Léa, Adrien et leur petit frère Théo, sourd de naissance, partent en vacances en Provence à la suite de la séparation soudaine de leurs parents. Ils y sont déposés par leur grand-mère chez Paul, un grand-père bougon et solitaire qu'ils n'ont jamais rencontré en raison d'une vieille querelle familiale. Habitués au confort technologique et à la vie trépidante de Paris, les adolescents vivent ce séjour dans une ferme isolée comme un véritable cauchemar sans connexion internet. Pourtant, entre les oliviers, les fêtes de village et les secrets du passé, ce choc des générations va transformer leur été.
L'idée originelle de cette comédie dramatique ensoleillée est née du désir de la réalisatrice Rose Bosch de filmer la Provence de ses origines loin des clichés purement touristiques. L'inspiration est venue en observant les mutations des relations familiales modernes, où les grands-parents issus de la génération hippie se retrouvent face à des petits-enfants hyperconnectés. Elle a écrit le rôle de Paul spécialement pour Jean Reno, voulant exploiter sa facette d'homme bourru au cœur tendre qui s'adoucit au contact de l'enfance. Le script a été conçu comme une chronique estivale rythmée, mêlant nostalgie des années soixante-dix et réalités des adolescents des années deux mille dix. La production a bénéficié du cadre magnifique des Alpilles pour offrir une esthétique chaleureuse et lumineuse à l'écran. Le projet a été pensé comme un hymne à la réconciliation familiale.
La presse professionnelle française a réservé un accueil plutôt favorable à ce divertissement familial, louant le charme des paysages et la sincérité des émotions développées. Les critiques ont salué la performance de Jean Reno en patriarche motard et bourru, trouvant son duo avec le jeune Lukas Pelissier particulièrement touchant. Quelques journalistes ont regretté un scénario un peu prévisible et une vision parfois idéalisée de la vie rurale provençale. Du côté des spectateurs, le public a été largement conquis par la chaleur humaine du récit et l'ambiance estivale réconfortante de l'œuvre. Les retours ont mis en avant la qualité de la bande originale et la justesse du portrait de l'adolescence moderne. Le film a réalisé un joli succès populaire dans les salles obscures françaises.
La metteuse en scène s'est inspirée de ses propres souvenirs de jeunesse et des grands films de vacances français pour insuffler ce parfum de liberté à son récit. Le tournage s'est déroulé entièrement en décors naturels dans les Bouches-du-Rhône, notamment à Saint-Rémy-de-Provence, durant la saison d'été pour capter la lumière dorée. Une anecdote rapporte que le jeune acteur incarnant le petit Théo est réellement sourd, ce qui a apporté une vérité et une émotion intenses sur le plateau de tournage. L'équipe technique a dû composer avec le chant assourdissant des cigales qui perturbait parfois la prise de son directe des dialogues des comédiens. Pour le casting, le choix de convier d'anciens acteurs de la scène italienne comme Anna Galiena apportait une belle touche d'élégance européenne.
Le long-métrage explore les thèmes du conflit des générations, du deuil des rancœurs familiales et de l'apprentissage de la vie rurale par les citadins. Il traite également de la surconnexion des jeunes, du handicap à travers la surdité infantile et de la nostalgie de la culture hippie des années soixante-dix.
La conclusion des vacances voit les barrières psychologiques s'effondrer définitivement entre Paul et ses petits-enfants après qu'ils l'ont soutenu lors d'un incident avec de vieux amis motards. Les adolescents réalisent la richesse du passé de ce grand-père qu'ils jugeaient ringard, tandis que Paul s'ouvre à nouveau à l'amour de sa famille. Le dénouement montre le départ des enfants vers Paris, non plus avec soulagement, mais avec une immense tristesse et la promesse ferme de revenir l'été suivant. La scène finale montre Paul sur sa moto, le regard apaisé, regardant l'avenir avec sérénité maintenant que le lien familial est reconstruit. C'est une conclusion lumineuse et émouvante sur la transmission intergénérationnelle.
Le titre fait référence au vent célèbre de la vallée du Rhône qui bouscule tout sur son passage, métaphore des bouleversements émotionnels que subit la famille durant cet été.
La bande originale du film a une mention spéciale grâce à l'utilisation magistrale de classiques de la musique folk et rock des années soixante-dix, notamment des morceaux de Simon and Garfunkel et Bob Dylan, qui soulignent la nostalgie de Paul.
Le long-métrage est devenu un rendez-vous régulier des grilles de télévision estivales en France, apprécié pour son authenticité régionale et sa tendresse humaine.
On peut associer cette chronique familiale à d'autres comédies dramatiques estivales françaises comme « La Gloire de mon père » ou « Les Enfants du marais ».