La CIA perd son meilleur agent lors d'une mission secrète visant à empêcher la vente d'une bombe nucléaire à des terroristes à Prague. Désemparée, l'agence découvre que le défunt agent avait un jumeau totalement inconnu — un revendeur de billets de concert débrouillard et inconscient du danger — qu'elle va devoir former en urgence pour qu'il remplace son frère et mène la mission à son terme. Anthony Hopkins et Chris Rock forment un duo improbable dans cette comédie d'action survitaminée signée Joel Schumacher.
Bad Company est né d'une idée de production de Jerry Bruckheimer qui cherchait à proposer un film d'espionnage décalé mêlant action spectaculaire et comédie de personnage. Le concept du duo improbable — un agent de la CIA chevronné forcé de former en quelques jours un amateur total pour une mission à haut risque — était une mécanique comique éprouvée que le film voulait appliquer à l'univers post-11 Septembre de la lutte antiterroriste. Joel Schumacher, réalisateur polyvalent à l'aise dans les grosses productions grand public, a été choisi pour sa capacité à gérer des productions complexes tout en maintenant un rythme d'action soutenu. L'association d'Anthony Hopkins — acteur de la vieille école britannique, sérieux et méthodique — et de Chris Rock — humoriste américain exubérant et irrévérencieux — constituait le pivot comique du film, ce choc de cultures et de styles étant l'essentiel du projet. Le tournage à Prague donnait au film un écrin visuel exotique et cinégénique peu habituel pour ce type de production hollywoodienne.
Résumé des critiques professionnelles : Bad Company a reçu des critiques globalement négatives, les journalistes estimant que l'alchimie entre Hopkins et Rock ne fonctionnait pas aussi bien qu'espéré, que le scénario était trop convenu et que le film ne parvenait ni à être vraiment drôle ni à être vraiment haletant. Rotten Tomatoes lui a attribué un score d'environ 29 %, reflétant la déception générale face à un film qui ne tenait pas ses promesses.
Réception du public : Malgré des critiques défavorables, le film a réalisé 65 millions de dollars de recettes mondiales, profitant de l'attrait de son casting et du nom de Jerry Bruckheimer comme producteur. Le public a trouvé dans le film un divertissement honnête sans prétention, même si le bouche-à-oreille a rapidement freiné sa carrière en salle.
Récompenses obtenues : Bad Company n'a pas été distingué lors des cérémonies cinématographiques et a figuré dans plusieurs listes de films décevants de l'année 2002.
Inspirations du réalisateur : Joel Schumacher s'est inspiré des comédies d'action des années 80 — notamment la saga 48 heures de Walter Hill et ses successeurs — pour la dynamique du duo improbable obligé de collaborer malgré ses incompatibilités flagrantes. Il voulait que Prague soit filmée comme une ville de thriller avec sa propre atmosphère.
Difficultés de production : Tourner à Prague avec une équipe américaine importante a présenté des défis logistiques et de coordination considérables. La synchronisation entre les scènes comiques de Chris Rock et les scènes d'action plus sérieuses nécessitait un travail de montage complexe pour maintenir la cohérence du ton.
Bad Company joue sur le contraste entre deux Amériques — celle du service public et de l'engagement patriotique incarnée par Hopkins, et celle de la débrouillardise populaire et de l'humour comme survie représentée par Rock. Le film aborde de façon légère le thème de la double identité et de la capacité d'un individu à se dépasser quand les circonstances l'exigent. La question du jumeau — miroir et double, alterité absolue — est utilisée comme prétexte comique mais touche à quelque chose de fondamental sur l'identité. La menace terroriste post-11 Septembre est le contexte géopolitique que le film traite avec la légèreté propre à la comédie d'action.
La résolution de Bad Company suit la logique prévisible du buddy movie d'action : Jake Hayes parvient à accomplir la mission que son frère jumeau n'a pas pu terminer, neutralise la bombe et les terroristes, et sort grandi de cette aventure qui l'a transformé de revendeur de billets en agent capable. La fin confirme que le film était un conte d'initiation déguisé en thriller d'action — un homme ordinaire découvre qu'il peut être extraordinaire quand les circonstances l'exigent.
Bad Company joue sur une double signification : au sens propre, une « mauvaise compagnie » désigne des fréquentations douteuses ou dangereuses — ce que Jake Hayes représente pour la CIA avant de devenir un atout. Au sens figuré, le titre dit que toute la « compagnie » — la CIA — peut parfois employer de mauvaises méthodes et des individus de mauvaise réputation pour arriver à ses fins. Le titre cligne de l'œil aussi à la tradition du buddy movie où la compagnie de l'autre — si imparfaite soit-elle — finit toujours par être ce dont on avait besoin.
Bad Company est principalement mémorisé comme l'un des films les moins réussis de la filmographie de Joel Schumacher et de Chris Rock au cinéma. L'association Hopkins-Rock, malgré son attrait théorique, n'a pas convaincu dans la pratique. Rock a depuis développé l'essentiel de sa carrière au stand-up et à la télévision, et ses apparitions cinématographiques les plus marquantes restent ses propres projets comiques.
Bad Company s'inscrit dans la tradition du buddy movie d'espionnage dont 48 heures (1982) de Walter Hill et Associés contre le crime sont les modèles fondateurs. Men in Black (1997) et ses suites offrent une version bien plus réussie du même concept de duo improbable dans un contexte de menace internationale. Rush Hour (1998) de Brett Ratner est peut-être la référence la plus directe avec son duo culturellement contrasté confronté à une menace criminelle internationale. The Spy Who Dumped Me (2018) ou Central Intelligence (2016) sont des variations contemporaines sur le même motif.