Lors d'un été caniculaire, un groupe d'amis se retrouve comme chaque année en vacances dans un village niché entre mer et montagne, coupé de tout réseau. Entre ennui, farniente et alcool partagé, Sara et Pierre, parents d'un jeune garçon, et leurs amis vivent une routine estivale bien rodée. L'arrivée soudaine d'un homme mystérieux, descendu d'un bateau doré, vient bouleverser l'équilibre fragile du groupe et raviver désirs et tensions enfouies. Adapté librement du roman de Marguerite Duras, le film capture la torpeur et l'électricité latente d'un été à la chaleur écrasante.
Azuro est le premier long métrage réalisé par le comédien Matthieu Rozé, qui adapte librement, avec la scénariste Julie Peyr, le roman de Marguerite Duras Les Petits Chevaux de Tarquinia, paru en 1953. Le réalisateur explique avoir découvert ce livre, qu'il ne connaissait alors que peu, pendant une tournée théâtrale d'Oncle Vania où il interprétait le personnage d'Astrov. Il raconte avoir immédiatement reconnu, dans cette bande d'amis désœuvrés et cette ambiance d'été languissant décrite par Duras, l'atmosphère de ses propres vacances entre amis. Le tournage a lieu en juillet 2020, en pleine sortie du premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, une période que l'actrice Valérie Donzelli qualifiera plus tard de véritable parenthèse enchantée. Le film est tourné en grande partie à la madrague de Gignac, à Ensuès-la-Redonne sur la Côte bleue, ainsi que dans les environs de Martigues, avec un budget resserré d'environ un million d'euros. Le choix de tourner en pellicule plutôt qu'en numérique participe de la volonté du réalisateur de retrouver la texture visuelle du cinéma des années 1960 et 1970, en écho à l'univers de Duras.
L'accueil critique du film est globalement positif, plusieurs observateurs saluant la réussite visuelle du film, sa colorimétrie évoquant Le Mépris de Jean-Luc Godard et son atmosphère rappelant les comédies de Rohmer. Certains critiques estiment cependant que le film peine à retranscrire pleinement le ton si particulier de Duras, tandis que d'autres saluent au contraire la liberté prise par le réalisateur avec le matériau littéraire d'origine. La performance de Valérie Donzelli, souvent comparée par la critique à une incarnation moderne de l'univers durassien, est particulièrement remarquée.
Le public reste plus partagé, une partie des spectateurs regrettant un rythme jugé trop lent et une intrigue trop ténue, tandis qu'une autre partie apprécie précisément cette langueur assumée et l'ambiance sensorielle du film. Sorti en salles lors d'une semaine particulièrement froide de la fin mars 2022, le film ne rassemble qu'environ dix-sept mille entrées en France, un score modeste pour cette période post-covid difficile pour le cinéma d'auteur. Le film trouve néanmoins un accueil chaleureux dans plusieurs festivals internationaux où il est présenté.
Azuro a été sélectionné aux Rencontres cinématographiques de Cannes en 2021, présenté au festival international du film de Pékin ainsi qu'au Göteborg Film Festival en 2022, sans toutefois y remporter de récompense majeure.
Matthieu Rozé a découvert le roman de Marguerite Duras qu'il adapte pendant une tournée théâtrale de la pièce Oncle Vania, où il interprétait le rôle du docteur Astrov, une lecture qui a directement inspiré le projet de son premier long métrage.
Le tournage s'est déroulé en juillet 2020, juste après la levée du premier confinement lié au Covid-19 et avant la reprise épidémique de la rentrée, une période que l'équipe a vécue comme une véritable parenthèse de liberté retrouvée après des mois d'enfermement. Le tournage s'est déroulé exclusivement en extérieur, avec un budget réduit d'environ un million d'euros, principalement sur la Côte bleue, près de Martigues.
Le réalisateur a fait le choix, alors peu courant pour une première œuvre à petit budget, de tourner en pellicule plutôt qu'en numérique, afin de retrouver la texture visuelle propre au cinéma d'auteur des décennies précédentes.
Le film explore l'ennui et la torpeur estivale comme révélateurs des failles et des désirs enfouis au sein d'un groupe d'amis de longue date. Il interroge aussi le désir interdit et la tentation de rupture avec une vie conjugale installée, incarnés par l'arrivée de l'homme mystérieux dans le quotidien du groupe. La maternité et ses ambivalences occupent également une place importante, à travers le personnage de Sara, tiraillée entre son rôle de mère et ses propres aspirations. Enfin, le film met en scène un climat déréglé et une chaleur menaçante en toile de fond, comme métaphore discrète de l'urgence et du danger qui couvent sous l'apparente insouciance des vacances.
Le film se referme sans résoudre clairement la nature exacte de la relation entre Sara et l'homme mystérieux venu du bateau, préservant jusqu'au bout une part de mystère et d'ambiguïté propre à l'œuvre de Duras. Cette fin ouverte privilégie l'atmosphère et la sensation à la résolution narrative classique, cohérente avec l'esprit contemplatif revendiqué par le réalisateur tout au long du film. Le groupe d'amis retrouve finalement sa routine estivale, comme si cet épisode troublant n'avait été qu'une parenthèse, sans que le spectateur sache si quelque chose a réellement changé en profondeur pour les personnages.
Le titre Azuro, inventé pour le film, évoque directement la couleur azur de la mer Méditerranée qui baigne l'ensemble du récit et son atmosphère estivale et lumineuse. Il s'éloigne volontairement du titre du roman original de Marguerite Duras, Les Petits Chevaux de Tarquinia, pour mieux affirmer l'identité propre de cette adaptation libre et sa dimension solaire et sensorielle.
La bande originale composée par le groupe pop électronique français Kid Francescoli accompagne le film de mélodies flottantes et aériennes, saluées par la critique pour leur capacité à épouser subtilement les sensations et les non-dits des personnages tout au long de cet été durassien.
Le Mépris de Jean-Luc Godard, souvent cité par la critique à propos d'Azuro pour sa colorimétrie méditerranéenne, offre une parenté esthétique évidente. Les comédies estivales et sentimentales d'Éric Rohmer, notamment Pauline à la plage, partagent avec Azuro cette attention portée aux petits jeux de séduction et aux non-dits entre amis en vacances. Camille Claudel, avec Marguerite Duras adaptée ailleurs à l'écran, notamment Hiroshima mon amour ou Le Ravissement de Lol V. Stein, permet également de situer Azuro dans la tradition des adaptations cinématographiques de l'autrice.