique. Sa participation finale a été conditionnée à des garanties artistiques et financières importantes.
Casting initialement prévu : L'idée originale de la suite envisageait une confrontation de Willie avec son propre père avant que le scénario final ne se concentre sur la mère, Kathy Bates ayant été approchée assez tôt dans le développement pour ce rôle.
Bad Santa 2 pousse encore plus loin que le premier film l'exploration de l'anti-héros absolu — un homme sans aucune des qualités conventionnelles du héros — comme figure tragicomique dans un monde hypocrite. L'introduction de la mère de Willie permet d'expliquer sa misanthropie comme un héritage familial plutôt qu'une anomalie individuelle, ce qui humanise légèrement le personnage tout en le rendant plus pathétique. Le film continue de satariser le sentimentalisme de Noël américain et la façon dont les œuvres caritatives peuvent être utilisées comme façades pour des intérêts personnels. La rédemption involontaire — Willie fait parfois du bien malgré lui — est le paradoxe moral qui donne au personnage son humanité résiduelle.
La fin de Bad Santa 2 suit le même schéma que le premier film : Willie accomplit le braquage, mais quelque chose en lui résiste à la pure vilenie et il accomplit un geste inattendu de générosité ou de justice avant de repartir vers une liberté aussi solitaire qu'insolente. Cette récurrence du même pattern dit que le personnage de Willie Soke ne changera jamais vraiment — et que c'est précisément ce refus du changement qui fait sa cohérence et son charme particulier.
Bad Santa 2 prolonge l'oxymore fondateur du premier film — un Père Noël mauvais, qui dit la contradiction entre la sacralisation de la figure du Père Noël dans la culture populaire américaine et la réalité humaine des individus qui l'incarnent. Le « 2 » signale simplement la suite tout en promettant que le personnage sera encore plus mauvais — ou du moins aussi mauvais — que dans sa première version.
Bad Santa 2 a confirmé que le premier film fonctionnait comme une œuvre unique difficile à dupliquer, et que la surprise et la noirceur originales n'étaient pas reproductibles à volonté. Le premier Bad Santa continue de se consolider chaque année comme comédie de Noël culte, avec une audience qui se renouvelle à chaque saison des fêtes. Billy Bob Thornton, qui a longtemps hésité sur cette suite, a exprimé des doutes rétrospectifs sur la décision d'y participer.
Bad Santa 2 n'a de sens qu'après avoir vu Bad Santa (2003) de Terry Zwigoff, le film original qui lui a donné naissance. The Night Before (2015) ou Klaus (2019) offrent des variations contemporaines sur le Noël décalé, dans des registres très différents. La Famille Pierrafeu à Rock Vegas ou d'autres comédies familiales qui virent au noir constituent des précédents dans le genre des Noëls grinçants. Bad Words (2013) de Jason Bateman partage la même esthétique de la comédie avec un personnage principal fondamentalement inapte à la bienveillance.